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Le tout-numérique à l’école : iPads et iPocrisie
Par HUKO publié le 24 juin 2015.

« L’internaute après tout n’est que l’aboutissement délirant d’un long processus d’isolement des individus et de privation sensorielle ; et la cybervie qu’on lui propose n’est jamais destinée que pour quelque temps à quelques pour cent du genre humain, tout le reste se voyant versé sans attendre au Tartare de ce XXIe siècle. » Baudouin de Bodinat (La vie sur Terre, 1996)

« Après s’être contenté de l’image, on se passera de la réalité. » Étienne Gilson (La société de masse et sa culture, 1975)

(Merci à Killian Scartezzini pour son autorisation de publier son dessin, initialement paru dans la revue d’écologie politique Moins !)

L’introduction des iPads et autres tablettes dans les établissements scolaires, dont François Hollande, alors député de la Corrèze, a été le fer de lance en France, ne suscite guère de réactions indignées. Seuls ceux que les médias ont pris la déplorable habitude de classifier comme « technophobes » s’y opposent. Hélas, la « crainte de la technologie » ne porte en elle rien de positif, puisqu’elle s’inscrit d’emblée dans le registre de la peur, dont on sait qu’elle peut produire le pire. Rien de mieux, pour discréditer toute critique, que de la réduire à une crainte irrationnelle et réactionnaire. C’est une autre attaque, beaucoup plus profonde, qui est portée ici, contre le tout-numérique à l’école.

Refus anti-industriel et fractures numériques

Les raisons du rejet par les « technophobes » des technologies numériques, à force d’être seules relayées par la plupart des médias, même sur leur habituel mode décrédibilisant, sont finalement bien connues. Ce sont de bonnes raisons :

1 - Les tablettes polluent gravement – bien davantage que les livres, notamment au moment de leur production, par les métaux rares entrant dans leur composition et l’eau nécessaire à leur fabrication. De plus, leur obsolescence programmée permet aux fabricants de rendre rapidement vétuste un matériel présenté un ou deux ans plus tôt comme « le meilleur au meilleur prix ». Les études abondent désormais, qui montrent toutes à quel point une tablette, dont la durée de vie est programmée aux alentours de trois petites années, sans doute à peine plus pour les iPads, est beaucoup plus polluante que le livre (1) – et nettement plus chère pour le budget des collectivités et celui de la nation (2).

2 - Les tablettes sont très vraisemblablement dangereuses pour la santé, d’un point de vue neurophysiologique, d’autant plus que leurs utilisateurs sont jeunes (3).

3 – Il n’est pas certain que l’apprentissage sur les tablettes, en facilitant le « zapping » et en distrayant l’œil de l’utilisateur, soit plus aisé que sur les livres, bien au contraire (4).

4 - Leur achat représente un transfert massif d’argent vers des pays lointains, au grand dam des libraires, des éditeurs et des imprimeurs d’ici, qui plongent dans une situation économique de plus en plus délicate. Cette rançon de la « mondialisation » est sur le point de détruire toute l’industrie culturelle – le monde de la culture n’a pas su, en son temps, refuser la massification, mais c’est un autre débat que nous n’aborderons pas ici (5).

5 – L’utilisation généralisée des tablettes dans les seuls pays riches constitue un aspect crucial de la fracture numérique, révélée par l’Unesco dès les années 1990. Au pluriel : fractures numériques entre les pays riches et les pays pauvres ; à l’intérieur des pays riches, entre connectés et non connectés ; au sein des connectés, entre ceux qui utilisent le net de façon intelligente, et les autres, qui gaspillent leur temps en téléachat, en pornographie ou en enchères de tout ce qui se vend et s’achète.

Certes, ce sont de bonnes raisons, mais c’est une autre fracture, qui nous semble encore plus fondamentale, que nous évoquons ici.

Qui produit les iPads ? Et où ?

Les légitimes préoccupations écologiques ont tendance à nous faire négliger le fait que les iPads (Apple), Kindle (Amazon), Playstations et autres matériels numériques sont produits par une entreprise néo-esclavagiste, Foxconn (6). Chez Foxconn, les ouvrières et les ouvriers sont soumis à des rythmes de travail « just in time », dans un secteur où, précisément, la commercialisation des produits doit s’adapter à la demande – pressante – des consommateurs, en hausse vertigineuse lors des périodes de fêtes, en berne au moment de l’annonce d’une prochaine évolution du matériel. La durée du travail peut être de plus de soixante heures par semaine, tandis qu’à d’autres moments, une partie du personnel est placée au chômage forcé. Ceci n’est pas anecdotique : Foxconn emploie plus d’un million de personnes, en Chine et ailleurs ; de plus, l’entreprise est liée à plusieurs des entreprises phares du monde de la globalisation : Apple, Microsoft, Amazon, Sony…

En 2012, lorsque Apple s’est trouvé accusé de faire travailler des « iEsclaves » via Foxconn, l’entreprise américaine avait habilement joué sur un registre politique : la supériorité absolue du modèle capitaliste néolibéral allait finir par « moraliser » Foxconn. D’ailleurs, la Chine était passée, en moins de trente ans, de l’ère maoïste au néolibéralisme le plus brutal. Il suffisait d’attendre quelque peu pour voir bientôt Foxconn rentrer dans le rang, mieux payer ses ouvriers et harmoniser les rythmes de travail. C’est l’inverse qui s’est produit : désormais, c’est l’anti-modèle de Foxconn qui s’exporte dans le monde, jusque dans l’Union européenne. Foxconn a en effet ouvert plusieurs usines en Tchéquie, à Parbudice et Kutna Hora (7), et en Slovaquie, dans lesquelles les conditions de travail s’apparentent à des formes de néo-esclavagisme, les travailleuses et travailleurs se trouvant dans un état de dépendance absolue par rapport à l’encadrement et à la direction de l’entreprise (8).

Comment le cynisme s’introduit dans la culture

La fracture numérique ne relève donc pas seulement du suréquipement des uns et du sous-équipement des autres. La véritable et profonde fracture est avant tout politique : cyniques suréquipés d’un côté, pauvres hères à l’autre extrémité, à commencer par ces iEsclaves qui produisent pour les premiers.

La nouveauté est que, dans les écoles républicaines d’un pays comme la France, l’on voudrait donner à nos enfants, afin que s’ouvre devant eux le monde radieux de la culture, de l’émancipation et de la liberté, du matériel fabriqué selon les normes de l’esclavagisme moderne (9). Soit : construire notre propre liberté en piétinant celle de millions d’autres êtres humains de par le monde.

Il ne faudrait pas réduire cet état de fait à une simple extension de la fabrication des vêtements, outils divers, etc., dans des pays-ateliers. Cette réalité est bien connue, en effet, et dans ce cas se produit un conflit entre l’éthique personnelle de l’individu et l’offre disponible sur le marché. Entre un pantalon à 35 € fabriqué au Bangladesh et un autre, beaucoup plus cher, venu d’Italie ou de France, le travailleur français, aux revenus modestes, choisira souvent la première solution. Telle est la réalité d’un pays qui compte plus de 10 % de sa population active au chômage. Pour les tablettes commandées et répandues désormais par l’État dans les écoles, collèges et lycées de la République, le conflit est d’un autre ordre. Il ne s’agit plus de pantalons ou de calculettes, mais d’outils censés apporter la culture et l’émancipation. Car l’Éducation nationale l’annonce elle-même : la tâche des enseignants est désormais de « faire vivre la culture humaniste dans la société numérique (10) » (c’est nous qui soulignons).

Le grand écart entre culture humaniste et société numérique

Comment envisager, avec sérieux et rigueur éthique, de promouvoir l’humanisme en se servant d’outils qui incarnent la négation même de cet humanisme ? Cet humanisme qu’évoquent les plus hauts responsables du système scolaire français implique au minimum le respect des autres êtres humains, et bannit l’idée de les exploiter au profit d’une poignée de privilégiés : nos propres enfants. La contradiction est flagrante entre la fin et les moyens. Ce dilemme philosophique, certes classique si on le résume en ces termes, revêt de nos jours une ampleur et une acuité inconnues auparavant. Car c’est le gouvernement lui-même qui organise le cynisme en collant de force, dans les mains des professeurs et des jeunes, du matériel fabriqué par des néo-esclaves. Le parallèle avec les modes de décervelage dictatoriaux de la jeunesse dans la première moitié du XXe siècle n’est pas anecdotique : lorsque le capitalisme se trouve dans une phase critique, ce qui est le cas depuis 2007 (11), la tentation est grande, chez une partie de l’élite, de s’en remettre à des formes dictatoriales de pouvoir. C’est cela et rien d’autre qui se joue aujourd’hui ; l’introduction des iPads à l’école ou la montée des droites extrêmes dans la quasi-totalité des pays européens en sont des indices certains.

Ne confondons pas le « libre choix » de chacun, y compris d’acheter des produits non éthiques, avec l’imposition, par l’État lui-même, d’un matériel issu de l’esclavage moderne. Surtout lorsque ce matériel, comme les iPads, est destiné à un secteur tout à fait particulier : les enfants, les jeunes et leur éducation. Tout se passe comme si les générations adultes, sur le déclin, montraient l’exemple le pire aux générations montantes : un monde dans lequel, en dernière analyse, chacun peut écraser son prochain sans état d’âme. Ce n’est pas une sorte de prétendue pureté de l’enfance qu’il faudrait conserver – pieux mensonge réactionnaire. Mais, comme l’expliquait Hannah Arendt dans La crise de l’éducation (12), si les nouvelles générations doivent être protégées par le monde des adultes car elles en représentent l’avenir, ce monde des adultes doit aussi se protéger des nouvelles générations. Plus précisément : les valeurs positives que le monde a su développer ne doivent pas être mises en péril par des générations qui pourraient, si l’on y prend garde, les balayer. Arendt pensait aux jeunes qui, à son époque, versèrent majoritairement dans le nazisme, avec les conséquences apocalyptiques que nous savons. De nos jours, ce dilemme se formule ainsi : ne léguons pas aux jeunes générations nos valeurs négatives, à commencer par le cynisme de nos dirigeants. La question est politique et éthique.

Du côté de l’édition

Tout ce qui relève de la culture – ou presque – est désormais victime de cette formidable illusion numérique. Dans l’édition française, la plupart des éditeurs se sont lancés dans le numérique, en pensant suivre la pente ascendante du digital aux États-Unis. Dans ce pays, les ventes d’ouvrages numériques dépassent depuis 2012 celles d’ouvrages papier. Mais en France, elles n’en représentent pas même le vingtième, malgré une ardente politique de promotion des écrans, des tablettes, des smartphones et autres liseuses. Les explications de ce phénomène sont sans aucun doute complexes. L’incapacité des éditeurs à penser le contenu numérique de façon différente du contenu papier en est une, de même que l’attachement des Français à leurs librairies – très touchées cependant par la pénétration, sur le marché français, de l’une des entreprises phares du nouveau capitalisme, Amazon, là encore favorisée outrageusement par les gouvernements de tous bords.

L’étonnant est que ce sont les lecteurs eux-mêmes qui maintiennent à flots le livre papier, alors que ceux qui le produisent marquent une tendance nette à abandonner leur savoir-faire et à saborder leur propre marché – leur propre source de profits. Ce sont bien les élites autoproclamées qui décident de passer avec armes et bagages au tout-numérique, contre l’évidence même de l’état du marché en France, contre la nécessité de maintenir un tissu de libraires et jusque contre les goûts mêmes des lecteurs.

Vers le pire en politique ?

Nous ne pourrons plus dire que « nous ne savions pas ». Déjà, en 1950, Norbert Wiener, mathématicien et inventeur de la cybernétique, dans The human use of human beings (« L’usage humain des êtres humains »), avait prévenu : « Nous avons modifié notre environnement de manière si radicale que nous devons désormais nous modifier nous-mêmes afin de parvenir à vivre dans ce nouvel environnement. » Wiener pensait aux conditions matérielles induites par notre environnement technologique ; désormais, ce sont les « environnements numériques de travail », les ENT, qui aboutiraient à nous modifier, à balayer toute éthique, et devraient nous faire accepter le retour de l’esclavagisme.

Le dilemme est pour l’essentiel politique, et pas seulement philosophique ni individuel et quotidien. Aujourd’hui plus encore qu’à l’époque de Wiener, le pouvoir est tombé dans les mains des pires. Les pires sont ceux qui gravissent dans leur jeunesse les échelons des grandes écoles, de Sciences Po et des Hautes Études Commerciales jusqu’à Centrale (13), puis, entrant dans le monde des affaires, les ministères, les banques ou l’édition, s’acoquinent avec les réseaux qui comptent, cela au prix de mille renoncements, compromissions et corruptions. Plus personne n’aurait l’inconscience de qualifier d’aristocratie, de « pouvoir des meilleurs », ces personnages qui se partagent la direction du pays depuis au moins quatre décennies. Au contraire, aujourd’hui, ceux qui se sont hissés au sommet de l’État et de l’Entreprise forment une kakistocratie : un « pouvoir des pires ». En s’imposant, ils ont banni toute forme de démocratie réelle et foulé aux pieds la république, au sens de « bien commun ».

Mais le vent souffle et la roue tourne : la kakistocratie fait désormais les délices de tous les démagogues, surtout de la droite nationaliste et de l’extrême droite fasciste, voire néonazie. Les médiocres qui prennent les décisions les plus dommageables pour la planète et pour notre émancipation ne semblent pas remarquer que leur politique ouvre la voie à la résistible ascension du Front national en France et des néofascistes dans la plupart des pays de l’Union européenne. Nos dirigeants préfèrent malgré tout privilégier, jusqu’à l’école, la valorisation du cynisme et de la médiocrité qui fait le lit des néofascistes.

Le boycott à l’ordre du jour !

Travailler sur une tablette, c’est accepter que des esclaves l’aient fabriquée à 500 km de chez nous, au cœur même de l’Union européenne, ou en Extrême-Orient ; c’est faire de la médiocrité et du cynisme des vertus cardinales, et abolir toute forme de honte.

Bien sûr, les tablettes ne sont pas les seules ni même les principales responsables de la montée de la kakistocratie, mais elles en sont désormais un outil de choix. En touchant les enfants et les jeunes, elles les habituent très tôt à l’hypocrisie lamentable d’un discours émancipateur et mensonger à la fois ; elles installent ce cynisme du monde et du système de plus en plus tôt dans la vie des individus (14). Et les dirigeants, qui attentent à notre volonté d’émancipation en voulant nous contraindre à participer à leurs ignominies, finissent par se convaincre eux-mêmes que leurs victimes sont, après tout, consentantes… puisque nous les acceptons ou ne les renions pas. Or, si demain nous travaillions sur des iPads ou des Kindle sans avoir honte le soir de nous regarder dans le miroir – et tout est mis en place pour que nous n’en ressentions aucune honte -, alors ce serait en effet que nous aurions consenti à l’infâme.

Telle est la pente très dangereuse sur laquelle nous devons tous refuser, adultes, éducateurs, enseignants, parents et jeunes, de nous engager. La refuser maintenant ! Le boycott de tous ces instruments destructeurs de vie – des vies d’autres que nous – est à l’ordre du jour. Comme le disait Brecht : « De qui dépend que l’oppression demeure ? De nous. De qui dépend qu’elle cesse ? De nous encore. »

HUKO (Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell), mars 2014

1. Voir entre autres ce qu’en dit Roberto Casati dans Contre le colonialisme numérique (Albin Michel, 2013).

2. Dans un département peu peuplé comme le Jura (258 000 hab.), avec une population scolaire peu élevée, le Conseil général consacre pas moins de 2,4 millions d’euros pendant quatre ans (10 millions au total…) à l’équipement des collèges en iPads, sans compter les formations pour les enseignants ni l’installation de la wifi dans les établissements… pour des matériels à remplacer d’ici trois à cinq ans – ou peut-être moins, il n’existe pas d’étude en la matière qui soit suffisamment étendue dans l’espace et la durée.

3. Voir par exemple : Michel Desmurget, TV lobotomie – La vérité scientifique sur les effets de la télévision, J’ai lu, 2013 ; Nicholas Carr, L’Internet rend-il bête ? – Réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté, Robert Laffont, 2011 ; les sites http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-... ou http://www.horizons-et-debats.ch/in... et encore http://affordance.typepad.com//mon_...

4. Voir Umberto Eco, À reculons, comme une écrevisse, Livre de poche, 2008, et surtout Raffaele Simone, Pris dans la Toile, Gallimard, 2012, ainsi que, là encore, Michel Desmurget et Nicholas Carr.

5. Voir par exemple La Société de masse et sa culture, Étienne Gilson, 1975. Par la suite, des dizaines et des centaines de livres ou d’études ont été produits sur ce thème majeur, ainsi que d’innombrables articles. Voir par exemple http://www.piecesetmaindoeuvre.com/... ou http://sniadecki.wordpress.com/

6. Voir http://www.gongchao.org/fr/iesclave...

7. Voir http://www.czech.cz/fr/News/Economi... et https://www.wsws.org/en/articles/20...

8. Voir http://www.emf-fem.org/content/down... (en français)

9. Et non pas antique, certes, mais esclavagisme, oui, si l’on considère la dépendance absolue du travailleur et son incapacité de fait à s’organiser, ce qui ne s’était pas produit depuis bien longtemps. La révolution industrielle avait entraîné la création de l’Association Internationale des Travailleurs, tandis que désormais, l’organisation des travailleurs, coupés de leur milieu social, isolés par la barrière de la langue, s’en trouve bien plus complexe, voire impossible.

10. Tel est le cinquième pilier du Socle commun des connaissances et des compétences (décret du 11 juillet 2006), qui en compte sept au total. Cette formulation se retrouve dans nombre d’ouvrages destinés aux enseignants, par exemple Vers des centres de connaissances et de culture (2012).

11. Nous faisons ici référence à l’émergence de la crise dite des subprimes. Voir Massimo Amato et Luca Fantacci, Fine della Finanza, Donzelli, Milan, 2012.

12. Hannah Arendt, « La crise de l’éducation », in La crise de la culture, coll. « Folio Essais », Gallimard, Paris, 1989.

13. Voir à ce sujet le livre, toujours actuel, de Claude Neuschwander sur les réseaux : L’acteur et le changement. Essai sur les réseaux, Le Seuil, 1991.

14. Ce point avait déjà été développé dans un livre de Ph. Godard, Au travail les enfants !, publié en 2006 par les éditions Homnisphères.

3 juillet 2016

Bonjour, je vous livre un triste témoignage qui apporte de l’eau à votre moulin :

Dans l’école primaire jurassienne où j’enseigne, nous apprenons presque simultanément deux nouvelles qu’un esprit conciliant considérera comme indépendantes :

La petite bibliothèque ambulante (bibliobus) qui s’arrêtait quatre fois l’an dans notre école pour nous approvisionner est à ranger dans le coin des souvenirs : "désuet", "coût exorbitant" dit le conseil départemental.

Dans le sillage du grand Plan Numérique pour l’Education, nous apprenons en conseil d’école, que du matériel informatique (sans plus de précision pour l’heure) sera acheté puisque notre communauté de communes est prête à le financer à part égale avec l’état. Comme nous sommes déjà équipés d’ordinateurs portables bien peu utilisés, de vidéo projecteurs, de visualiseurs et d’un tableau interactif, je m’étonne non seulement que nous n’ayons pas été consultés mais également que cette décision ne s’appuie sur aucun bilan (pour ne pas dire évaluation) d’usage de l’existant. Les élus et ma hiérarchie ne semblaient pas s’attendre à ce que cette bonne nouvelle soit accueillie avec pareille froideur.

Reste à convaincre mes collègues - ce n’est pas là la moindre des choses - qu’échanger des livres contre de la pacotille est une offensive coloniale.

Pour le moment, quelques rétifs s’évertuent à empêcher la disparition du bibliobus en informant et en menant des actions : http://sosbibliobus.blogspot.fr/

Groupe HUKO
22 juillet 2016

Merci beaucoup de votre contribution. Nous sommes entièrement d’accord avec l’analyse que vous faites de l’utilité du bibliobus, et aussi avec bon nombre des commentaires qui assortissent la pétition. La question qui se pose maintenant dans le Jura et en France en général est de savoir si vraiment, l’État aura les moyens financiers de mettre des tablettes dans les mains de tous les élèves de cinquième comme cela a été annoncé. On a bien vu, par exemple, que l’annonce d’une réserve citoyenne (des citoyens volontaires pour aller "aider" les élèves en difficulté) était une annonce avant toute chose et ne débouchait sur rien ou presque ! Donc, à voir, mais la réforme du collège laisse en effet craindre le pire.

Pour le département du Jura, il se pose sans doute un autre problème. Les tablettes, introduites en 2014, ont coûté 51 millions d’euros (dont 35 millions pour la wifi et 8 millions pour la formation des professeurs), et, à la fin de l’année, un quart d’entre elles ne fonctionnaient plus, un tiers seulement étant à jour. Est-ce que cet échec, qui n’est pas médiatisé, va permettre de comprendre, par ricochet, que le livre a vraiment encore un intérêt ? C’est peut-être l’un des enjeux pour le maintien du bibliobus. Le coût du bibliobus est minime par rapport au gâchis des tablettes. Il faut à coup sûr insister là-dessus.

Avez-vous pu prendre contact avec "Le Progrès" et "La Voix du Jura" ? Que vous ont-ils répondu ? L’un d’entre nous est précisément dans le Jura. Vous pouvez nous écrire à notre adresse, groupe.huko autistici.org Continuons la lutte pour une culture émancipatrice, et ne nous laissons pas spolier !


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Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

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Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

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Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

Philippe Bourdeau

Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli a collaboré à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance en 2012. Travailleur social de formation, il s’est évertué à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble s’être fort bien passé de ses services. Mirko est décédé en 2016, à l’âge de 35 ans.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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