>
contrebande.org

des idées derrière la tête

A lire aussi :

L’apocalypse du Capital

Vivre et travailler en montagne

Offrir un livre au monde

Comment ne pas être un mouton de la croissance ?

Le tout-numérique à l’école : iPads et iPocrisie

Center Parcs : L’enfer au paradis ?

Je suis athée et n’emmerde personne

Excuse n°13

Venise, une ville en état de siège permanent

Parution de L’USURE DU MONDE, critique de la déraison touristique. Editions L’Echappée, 2014.

Excuse n°12

Excuse n°11

Parution de Après le MONDE

Comme un DESPERADO/4

No Border Art

Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/1

Dans la JUNGLE DIGITALE

Excuse n°10

Comme un DESPERADO/3

ECHAPPER au « nouvel âge DIGITAL » ?

Comme un DESPERADO/2

Excuse n°9

Les GRANDS projets INUTILES et le travail ANTISOCIAL

Center Parcs dans les Chambarans : utopie ou cauchemar touristique ?

Dans le VENTRE des MÈRES

Comme un DESPERADO/1

Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/2

Deuxième dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes (mars 2013)

Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/1

Excuse n°8

Comment se rendre intéressant/6

Comment se rendre intéressant/5

Dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes

Comment se rendre intéressant/4

Comment se rendre intéressant/3

Comment se rendre intéressant/2

Comment se rendre intéressant

La MÉCRÉANCE passive au cœur de la CRISE de l’ÉCOLE

L’Aventure à la lettre

La Théorie du Revolver

Excuse n°7

Excuse n° 6

Parution de MOINS !

TOILE,7

Les ATTARDOpithèques et le NUCLÉAIRE

Excuse n°5

La tentation NIHILISTE

Vive l’IGNORANCE !

TOURISME, l’industrie de l’EVASION

TOILE, 6

L’édition pour la jeunesse et le numérique : une transition déjà perdue !

Excuse n°4

Hubert-Félix Thiéfaine, la poésie du CHAOS

WIKIOCEANS, Réunir les AMOUREUX de la MER

TOILE, 5

Excuse n°3

L’INTERCULTURALITÉ sur le GRILL

Excuse n°2

TOILE, 4

TOILE, 3

TOILE, 2

TOILE, 1

EN CHEMIN, TOUJOURS

La relation "ENCHANTÉE" du TOURISME SEXUEL

Apogée ou déclin de la MÉGAMACHINE ?

Excuse n°1

ROLLING STONES, sur la ROUTE des pierres qui ROULENT, encore...

Sauve

L’ILLUSION NUMÉRIQUE

Michel HOUELLEBECQ, Opera TOURISTICA

CAP

QUÉBEC INDIEN

Le MANAGEMENT ou le degré zéro de la POLITIQUE

DISPARU

CONTREBANDE, des idées derrière la tête

Accueil > Chaologie > Territoire > Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/2
Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/2
Un vendredi après-midi au carrefour de la Saulce, devant les étals de nourriture.
Par Anonyme publié le 10 janvier 2014.

De loin : Je vois que la lutte n’hésite pas à user de symboles : vous avez choisi le carrefour de la Saulce, tenu cinq mois par des escadrons de gendarmes mobiles et évacué en avril, pour pratiquer tous les vendredis l’échange libre des produits de vos activités sur la ZAD.

De trop près  : De l’occupation militaire à l’occupation des terres il n’y a qu’un pas. L’agriculture est aussi une arme de guerre et Sème ta Zad une riposte à l’opération César. Les enjeux autour des terres ont suscité parmi nous de très nombreux conflits. Une société qui essaie d’étouffer tous les conflits ne peut que les diaboliser. Au mouvement de démontrer en le pratiquant que le conflit est en fait source de vie, pour autant qu’on ait pu se dégager de la peste émotionnelle. À nous de prouver qu’il n’est pas par nature affaiblissant et qu’il peut nous renforcer.

De près : Comme par exemple les tensions autour de la question agricole entre l’imaginaire de la friche et celui de l’exploitation des « terres nourricières ». Entre des agriculteurs professionnels et des occupants animés par un idéal de nature sauvage aux antipodes de l’expérience paysanne qui a façonné ce bocage. Ceux que l’on appelle parfois vulgairement les « primitivistes ».

De trop près : C’est quoi ça ? Cette catégorie semble vraiment vous tenir à cœur.

De près : Ce n’est pas une catégorie de personnes mais une expression de l’écologie profonde ou radicale pour laquelle l’aliénation de l’homme a commencé avec l’agriculture, donc la gestion des stocks alimentaires, donc le pouvoir...

De loin : Mais pour revenir à ces cageots de légumes que vous apportez aujourd’hui à ce moment d’échange, comment s’organise la distribution ?

De trop près : Ici, il est difficile de distinguer la distribution des légumes des autres questions, la question agricole de celle de la lutte. Habiter, cultiver, se battre, sont les séquences parfois simultanées d’une même résistance, au point qu’en octobre 2012 les flics attaquant le jardin collectif du Sabot se sont pris une partie de la récolte dans la tronche avant de le détruire. On ne peut pas réduire ce qui se passe ici à la seule question agricole.

De près : Tu aurais pourtant tort de la négliger, elle a suscité des débats très vifs et féconds : par exemple, la levée nécessaire de certaines barricades de la route départementale D281 en mai pour permettre les travaux des champs. À cette occasion, certains en faisant opposition physiquement à la culture du maïs ont du même coup utilement alerté sur la toxicité des semences pré-traitées.

De loin : Si je comprends bien, l’État en se retirant partiellement a laissé la place à un niveau supérieur du mouvement où les diverses sensibilités sont amenées à faire face aux problèmes fondamentaux. Je ne doute pas que sur la ZAD on prenne à bras le corps des questions vieilles comme le monde, comme celle du face-à-face humain et celle de subvenir à ses besoins, de produire sa nourriture.

De près : Cette situation est pleine de subtilités et parfois d’ambivalences. Ainsi, si on expérimente c’est tout de même pour de vrai, même si l’avancée dans l’inconnu n’a pas rompu toutes les passerelles avec la routine de la dépendance : rapports marchands inévitables avec l’extérieur, recherche des brèches du système qui rendent possible la survie, comme les fraudes aux allocations, ou leur usage stratégique et collectif, comme s’approvisionner dans les bennes des supermarchés...

De loin : Mais revenons à la distribution des produits de la ZAD. Comment se font les échanges ?

De trop près : Pour la distribution, c’est ambigu. On est entre, d’une part, ce que Kropotkine appelait « la prise au tas », la libre consommation non quantifiée, qui pense l’échange selon l’adage communiste « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins », et d’autre part le système marchand du prix libre « consomme selon tes besoins et paye selon tes moyens ». Ce mode d’échange s’approche plus d’une tarification sociale, ou d’un prix politique que d’une abolition des rapports marchands. À cela s’ajoute le fait que dans certains échanges à prix libre est parfois affiché un « prix indicatif », indexé sur les prix du marché… bio ! La question de la valeur, et de la remise en cause du travail salarié, le fait de ne pas mettre de prix sur le travail effectué pour récolter des légumes ou traire les vaches n’est alors pas traitée de front. Même si les personnes qui viennent aux étals peuvent se servir gratuitement.

De près : Plutôt que la gratuité artificielle, prépayée, de ce monde marchand, celle des journaux publicitaires ou des événements culturels, des cadeaux et bons de réduction pour les marchandises, ne faudrait-il pas chercher de nouvelles formes de don et de troc ?

De loin  : Remarque qu’il vient du Canada une pratique de jardin potager ouvert à qui veut se servir… C’est une folie que seulement 5% de la population active soit responsable de l’alimentation globale, d’où l’opacité des pratiques techniques (pesticides, etc.) qui garantissent à court terme une « productivité » insensée ; cette spécialisation est déjà combattue, contenue par la pratique populaire des jardins potagers. Cette lutte doit être poursuivie jusqu’à mettre en cause la division du travail qui a fait de l’acte de produire de la nourriture une profession.

De trop près : Ici aussi on a des parcelles importantes de patates ou de céréales, à usage collectif, et donc des moments de chantiers en commun. C’est une force considérable à moins que cela ne soit intégré sous forme d’une AMAP, d’une vitrine de l’agriculture capitaliste labellisée bio, d’une mode branchée pour consommateur écolo qui bouffe alternatif en surfant sur sa tablette numérique. Sortir du rapport de consommation, c’est aussi produire et sans que cela ne devienne un impératif comme l’injonction au salariat dans le monde d’aujourd’hui. Produire pour soi et pour les autres en prenant acte du fait que tout le monde ne peut pas, ou ne veut pas produire. C’est sûr que la terre est basse !

De loin : Quand le but est lointain, le plaisir est déjà dans le chemin : le besoin de reconnaissance sociale recherchée par l’individu grâce au travail cède du terrain, d’abord faute d’emploi, et surtout grâce à la vitalité communicative qui pourrait s’immiscer partout et ne voudrait plus être tributaire de la sanction du travail. Par ailleurs, ce ne serait pas tant aux paresseux de prouver leur bonne foi sociale que bien davantage aux activistes du travail de démontrer que leurs productions et leurs méthodes ne sont pas nocives pour la collectivité. Comme par exemple les agriculteurs intensifs. D’ailleurs il m’avait semblé que la ZAD avait intégré dans sa défense du bocage, la pratique d’une agriculture attentive au sol, au moins sans pesticide !

De près  : Tu plaisantes : la totalité des agriculteurs professionnels de la ZAD sont “conventionnels” - pratiquant les semences de maïs enrobés au traitement chimique voire les pesticides aériens – et, pour la plupart, opposants de toujours à l’aéroport.

De trop près : Les agriculteurs qui ont fait le choix de rester malgré les pressions ont franchi un pas considérable. Ils ont traversé la ligne de la légalité et métamorphosé ainsi le simple fait de « conduire leur exploitation », comme ils disent, en résistance en acte contre l’aménagement du territoire.

De près : Mais leurs terres ne sont pas directement concernées par le processus de communisation.

De loin : Pas concernées pour l’instant ou pas concernées du tout ?

De près : Si le projet est enterré, le risque est un renversement d’alliance qui serait fatal au mouvement, en créant un conflit de territoire entre paysans hors cadre et agriculteurs professionnels. L’un d’eux a évoqué dans une réunion entre l’ADECA, COPAIN et Sème ta Zad le “fantasme” (le spectre ?), en tout cas la crainte que le processus Sème ta Zad ne s’empare de toutes les terres. Mais ce qui n’est pas seulement un fantasme traverse toute la ZAD et au-delà, par nécessité quotidienne. Le fait rejoint ce qui n’est pas un désir pour tout le monde.

De trop près : Pour l’instant, l’urgence est à l’alliance contre le projet et aux cultures communes plutôt qu’aux bisbilles entre petits propriétaires (de parcelles, d’idées…). L’ADECA a même proposé une action d’occupation collective de 22 hectares menée en commun avec COPAIN et Sème ta Zad contre les bétonneurs mais aussi, ouvertement, contre les “cumulards” à l’affût de la moindre parcelle qui se libère. Ce qui a été fait le 5 octobre dernier, malgré une ordonnance du tribunal de St-Nazaire, délivrée au dernier moment, interdisant toute mise en culture de la ZAD. On y a semé du blé panifiable, du seigle, de l’épeautre et du mélange céréalier. On a aussi planté des haies bocagères (un premier pas vers le contre-remembrement).

De près : C’est excellent dans la lutte contre l’aéroport. Mais tu oublies de dire que l’ADECA avait posé une condition : qu’une partie des terres cultivées collectivement le soit en “conventionnel”, avec des pesticides – sans autre argument que celui d’une « revanche » sur ceux qui, depuis la ZAD, avaient piétiné à la Gaité un bout de parcelle de maïs enrobé. J’ai bien peur que Sème ta Zad, qui s’était constitué, entre autres priorités, « en rupture avec les logiques agro-industrielles », se discrédite en avalisant ainsi une pratique du monde de l’aéroport, qui avait besoin de cette caution pour se replacer au cœur de la ZAD. Le “collectif” couvre parfois des intérêts très particuliers. J’espère toutefois que ce recul tactique sur la chimie, adopté dans le but de rallier les forces disponibles, ne fera pas perdre en chemin le sens de ce que nous avons commencé.

De loin : Des terres cultivées de manière “conventionnelle” valent-elles vraiment la peine d’être communisées ? Forme et contenu de l’activité doivent être à l’unisson : ne devrait-on pas cultiver en commun que d’une manière respectueuse de la terre dont l’être humain est le prolongement ? Il est hors de question de communiser des centrales nucléaires, la seule issue est leur démantèlement pur et simple. N’en va-t-il pas de même pour tout le reste de la production marchande ?

De trop près : Peut-être mais la production de nourriture est une production nécessaire, parce que répondant à un besoin impérieux, et on ne changera pas les pratiques agricoles du coin par décret, ni par l’exercice d’un chantage moral ou d’une terreur sur nos voisins qui ont recours aux pesticides (destruction de cultures, graffiti de menace sur une ferme voisine, dégradations de clôtures etc.).

De loin : Autrement dit ces agriculteurs saccagent le bocage, mais à leur façon ! Tu ne crois pas que c’est là un problème majeur que les dits “primitivistes” ont au moins le mérite de poser crûment. Ce qui revient à concentrer la question : pourquoi est-on contre l’aéroport ? Qu’est-on prêt à concéder pour rester “ensemble” et encore “efficaces”. Est-ce un compromis que d’accepter des pesticides sur la ZAD, ou une concession qui prépare le terrain aux défaites à venir ? Après tout, le monde de l’aéroport peut très bien gagner sans aéroport !

De trop près : Convertir un agriculteur au bio ne constitue pas, je pense, une victoire politique en soi, n’en déplaise à certains paysans complices, car en définitive il reste intégré dans le système marchand. Cela me réjouit d’entendre des agriculteurs du coin envisager leur conversion vers le bio, mais je n’ai pas l’impression que cela change véritablement la donne. Ce qui nous renforce dans cette lutte et porte des coups au monde de l’aéroport, c’est de s’organiser, y compris avec des agriculteurs intensifs, pour défendre le territoire contre la métropole. Comme dirait l’autre, ce qui nous renforce c’est l’élaboration collective d’une stratégie et pas la conformité à des principes moraux…

De loin : … « Les villes flamboyantes se repaissent de l’arrière-pays sans défense. » Défendre quel territoire et dans quel état ?

De trop près : Défendre coûte que coûte une parcelle de ce monde ravagé pour s’efforcer d’y vivre ensemble.

De près  : C’est d’autant plus nécessaire qu’il y a toujours un État à l’affût, avide de profiter de nos faiblesses et de nos contradictions, pour réaffirmer que sans lui, livrés sans frein à nos convoitises particulières, nous sombrerions dans un chaos plus ou moins soumis aux lois occultes du plus fort. Notre chance est que “l’État protecteur” a pris du plomb dans l’aile à Notre-Dame-des-Landes.


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Gilles Klein
Caroline Gaume
Etienne Rodin

Etienne Rodin est consultant. Il intervient auprès d’organisations publiques et privées sur des questions liées aux conditions de travail. Il est l’auteur de L’Horreur managériale (2011) chez les éditions L’Echappée.

Luc Renaud

Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

Ses articles dans le site :
Martin Bureau

Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

Vous pouvez visiter son site : Martin Bureau
Ses articles dans le site :
H.D. Alianel

H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

Philippe Bourdeau

Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :