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Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/3
Sur la D281, route à chicanes, au coucher du soleil.
Par Anonyme publié le 10 janvier 2014.

De loin : Cette route est semblable à nulle autre : palettes, pneus, pancartes, cabanes, poubelles, carcasse de voiture transformée en jardinière, épicerie pour mutualiser la récup’... En marchant ici, on sent que les champs, les forêts et les bosquets sont habités d’une vie qui déborde sur la départementale, et la métamorphose. Il y a comme une atmosphère irréelle qui évoque la poésie et la guerre, avec ses vestiges défensifs.

De près : C’est le clou du spectacle du tourisme militant ! Mais ces chicanes ne sont pas que les traces résiduelles de l’affrontement pour la défense du territoire. Elles sont un véritable sac de nœuds, un objet de conflits récurrents en assemblée.

De loin : Je vois qu’il faut prendre “chicanes” dans les deux sens !

De trop près : Ce que ces chicanes disent sur nous, c’est nos tentatives, incertaines mais nécessaires, pour nous ressaisir des voies de communication, des infrastructures de la métropole. Chercher, dans le conflit, les moyens d’une possible réappropriation des routes. Habiter un territoire c’est cultiver ses terres et entretenir ses haies. C’est aussi respecter le secret et l’inviolabilité de certains lieux magiques, pas simplement pour l’exubérance de leur faune et de leur flore, mais surtout pour la quiétude qui les maintient comme hors du monde. Habiter un territoire, c’est enfin façonner ses chemins, ses sentiers, et ses routes. Avoir prise sur ce qui le traverse, à l’heure où la vitesse de circulation des marchandises et des consommateurs-producteurs constitue le cœur de la métropole.

De loin  : Le contrôle des flux est pouvoir sur l’espace. D’où le rôle stratégique des check-points pendant l’occupation militaire de la zone. Une technique de quadrillage à l’œuvre partout, de Gaza à la Gare du Nord à Paris.

De trop près : Le contrôle des routes a joué un rôle majeur dans le conflit, et les barricades, une arme politique de premier choix.

De près : Mais la donne a changé depuis l’opération César. Après l’échec de la blitzkrieg (guerre éclair) et celui de l’occupation militaire, acculés au constat de leur incapacité à tenir le territoire, les flics sont partis. Un bouleversement qui rend l’utilité défensive des chicanes plus que discutable.

De trop près : Bien sûr, mais les chicanes, tout comme les barricades, représentent bien plus qu’une simple tactique de défense face aux flics. Elles sont des édifices politiques plus que militaires. Les barricades d’octobre, c’était une manière de montrer une détermination à rester. Les chicanes, si elles suscitent de grandes tensions depuis la levée des checkpoints de gendarmes mobiles, c’est parce que beaucoup voient dans leur maintien un moyen de conjurer le retour à la normale, d’entretenir le régime d’intensité des mois précédents. De marquer l’espace pour que l’automobiliste ne puisse ignorer qu’ici il se passe quelque chose. Comme pour marquer un point de non-retour...

De loin  : Au risque de sombrer dans une forme de fétichisme de la barricade ! C’est d’ailleurs quelque chose de central dans l’imaginaire, pour ne pas dire les fantasmes, que projette la ZAD à l’extérieur. À vous entendre, entretenir ces barricades comme des monuments, à contre-courant des stratégies policières, est source de conflit avec des agriculteurs et des voisins avec qui le mouvement partage le territoire. Le tribut à payer n’est-il pas lourd pour assouvir le plaisir désuet d’imagerie révolutionnaire ?

De trop près  : C’est vrai qu’il y a un côté spectacle qui confine au folklore et qui est détestable. Comme si en matérialisant sur la route le cours suspendu des choses dans ce bocage, cela nous permettait de mieux oublier tout ce qui le traverse encore et qui nous lie encore, intimement, à la métropole. D’un autre coté, comment ne pas garder à l’esprit que la route, quelque part, c’est le pouvoir...

De loin : Impossible de perdre de vue cette réalité ! Il n’y a qu’à voir les automobilistes, que nous sommes tous d’une manière ou d’une autre, qui se piègent eux-mêmes dans les bouchons, au rythme d’une vie automatisée qui orchestre notre dépossession.

De près : D’accord, mais de près, les choses sont plus complexes, et cette appréciation légitime sert aussi de justification à des comportements imbéciles qui nourrissent les insistantes rumeurs venues des bourgs et sont amplifiées délibérément par la presse (rackets, agressions envers les automobilistes...).

De trop près : Entre les barricades à enlever pour permettre l’accès aux champs, les expériences hasardeuses de dos d’ânes, ou de signalisation maison, édictant de nouvelles limites de vitesse, l’espace routier de la ZAD a été complètement remanié en quelques mois... La vie sans service public de voiries et sans police s’est révélée aussi conflictuelle que passionnante.

De loin : L’État avait bien fini par comprendre que sa présence focalisait et unifiait contre lui toutes ces forces qui composent le mouvement d’opposition au projet d’aéroport. Il ne lui a pas été facile d’admettre que moins il en ferait, plus il aurait de chances que s’expriment les divisions et les frictions. Faute d’avoir fait plier le mouvement par l’extérieur, il ne lui restait plus qu’à espérer le pourrissement interne. C’est bien son avant-dernière carte, la dernière étant l’écrasement militaire à la Thiers comme s’en impatientait, le 15 mars 2013, le président socialiste de la Région Pays-de-la-Loire, pour qui ce ne devrait être « pas plus compliqué qu’au Mali ». Mais, comme il est difficile pour l’État d’envoyer l’armée pour régler un conflit interne sans sombrer dans une guerre civile, il est également difficile de ne rien faire du tout, au risque d’apparaître impuissant....

De trop près : Voilà pourquoi la moindre de ses initiatives recolle les morceaux contre lui ! La fermeture par l’État, le 20 juin, de la route D281 a provoqué une réplique immédiate d’une grande détermination, suréquipée, pour en libérer l’accès.

De près : Mais il ne faut pas oublier qu’une frange du mouvement voulait défendre ce que l’État lui avait “offert”, et a vécu les enrochements comme une victoire, une forme d’abolition de la route qui collait bien à un imaginaire de la ZAD comme zone retranchée. Si les alliances dans l’opposition sont à géométrie variable, il se dessine cette fois une curieuse conjonction entre la stratégie du pourrissement de l’État et un certain maximalisme radical.

De loin : Situation improbable ! Le préfet ordonne des barricades que le mouvement doit enlever pour rouvrir la route à la circulation... On marche sur la tête !

De près : Pas tant que ça, au fond ; à défaut d’éliminer le « kyste » par une opération militaire, l’État veut l’endiguer politiquement, sur le plan de l’espace. Cette option n’est pas sans écho dans la dite “opinion publique ”, comme on a pu l’entendre lors de la réunion du 24 août dernier à La Paquelais, durant laquelle ACIPA et habitants du bourg réclamaient à corps et à cris que l’on « délimite » la ZAD.

De trop près  : Encore César ! Décidément, le colonialisme métropolitain renoue dans sa rhétorique avec les origines de l’Empire. Les rochers sur la D281 évoquent le limès. Cette frontière symbolique et poreuse, qui, pour établir la pax romana, délimitait l’espace entre le territoire pacifié sous contrôle de la civilisation et les terres barbares, peuplées de guerre et de liberté. Mais, comme on sait, le limès allait bientôt céder sous le flot des hordes nomades, précipitant la fin de l’Empire.

De loin : Comme vous y allez ! Pour vous c’est plié ? L’État a abandonné et tortille du cul pour savoir comment ne pas perdre la face ?

De trop près : L’État n’a pas abandonné, c’est une retraite, pas une défaite. Il laisse du champ, il donne du mou à la laisse qui continue de nous enserrer. La répression, après le feu de l’opération César avec ses très nombreux blessés, ses 181 arrestations, ses 75 garde-à-vue, ses 45 procès, et 3 peines de prison ferme, se déploie différemment. Le pouvoir peaufine ses stratégies et continue de porter des coups au mouvement. Moins frontaux, moins visibles, mais pas moins douloureux. Criminalisation de la récup’ pour priver le mouvement d’occupation d’une de ses ressources matérielles, interdictions de territoire pour bannir et isoler les personnes condamnées. Pendant ce temps, la DCRI lit attentivement tous les textes publiés sur la ZAD et poursuit son travail d’infiltration, et j’imagine, les investigations sur les actions liées au mouvement (exploitation des images d’affrontements, enquêtes éventuelles sur des actes de dégradation et de sabotages, fichage, etc.). L’État joue avec l’illusion de son absence, il projette son ombre pour mieux préparer son retour.

De près : Malgré cette poursuite de l’activité policière sous d’autres formes, on ne peut pas nier que depuis la fin de l’occupation militaire, les flics donnent le sentiment d’avoir lâché le territoire. Et c’est ce qui permet une expérience captivante, puisque cela conduit à ce qu’ici s’élaborent, péniblement mais intensément, les prémices d’une possible vie sans police. Il ne faut pas attendre que le désir de rétablissement de l’ordre, suscité par le manque d’État, vienne à bout du mouvement. C’est pourquoi parvenir à poser les jalons d’une vie en commun sur un territoire ingouvernable demande à réfléchir à autre chose que la simple défense face aux gendarmes. Il s’agit de se garder de nous-mêmes, de la misère de l’être métropolitain qui continue de nous ronger.

De loin : Est-ce que tu insinuerais que le souhait d’un retour à la normale après... permettrait de renverser les alliances pour défaire le « kyste » ?

De près : C’est le but d’une telle stratégie et c’est ce qui rend d’autant plus urgent l’apprentissage de formes d’autodéfense.

De trop près : Vivre libre c’est vivre en guerre ! L’insécurité est le revers de la liberté…

De loin : … oh là ! c’est quoi ce virilisme guerrier ? Moi je dirais : vouloir vivre libre c’est prendre le risque de la guerre. Et puis l’insécurité c’est d’abord la guerre de tous contre tous, contre quoi les communautés/milices des “braves gens honnêtes et victimes” ne sont pas vraiment rassurantes.

De trop près : …Ici, pour moi insécurité et guerre signifient : un moins grand confort matériel, une vie plus soumise au rythme des saisons et aux caprices de la nature, un monde où l’on se confronte à nouveau au risque physique de l’affrontement contre l’État mais pas seulement... Aussi contre des personnes avec qui l’on ne parvient pas à établir des rapports de forces qui puissent être ritualisés dans des discussions, ou résolus par des formes de réparations symboliques, des antagonismes profonds qui appellent un affrontement physique. Par exemple avec tous ceux, flics ou pas, qui portent atteinte à l’intégrité physique ou morale des nôtres, de ceux avec qui nous partageons tout. Cela pose la difficile question de ce qu’il advient de la violence quand plus aucune institution n’en a le monopole, quand est rompu le pacte infernal qui nous lie à l’État, dans lequel nous sacrifions notre liberté en échange d’une promesse de sûreté.

De loin  : Ce qui me frappe c’est qu’ici ces questions se posent en pratique, pas en théorie. Elles se posent dans le tâtonnement, dans l’exploration des limites de la réappropriation collective de la violence. Sur la ligne de crête entre le risque de devenir milice ou proto État et celui de ne rien faire et de prêter le flanc à la stratégie du pourrissement. Refuser de se défendre, c’est faire le jeu de l’État, mais se défendre, c’est affronter la question de la violence et prendre le risque de reconstruire un monopole de la violence légitime, et ainsi de devenir État. La décomposition sociale est la meilleure alliée de l’État puisqu’en semblant s’évader de ses codes, elle le valide en le suscitant comme dernier recours.

De trop près : En bref, si l’absence de l’État n’aboutit pas à plus de communauté, alors sa stratégie de pourrissement sera payante. Contre l’État, seule peut tenir une communauté capable à la fois d’assumer la guerre contre lui et de se renforcer des guerres qui la traversent. Une communauté forte au point d’être capable de récolter du blé à la main, de composer avec la folie, de construire une vie en commun en dehors des régulations policières et de la pacification ambiante. C’est la seule manière de conjurer le rétablissement de l’ordre par l’État, de contrer sa stratégie du pourrissement.

De près : Mais que peut-il faire d’autre face à une zone qui lui échappe d’une manière nouvelle ? Car ici, il ne s’agit pas d’une “banlieue difficile”, il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton “voile islamique” pour isoler les gens. Et le levier “terrorisme” n’a pas (encore ?) marché. Il y a d’autres registres qui sont à exploiter pour intégrer la zone et écraser la lutte, à l’image de ceux de la “nature”, de “l’emploi”, de “l’insécurité”. De trop près : L’option “nature” par exemple, suppose la fin du projet d’aéroport par l’alliance de l’État avec les naturalistes pour une intégration du genre “Natura 2000” ou “zone protégée”. Mais cette option est d’avance rejetée par les paysans qui ont en horreur ce type de contrôle et elle s’oppose aux usages ancestraux du bocage.

De loin : Des Cévennes à l’île de la Réunion, la classification en parc naturel s’inscrit dans la destruction de la paysannerie et dans l’interdiction des usages communs des terres, forêts, montagnes qui font le pays et ses habitants. C’est un flicage écolo du territoire ! Mais l’argumentaire environnementaliste est nécessaire pour le pouvoir à l’heure ou celui de l’emploi et de la croissance s’affaiblit, en ces temps de simulacre de crise.

De près : D’où le rôle de figuration politique des Verts qui prennent des positions de pouvoir parce que leur discours entre en résonance avec celui des élites économiques qui cherchent à restructurer le capitalisme autour de la stratégie du développement durable.

De trop près : Ne croyez-vous pas que c’est l’agriculture biologique qui réalise le plus finement la synthèse entre l’argumentaire de l’emploi et celui de la préservation de la nature ? La perspective de la “Zone Agricole Durable”, défendue par l’ADECA, l’ACIPA et COPAIN 44 peut se structurer en “contre-proposition”. À grands coups de “contre-expertises”, elle peut devenir LE projet alternatif d’aménagement du territoire conduisant à un retour à la normale, fatal au mouvement. C’est le danger le plus réel d’intégration, puisqu’il surgit de l’intérieur même du mouvement.

De loin  : Certainement, et c’est pourquoi il faut continuer de soustraire des terres à l’agriculture professionnelle. C’est de cela dont dépend l’issue du mouvement d’occupation. Mais fort heureusement, nous n’avons pas le monopole du conflit ! De même qu’il y a des frictions dans l’opposition à l’aéroport, il faut faire l’hypothèse de luttes au sein du pouvoir, et se méfier de tout fatalisme, de tout fantasme de la toute puissance de l’État. N’oublions pas qu’au verso de la stratégie du pourrissement qu’il met en œuvre, il y a une vraie tergiversation. Elle est issue de l’affrontement entre, d’une part, les adeptes d’une relance par l’exploitation économique des marchés créés par la crise écologique (dépollution, recyclage, produits bios), et d’autre part, les monomaniaques de la relance par les grands travaux qui font des aéroports et des lotissements comme on érigeait des statuts monumentales sur l’île de Pâques !

De près : Tu as raison... Les lobbys locaux (élus en tête) alliés au BTP sont plus férocement pour la poursuite du projet que les élites parisiennes. L’élément décisif tient dans le succès ou non de la propagande pour l’emploi : des lobbys locaux vers les centres décisionnels parisiens, aussi bien que vers la population locale (chantage à l’emploi). Il serait bon d’affirmer qu’une des causes de la crise, c’est notre propre résistance aux projets économiques qui anéantiraient – et qui anéantissent – les bases vivantes possibles d’un autre devenir, cette résistance obturant les échappatoires que le capital se cherche, comme par exemple la survie du tout pétrole avec les gaz de schistes.

De trop près : Mais pour mettre fin au mouvement et reprendre le contrôle de la zone, même si le prétexte économique a du plomb dans l’aile, il reste encore à l’État son prétexte favori : celui qui façonne ses discours et constitue la justification même de son existence, celui de l’insécurité !

De près : C’est un processus classique que les pouvoirs locaux et les journaux font ressurgir régulièrement : il faut virer les « indésirables » et nettoyer la zone pour « rassurer les riverains ». On a la même thématique à l’œuvre contre les campements de Roms.

De loin : Tu ne crois pas si bien dire ! Ce qui s’est passé récemment à Décines en est l’illustration parfaite. En deux mots : il y avait un mouvement d’occupation contre la construction du nouveau stade de Lyon sur des terres agricoles. Au même moment un peu plus loin, à Vaulx-en-Velin, un campement Rom est expulsé. Les occupants de Décines décident alors d’accueillir des familles roms. Cela provoque un mouvement de riverains qui affiche partout contre ces « hippies offrant gîte et couverts aux Roms, chez nous, dans notre commune », selon leurs propres mots. Ils réclament une expulsion rapide aux autorités. La préfecture saute sur l’occasion et s’exécute. La ZAD de Décines (presque deux ans d’occupation) est expulsée en quelques heures, quasiment sans soutien local.

De trop près : On n’est pas à l’abri de telles stratégies ici. Construire une zone de non droit, c’est établir un refuge pour les marges. Et tant mieux ! L’essentiel est de trouver la force pour que cette situation renforce les solidarités locales et n’aboutisse pas à ce que cherche l’État : nous isoler pour légitimer une future intervention. Depuis le début du mouvement sur la ZAD, il y en a toujours eu pour réclamer le retour à l’ordre et l’expulsion des squatteurs. C’est d’ailleurs probablement les mêmes que ceux qui ont fait irruption à 80, pendant un conseil municipal à Vigneux-de-Bretagne en juillet dernier.

De loin : Comment ça ?

De près : Ils protestaient contre la construction d’une aire d’accueil pour Roms au bourg de La Paquelais. Mais le maire de Vigneux a demandé l’annulation du projet. Il a une excuse toute trouvée : « Nous sommes déjà assujettis à beaucoup de stress et de pression avec le projet d’aéroport. Il n’est pas nécessaire d’en rajouter. »

De trop près : Les discours qu’on entend, depuis cet élu socialiste jusqu’au sein même du mouvement d’occupation, sur les poubelles et les bagnoles cramées, masquent mal le désir latent d’un retour à l’ordre. Et ce n’est pas le maintien de quelques chicanes qui l’empêchera. C’est notre capacité à intensifier le conflit et à multiplier les lignes de front et les refuges.

De près  : Peut-être, mais s’accrocher à ces restes de barricades, et laisser croître des comportements tels qu’aller courageusement voler son voisin, saboter l’exploitation d’un agriculteur conventionnel investi dans la lutte, ou prendre les chicanes pour un péage, c’est foncer tête baissée vers l’isolement. C’est se retrouver seuls contre tous, pris sans complice dans une multiplicité de conflits asymétriques que l’on est par conséquent condamné à perdre.

De loin : Or ce que l’on discute depuis tout à l’heure, c’est bien de la manière dont l’hétérogénéité des composantes a rendu possible le mouvement. C’est de la manière dont se conjuguent un jet de cocktail molotov, un recours juridique ou la confection d’un gâteau.

De trop près  : Il est certain qu’il ne faut pas se couper des habitants avec qui on partage ce territoire, ni de tous ceux avec qui on mène cette lutte. Il faut qu’on approfondisse ces liens, sans pour autant se perdre en abandonnant, en euphémisant ou en masquant nos positions radicales. Quelque part, la ZAD a été avant l’opération César et peut redevenir demain un ghetto militant. Une sorte de camping pour gens ravis de se retrouver entre personnes globalement d’accord les unes avec les autres et qui éprouvent une jubilation malsaine à se disputer en milieu clos, à cultiver le narcissisme de la petite différence. Un endroit où, venu pour lutter contre ce monde, tu peux très vite te retrouver avec l’illusion de construire un cocon en-dehors de ce monde, comme s’il y avait un en-dehors de la métropole, un en-dehors des rapports de domination.

De loin  : Cela peut d’ailleurs être une forme, très subtile, d’intégration du mouvement et de contrôle du territoire. Circonscrire la radicalité en la mettant sous cloche. Concentrer ici tous ceux qui refusent ce monde ou que ce monde refuse. Leur attribuer une parcelle de territoire délimitée, les reléguer dans une périphérie pour préserver la sécurité et l’inviolabilité du centre. La ZAD pourrait très bien devenir une sorte de Christiania, d’où l’on repart avec ses marchandises souvenirs, après avoir contemplé une exception sous contrôle. Il y a bien des quartiers chics, des lotissements et des zones industrielles, pourquoi pas une enclave anarchisante, avec ses propres régulations, type charte de bon voisinage et centres de désintox autogérés ?

De près : C’est peu probable à cause de la tradition jacobine de l’État français, qu’incarne Valls, avec ses postures tour à tour grotesques et brutales : le gendarme dans Guignol !

De trop près : Peut-être est-ce l’hypothèse d’intégration du mouvement la plus alambiquée, mais comme tous ses devenirs possibles, elle s’appuie sur une tendance qui existe déjà maintenant. Il n’y a plus de squat politique au cœur de la métropole nantaise, et la joie de la guérilla bocagère, si elle peut donner de la force pour s’affronter partout ailleurs, peut aussi produire une peur panique d’agir sans la protection magique des haies, des bosquets et des champs.

De loin : Si l’autodéfense territoriale est ce qui a donné sa consistance au mouvement, il ne faudrait pas que son cours soit uniquement suspendu aux plans de l’État. À l’heure où celui-ci ne cesse de différer la mise en œuvre du projet, le moment est à l’offensive.

De trop près : Nous aurons tout de même à défendre le territoire de nouveau, et très bientôt. Sûrement pas dans l’immédiat face à une opération César bis, qui ne ferait que nous renforcer, mais face aux incursions ponctuelles et probables des gendarmes mobiles pour protéger de nouvelles étapes des travaux.

De loin : Quels types de travaux ?

De près : Des fouilles archéologiques et transferts d’espèces, nécessaires pour réaliser le projet d’aéroport. Des élargissements de route en vue de la construction d’un barreau routier auquel l’État n’est pas prêt de renoncer.

De trop près  : Il faut s’y préparer comme il est absolument vrai qu’il ne faut pas s’enfermer dans une posture défensive, dans l’attente d’un improbable assaut, surtout au moment où l’ennemi est affaibli. La ZAD peut devenir une base d’appui dans la guérilla diffuse contre l’État. Un lieu depuis lequel se projeter au cœur de la métropole, avant de se fondre de nouveau dans le bocage, sur un terrain connu, parmi une population complice. Imaginons que les techniques qui s’y éprouvent se diffusent ailleurs, et que fleurissent d’autres maquis. Que la nourriture que nous y produisons appuie d’autres luttes, grèves sauvages, occupations... Pour préparer les moments à venir d’une conflictualité moins localisée, d’un mouvement social plus vaste, dans lesquels nous pourrions intervenir depuis l’assise d’un territoire, d’une force matérielle, réactivant pour autre chose les complicités nouées dans ce mouvement de lutte contre l’aéroport....

De loin : On peut rêver… avec une population qui sort de son somnambulisme plutôt pour manifester des ressentiments et assez peu pour pratiquer la révolte ! On touche ici les promesses et limites de l’auto-organisation : sachant que le capitalisme et la médiation étatique opèrent un retrait vers les pôles de forte intensité, leur englobement universel va de pair avec le relatif abandon de zones où les populations sont livrées à elles-mêmes (économie informelle, voire mafias). Malgré tout, les initiatives de la base de la société sont le seul et vrai terrain où peuvent s’expérimenter de nouveaux rapports sociaux en lutte pour se dégager de la domination de l’Argent et de l’État ; mais elles peuvent être aussi le moyen pour le système social à l’agonie de faire prendre en charge ses propres aberrations par ceux qui les subissent. La différence entre les deux tient à la circulation et à l’extension, ou non, d’une pensée libre qui sache étendre la sécession. Or, le repli sur soi peut être le mal pernicieux qui guette la ZAD. Inscrire ce territoire soustrait à l’autorité de l’État dans un archipel de zones en lutte est indispensable, car à si petite échelle l’échec est inévitable !

De près  : Peut-être, mais qu’est-ce qu’un échec ? Rien n’effacera ce qui se sera passé, ce qui aura été rendu possible dans ce monde, contre ce monde et pour un monde à venir (pour paraphraser Nietzsche). Rien n’empêchera que nous aurons été marqués à vif et que nous porterons ailleurs la charge du réel accumulée ici.

Glossaire ACIPA : Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport ADECA : Association Des Exploitants Concernés par l’Aéroport AGO : Aéroport Grand Ouest BTP : (Industrie du) Bâtiment et Travaux Publics COPAIN : Collectif d’Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport DCRI : Direction Centrale des Renseignements Intérieurs ZAD : Zone d’Aménagement Différé devenue “Zone À Défendre”

À POURSUIVRE

Correspondance : « Les Dialogues », c/o café Livresse, 9, rue de l’Hôtel-de-Ville, 44000 NANTES


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Etienne Rodin

Etienne Rodin est consultant. Il intervient auprès d’organisations publiques et privées sur des questions liées aux conditions de travail. Il est l’auteur de L’Horreur managériale (2011) chez les éditions L’Echappée.

Luc Renaud

Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

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Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

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H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

Philippe Bourdeau

Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :