>
contrebande.org

des idées derrière la tête

A lire aussi :

L’apocalypse du Capital

Vivre et travailler en montagne

Offrir un livre au monde

Comment ne pas être un mouton de la croissance ?

Le tout-numérique à l’école : iPads et iPocrisie

Center Parcs : L’enfer au paradis ?

Je suis athée et n’emmerde personne

Excuse n°13

Venise, une ville en état de siège permanent

Parution de L’USURE DU MONDE, critique de la déraison touristique. Editions L’Echappée, 2014.

Excuse n°12

Excuse n°11

Parution de Après le MONDE

Comme un DESPERADO/4

Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/2

Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/1

Dans la JUNGLE DIGITALE

Excuse n°10

Comme un DESPERADO/3

ECHAPPER au « nouvel âge DIGITAL » ?

Comme un DESPERADO/2

Excuse n°9

Les GRANDS projets INUTILES et le travail ANTISOCIAL

Center Parcs dans les Chambarans : utopie ou cauchemar touristique ?

Dans le VENTRE des MÈRES

Comme un DESPERADO/1

Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/2

Deuxième dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes (mars 2013)

Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/1

Excuse n°8

Comment se rendre intéressant/6

Comment se rendre intéressant/5

Dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes

Comment se rendre intéressant/4

Comment se rendre intéressant/3

Comment se rendre intéressant/2

Comment se rendre intéressant

La MÉCRÉANCE passive au cœur de la CRISE de l’ÉCOLE

L’Aventure à la lettre

La Théorie du Revolver

Excuse n°7

Excuse n° 6

Parution de MOINS !

TOILE,7

Les ATTARDOpithèques et le NUCLÉAIRE

Excuse n°5

La tentation NIHILISTE

Vive l’IGNORANCE !

TOURISME, l’industrie de l’EVASION

TOILE, 6

L’édition pour la jeunesse et le numérique : une transition déjà perdue !

Excuse n°4

Hubert-Félix Thiéfaine, la poésie du CHAOS

WIKIOCEANS, Réunir les AMOUREUX de la MER

TOILE, 5

Excuse n°3

L’INTERCULTURALITÉ sur le GRILL

Excuse n°2

TOILE, 4

TOILE, 3

TOILE, 2

TOILE, 1

EN CHEMIN, TOUJOURS

La relation "ENCHANTÉE" du TOURISME SEXUEL

Apogée ou déclin de la MÉGAMACHINE ?

Excuse n°1

ROLLING STONES, sur la ROUTE des pierres qui ROULENT, encore...

Sauve

L’ILLUSION NUMÉRIQUE

Michel HOUELLEBECQ, Opera TOURISTICA

CAP

QUÉBEC INDIEN

Le MANAGEMENT ou le degré zéro de la POLITIQUE

DISPARU

CONTREBANDE, des idées derrière la tête

Accueil > Chaologie > Traverses > No Border Art
No Border Art
Pour un art pictural, instrument de connaissance et de libération
Par Dikann publié le 3 décembre 2013.

« Le plus grand danger pour la plupart d’entre nous n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignions. » Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit Michel-Ange (1475-1564)

Le pouvoir de l’image

Dans les sociétés dites post-modernes, le capitalisme total et sa kyrielle d’avatars (libéralisme, néo-libéralisme, ultra-libéralisme, consumérisme, technicisme…) ont été érigés au rang de religion, avec ses icônes, ses rituels, ses cultes. Aujourd’hui, le capitalisme total est une religion du culte, une religion purement cultuelle, peut-être la plus extrême, voire la plus radicale qu’il n’y ait jamais eu auparavant : culte du Dieu argent, du technicisme, de la consommation, des marques, de la vitesse, de l’événementiel…

Le capitalisme total est la célébration d’un culte sans trêve et sans merci. Il n’y a pas de « jours ordinaires », pas de jour qui ne soit jour de fête tant que l’humain consomme. Il ne s’agit plus de participer mais uniquement de consommer le plus possible et le plus vite possible. La société post-moderne a ainsi accouché d’un être humain unidimensionnel, comme le prophétisait Herbert Marcuse en 1970, dont l’unique fonction sur terre se résume à produire des biens et à les consommer.

« Une image vaut mille mots » : pour inciter l’Autre à consommer sans répit, le capitalisme total utilise les images comme arme massive. L’humain est alors submergé, agressé et manipulé par les images à répétition qui envahissent notre vie. Ce bombardement idéologique, basé sur une massification de l’imagerie, oblige les psychismes à une sollicitation permanente, consciente parfois, inconsciente le plus souvent. Les cerveaux se nourrissent d’images fixes ou animées, et consomment les messages et symboles qu’elles portent en elles sans en comprendre la portée, ni le sens. Quel est le libre-arbitre de l’humain lorsqu’il est sans cesse exposé à l’imagerie, tant dans sa sphère publique que privée ?

Dans les conditions post-modernes, les paroles perdent leur autorité et deviennent les accessoires des images. Le danger de la civilisation du « tout image » est qu’elle exalte l’image au détriment de la parole écrite et orale. La réalité visionnaire de l’image ne peut pas tolérer un discours critique, une explication ou la réflexion. Les idées sont ainsi remplacées par des impressions, des émotions et des stimulations. Le triomphe de l’image sur la parole contribue à la superficialité de la sensibilité postmoderne… Ou quand l’image pousse à l’imitation inconsciente.

L’image acquiert toujours plus de force. Cette lame de fond de l’image est si puissante que nous sommes désormais confrontés à la notion de « réalité virtuelle ». L’image a détrôné la parole : icônes, visions, pré-visions, visualisations, projections… Si l’image est censée rendre compte de la réalité, elle transmet des stéréotypes et formate les esprits. L’image n’est jamais innocente. Sans recul ni esprit critique, l’image est source d’interprétations erronées, de manipulations et de contre-sens. Et pour réelles qu’elles puissent paraître, les images ne doivent pas être confondues avec la réalité.

« Une image vaut mille mots ». Le néo-capitalisme en a fait son cheval de Troie. On croit davantage ce que l’on voit, donc on adhère. Mais que voit-on ? L’instantanéité de la perception n’épuise pas la totalité de ce que l’on peut percevoir du passé et surtout du futur. Et l’image n’est qu’un reflet construit, un décor, une mise en scène. Si « une image vaut mille mots », combien d’images valent un mot ?

De la nécessité d’un contre-pouvoir iconoclaste

Au sens strict du terme, le courant iconoclaste avait pour objectif de détruire les icônes religieuses et de casser tous les symboles ou représentations du sacré. Mais l’iconoclasme c’est aussi une attitude d’opposition manifeste aux idées reçues, au prêt-à-penser et, dans le cas présent, au prêt-à-voir.

Face au déferlement des images publicitaires, images-clichés, images formatées, standardisées et subliminales, il n’a jamais été autant nécessaire de ré-introduire des images autres. Des images qui suscitent la critique, la réflexion, les échanges, le débat. Des images qui favorisent la respiration psychique et l’ouverture à l’Autre. Des images vivantes dans le flux incessant d’images mortifères déversées par la matrice.

Dans ce monde de l’image du faux, l’artiste a le devoir de montrer d’autres images, d’autres représentations picturales du monde dans lequel il vit. Pour cette raison, l’artiste n’a pas d’autres choix que d’endosser les habits du médiateur et assumer une véritable fonction politique. Il se doit de s’opposer aux représentations picturales de la propagande techniciste vantant une sorte d’homme mi-augmenté, mi-hybride, souriant et conquérant, projection d’une post-humanité vouée à s’extraire de la nature.

Plutôt que de montrer un surhomme ou une femme idéale, l’artiste a le devoir de représenter l’homme du XXIe siècle tel qu’il est : un homme des cavernes, évolué certes, mais toujours animal, et toujours susceptible de replonger dans la pire barbarie. Un hominidé « néo-lascaux », en proie aux doutes et en quête de repères, reflet de la civilisation post-industrielle. Car si l’homme d’aujourd’hui a la possibilité de concevoir et diffuser des images numériques en trois dimensions, il n’en reste pas moins un élément de la nature, constitutif de la nature. Et sans le monde des objets qu’il s’est créé pour mieux assurer sa sociabilité, l’homme est nu. Aussi nu que l’homme des cavernes qui laissait sa trace sur les parois minérales et gravait les os d’animaux.

Dans les années 1980, Henri Laborit, neurobiologiste, philosophe et fin connaisseur du comportement humain prédisait : « Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change (…). L’homme primitif avait la culture du silex taillé qui le reliait obscurément, mais complètement, à l’ensemble du cosmos. L’ouvrier aujourd’hui n’a même pas la culture du roulement à billes que son geste automatique façonne par l’intermédiaire d’une machine. »

L’artiste, s’il prend ses responsabilités, doit s’opposer au monde du faux et devenir un vecteur du vrai. Pour ce faire, tel un vampire, il lui faut puiser son énergie dans la vitalité humaine et rendre apparent ce que la majorité des humains ne veut pas voir. On dit que l’art rend visible. Encore faut-il que l’artiste soit en empathie avec le monde dans lequel il vit. Ce qui suppose et suscite un véritable travail d’ouverture de l’esprit pour que l’artiste accueille, grâce à la toile et la rétine, ce qui n’a pas été encore rendu visible.

Au commencement était le verbe pictural

Au sein de la Matrice, les artistes « Agent Smith » ne manquent pas. Ils pullulent. Il n’y a d’ailleurs peut-être jamais eu autant d’artistes autoproclamés, au mieux des pseudo-créatifs se rêvant directeurs artistiques d’une institution phare, au pire des agents culturels soumis au diktat de la police de la pensée. Rien de nouveau sous le soleil. Au XIXe siècle, l’écrivain Georges Darien, dans sa prose révolutionnaire se plaisait à dire que les artistes inféodés au système sont facilement repérables. Il y en a deux types : ceux qui aident à tourner la meule qui broie les hommes et leur volonté, et ceux qui chantent la complainte des écrasés. Le philosophe Georg Lukacs, un peu plus tard, n’en voyait aussi que deux catégories : les artistes comme serviteurs du pouvoir ou comme guides.

La raison, initialement un outil de savoir au service de l’émancipation de l’homme, s’est transformée en un instrument de conquête de l’homme et un outil de maîtrise. Il ne s’agit plus de libérer l’homme. La raison s’est muée en puissance d’aliénation et de domination. Bureaucratie, technocratie, techno-sciences sont des produits directement issus de la rationalité qui ont enfermé l’homme dans les filets de l’économie de marché. Le totalitarisme n’en est finalement que l’aboutissement et l’art lui-même est devenu un produit industriel.

Dans le monde du capitalisme total, où la rationalité est poussée à l’extrême, il n’y a plus de place pour la poésie. La poésie n’est pas soluble dans la société actuelle. Mais sans poésie, il n’y a plus de symbolisation ni d’ouverture métaphorique. Et sans métaphore, il n’y a plus de possibilité de combattre l’ordre établi. Lorsqu’une société sacrifie ses symboles sur l’autel du rationalisme, elle perd ses repères et devient folle. Il y a donc urgence à remettre du jeu/Je (jouer c’est créer, et créer c’est se re-subjectiviser) et à stimuler les psychismes anesthésiés.

L’acte créatif, et notamment la création picturale, peut permettre de ré-introduire de la symbolisation, source de poésie et donc de désaliénation. Sans symbole, l’homme se retrouve très vite au cœur d’un univers sans signification. Les symboles sont porteurs de sens, de vitalité, d’énergie transformatrice.

En cela, peindre à coups de pinceaux, de brosses et de bombes acryliques, représente déjà un acte symbolique de résistance : résistance à la perte d’humanité, résistance au temps et à la tyrannie de la vitesse, résistance au « progrès » techniciste qui voudrait que le numérique soit la seule voie possible de l’émancipation humaine, résistance à l’immatériel en travaillant la matière et en délaissant les pixels, résistance au tout économique en créant pour créer et non pour consommer.

Peindre aujourd’hui, c’est redevenir créatif, renouer avec ses sens, se remettre en mouvement, redécouvrir une gestuelle et donc remettre de l’humain dans l’humain. C’est aussi revenir à la nature, et remettre l’homme dans son milieu naturel. Ainsi que le disait Schelling, philosophe de la Révélation, à travers l’artiste, c’est la nature qui s’exprime : le devenir en général (métaphysique), le vivant (physiologie), l’économie des instincts humains (psychologie, morale, politique), l’éducation des instincts (la culture). L’art ne devient plus seulement le moyen d’une transcendance mais d’un travail de l’homme sur lui-même, sur le plan strictement immanent de la nature et du corps.

Être artiste aujourd’hui, c’est enfin repasser de l’autre côté du miroir, redevenir vivant, autrement dit faire le choix entre vivre et survivre, et surtout se faire la voix des « sans voix ». Ce que Nietzche nous a si bien dit dans Humain, trop humain : « Dans l’obnubilation de son travail créateur, le poète lui-même oublie d’où il tient la sagesse de son esprit, de son père et de sa mère, de maîtres et de livres de toutes sortes, de la rue et surtout des prêtres ; son propre art l’abuse, et il croit vraiment, aux époques naïves, que c’est un dieu qui parle à travers lui, qu’il crée dans un état d’illumination religieuse – alors qu’il ne fait précisément que dire ce qu’il a appris, sagesse et folie populaire pêle-mêle. Si donc le poète passe pour vox dei, c’est pour autant qu’il est réellement vox populi. »

En bref, l’art doit être monade de résistance et l’artiste, le lieu-tenant d’un éveil des consciences. A l’unisson avec le monde dans lequel il vit, l’artiste est en perpétuel mouvement. Son travail de création doit être source de métamorphose et de transformation : pour lui-même mais aussi et surtout pour ceux qui reçoivent ses œuvres. Car si les productions picturales peuvent s’user sous les regards, elles peuvent aussi se recharger au contact de ceux qui les regardent. Et ainsi contribuer à l’échange et au partage.

L’art pictural, source de métamorphoses

Dès l’Antiquité, la métamorphose a fasciné les écrivains, les philosophes, les artistes. Rien ni personne n’échappe à ce phénomène. La métamorphose est un principe universel et tout ce qui constitue l’univers visible ou invisible est susceptible d’être transformé. Les hommes n’y échappent pas, ni même les Dieux qui, dans la Grèce antique, se métamorphosaient… en hommes.

Le poète Ovide aimait dire que la création du monde est un vaste phénomène de métamorphoses. En érigeant comme une loi naturelle l’instabilité de la forme et de la matière, Ovide considérait que tout est mouvement et qu’ainsi tout est possible. Placé au centre d’une nature qui évolue et qui se transforme sans cesse, l’homme ne peut être que mouvement lui aussi. En se métamorphosant, il participe au mouvement perpétuel du monde.

L’art en général est souvent source de métamorphoses humaines, tant pour le créateur que pour le récepteur. A travers certains processus créatifs qui facilitent le lâcher-prise et la symbolisation, nécessaires pour faire surgir la métaphore, l’art pictural dépasse de très loin le cadre purement esthétique.

Une œuvre artistique ne joue son véritable rôle que si elle œuvre à la métamorphose de celui qui la conçoit et de celui qui la reçoit. Ce qui, soit dit en passant, est l’exact opposé de ce que propose la culture capitaliste qui favorise le désoeuvrement, par d’un côté une profusion d’œuvres calibrées et standardisées, et de l’autre une consommation compulsive et conventionnelle de rendus insipides mais parfaitement digestes (car déjà pré-digérés) qui n’entraîne aucune remise en cause.

Mais au-delà de l’œuvre proprement dite, c’est le processus créatif par lequel s’élabore cette œuvre qui est le plus important et qui permet une potentielle métamorphose. Et qui dit métamorphose, dit plasticité de l’imagination et ouverture psychique. C’est exactement ce qui permet à l’art de sortir de ses frontières. Ou comment l’art facilite, en paraphrasant Aragon, « l’émergence de la réalité poétique de la matière du subconscient ».

Mais pourquoi l’art a-t-il le pouvoir de transformer et de métamorphoser ? L’art existe depuis la nuit des temps et toutes les cultures ont produit des graphismes, des musiques, des danses ou encore des objets à des fins autres qu’utilitaires. Ces langages universels dépassent les limites du langage verbal et permettent à chacun de communiquer des émotions et des expériences profondes, au-delà des mots. Il n’y a pas de sociétés sans art.

L’art est primordial, c’est une forme ultime de communication et ce, dans toutes les sociétés. L’expression artistique passe les frontières et traverse les époques.

L’art permet enfin de nous définir. C’est un élément central dans ce que nous sommes et d’où nous venons. L’art ouvre les horizons et permet à l’esprit d’imaginer et d’explorer différentes sortes de réalités, différents niveaux de conscience. L’art est ainsi une sorte d’arène qui produit de la créativité. Et qui dit créativité, dit nouveauté et pouvoir de transformation.

Pour un art pictural, instrument de connaissance et de libération

En 1908, dans son ouvrage Abstraktion und Einfülhung, Wilhelm Worringer, historien de l’art et « père » de l’expressionisme nous disait : « De tout temps, l’art proprement dit a satisfait un profond besoin psychique et non la simple impulsion d’imitation, la joie ludique à copier des modèles naturels. Le nimbe qui entoure le concept d’art, tout le respectueux dévouement dont il n’a cessé de faire l’objet ne peuvent être psychologiquement élucidés que si l’on conçoit un art né de besoins psychiques et satisfaisant des besoins psychiques. »

Si l’art a une vocation, aujourd’hui comme hier, c’est celui d’éclairer sur le monde environnant et provoquer des catharsis pour mieux s’échapper psychiquement de la matrice. L’art pictural, en offrant des images qui favorisent l’espace de liberté psychique, peut permettre de s’affranchir de l’enfermement symbolique inhérent au système actuel : un système uniformisant qui ne tolère aucune alternative.

Le regard porté sur des œuvres d’art peut être, et doit être, un excellent moyen de stimuler des prises de conscience, de faciliter des changements de comportements, de croyances et de perceptions. Dans ce sens, l’art pictural doit être sources de jeu/Je, en s’amusant avec les perspectives, les décalages, les ruptures... Et jouer dans le cas présent, que l’on soit émetteur ou récepteur, c’est re-trouver sa place, se re-découvrir et se re-subjectiviser. En d’autres termes, redevenir Sujet, et ne plus être objet de toutes les stimulations artificielles d’un système aliénant.

Transformer le monde selon nos désirs suppose que nous soyons animés du profond besoin d’échapper à l’ordre établi. L’art pictural, s’il fait appel à des espaces de métaphorisation et s’il est pris comme un jeu, peut être un formidable outil d’émancipation. Pour paraphraser Scutenaire, quand la représentation picturale abandonne son « rôle d’amuseuse d’œil », d’excitant ou d’exutoire sentimental, elle commence à aider l’homme. Surtout s’il s’agit de rompre avec les représentations habituelles et de briser le ronronnement quotidien et rassurant des environnements familiers. L’art pictural devient alors un instrument de connaissance - de soi, des autres, et du monde dans lequel nous évoluons - et de libération. Il acquiert une fonction cognitive et permet de percer le mystère. Il re-décrit enfin le réel pour faire voir l’envers du décor et œuvre à l’ouverture de nouvelles perceptions.

Dikann, Novembre 2013


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Gilles Klein
Caroline Gaume
Etienne Rodin

Etienne Rodin est consultant. Il intervient auprès d’organisations publiques et privées sur des questions liées aux conditions de travail. Il est l’auteur de L’Horreur managériale (2011) chez les éditions L’Echappée.

Luc Renaud

Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

Ses articles dans le site :
Martin Bureau

Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

Vous pouvez visiter son site : Martin Bureau
Ses articles dans le site :
H.D. Alianel

H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

Philippe Bourdeau

Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :