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Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/1
Une matinée à la ferme de Bellevue, occupée depuis janvier 2013, après la traite. Deux inconnus s’approchent...
Par Anonyme publié le 22 novembre 2013.

De trop près : Et merde ! Encore des militants-touristes qui viennent regarder la traite des vaches… Hé les gars c’est pas une vitrine ! Il y a des gens qui vivent ici : ce n’est pas un zoo alternatif !

De près : On ne vient pas en spectateurs mais pour discuter de nos pratiques et donner un coup de main s’il y a besoin... Et boire un verre après la traite bien sûr ; et pas que du lait !

De loin : Parler de ce qui se vit ici depuis différents angles, de loin, de près, d’un peu trop près.

De trop près : Tiens donc, c’étaient vous les duettistes derrière ces pseudonymes. J’ai eu vent de vos Dialogues sur ce qui se passe dans ce bocage et je voudrais vous inviter à une autre perspective. Le nez dans le guidon, les grolles dans la boue, ballotté par l’intensité de ce qui se vit ici, happé par le tumulte du mouvement, débordé avec délices par la situation...

De loin : D’accord, mais ce n’est pas forcément la meilleure position pour comprendre ce qui se passe !

De trop près : Peut-être, mais pour « prendre du recul », il faut d’abord avoir été là. La présence continue dans ce bocage au rythme des saisons, des rumeurs venues du bourg, des espoirs et des désillusions, permet d’éprouver le mouvement dans son quotidien, dans ses amitiés, dans sa chair. Vit-on le mouvement de manière aussi intense lorsqu’on habite ce bocage en lutte seulement de manière discontinue ? Cela permet-il de « prendre du recul » ou cela conduit-il au contraire à idéaliser une situation que l’on ne vit que par bribes ? Et vous, vous vous impliquez comment ?

De près : D’abord, venir contribuer à la vie de la ZAD – cultiver, combattre, participer aux discussions – est pour moi une joie véritable au sens de Simone WEIL. Être enfin aux prises avec quelque chose de réel, non étayé par une quelconque institution, quasi sans filet. Un réel de terre et de chair, de confrontations et de questions qui sont celles de ce monde, qui trouvent là un terrain et des êtres pour les soulever, les incarner, dégager des solutions, éphémères, parce que sources de nouvelles questions. C’est une expérience collective telle que je n’en avais jamais vécu, qui nourrit déjà d’autres luttes par ses réalisations, ses problèmes complexes et pas toujours résolus, qu’il est d’autant plus nécessaire d’exposer et de discuter.

De loin : Quand on ressent partout la chape de plomb de l’impuissance admise, les échos qui me viennent de la ZAD semblent provenir d’une autre planète : les frictions dans l’occupation sont comme un concentré de tout ce qui ne se discute pas dans la société. Venir à Notre-Dame-des-Landes de temps à autre et prendre en compte toutes les remises en cause qui y fleurissent rendent encore plus étranger à cette “démocratie” glacée et administrée.

De trop près : Quand on habite le mouvement et que le mouvement nous habite, l’immersion dans ce qui se cherche ne laisse pas de répit. Mais souvent j’ai comme le sentiment de prendre la lorgnette par le petit bout.

De loin  : Comme observer une constellation au microscope…

De trop près : C’est un peu ça ! Mais comment échapper à la fois à l’enthousiasme frénétique et acritique de l’activiste et au pessimisme voire au cynisme qui nous guette lorsque les difficultés du quotidien (débrouilles et embrouilles, divisions, bagarres, violences intestines...) tendent à masquer le “devenir révolutionnaire” qui se cherche dans ce bocage ?

De loin : C’est sûr que pour moi, le recul c’est plus facile. Trop facile peut-être ! Mais, je ne suis pas complètement en suspens dans l’attente de nouvelles de la ZAD par l’Internet. Dans l’expérience de cette lutte on aura pu goûter le fait qu’un site ça se contrôle et que le discours numérique est un enjeu de pouvoir : par exemple avec certaines censures politiquement correctes ; ou encore avec la manipulation et le détournement de l’intérêt suscité par Notre-Dame-des-Landes sur un site parallèle, celui du « collectif de lutte contre l’aéroport », jouant sur la confusion, se cantonnant dans le radicalisme abstrait et la surenchère maximaliste, détournant une partie des dons. Bref, du dedans (censure) ou du dehors (site parallèle), l’Internet n’est pas plus garant d’un contrôle collectif qu’une AG chapeautée par des gauchistes. L’horizontalité “pure” à la mode de l’Internet ça n’existe pas. C’est pourquoi rien de mieux que de recevoir de temps à autre des photocopies de textes ou de comptes rendus d’AG ; parallèlement décoder en permanence ce qui vient des médias, comme la lourde insistance pendant « les » festivals du 3-4 août sur la division du mouvement. Être au loin c’est faire l’expérience permanente de la confiance à distance ; les copains de la ZAD seront-ils vigilants sur les pièges qui les guettent : un « tous ensemble » benêt ou des querelles sans fin ?

De près  : Sur place, la vigilance ne manque pas parce que les moments et les espaces pour les débats, les assemblées et les discussions sur le tas surabondent pour confronter les points de vue et les problèmes à chaque fois qu’ils se posent, de front, sans intermédiaire...

De trop près : Mais la distance (ou le peu de distance) vis-à-vis des événements détermine nécessairement la perception de la lutte : du riverain blasé obsédé par certains comportements avec lesquels le mouvement peine à composer, à l’activiste nomade qui vient plaquer ses fantasmes révolutionnaires sur la réalité locale, sans “prendre le temps” de regarder ce qui se passe, ce qui est là, et de comprendre la complexité de ce qui se joue dans ce bocage.

De près : C’est vrai que chaque assemblée du mardi est une scène où se rejouent sans cesse ces différences de perception. Il est rare que ces grands débats collectifs permettent le dépassement des contradictions du mouvement. D’autant plus que la légitimité des décisions collectives en AG n’est pas avalisée par ceux qui ne se reconnaissent pas dans son formalisme. N’a-t-on pas entendu : « Mais de notre côté, les groupes sont assez indépendants ; on ne fait pas d’AG, on discute et on décide suivant les occasions. » ? Qu’en est-il dans les comités locaux créés un peu partout en France depuis l’automne dernier ?

De loin  : Pour ce que j’en ai vécu, un comité local de soutien à Notre-Dame-des-Landes … fait du soutien ! Donc, on ne s’aventure pas dans des discussions trop poussées : tout de même, le meilleur moment dans ce registre aura été en avril le clivage entre ceux qui se motivaient pour Sème ta Zad et ceux qui iraient à la chaîne humaine. Distance ou non, on n’en sort pas !

De trop près : Personne n’y échappe… ! Clivages et désaccords existent aussi entre nous. Dans le deuxième Dialogue, en voulant chercher à tout prix la force motrice qui impulserait tour à tour le mouvement, vous offriez une vision linéaire de l’histoire de la lutte, qui aurait été portée successivement par “des habitants qui résistent ”, le “ mouvement d’occupation ” et aujourd’hui les “paysans de COPAIN 44”. Cette vision donne le sentiment que vous dissertiez sur le mouvement sans vous y jeter corps et âme, avec la hauteur de vue de l’intellectuel à la recherche d’une avant-garde, d’un sujet révolutionnaire.

De près  : Pour se jeter corps et âme, ça va jeune homme, on a déjà donné ailleurs en d’autres temps, et c’est justement ces sortes d’expériences passées qui nous permettent, malgré les différences, de nous sentir au plus près et alertés à l’avance sur les chausse-trappes qui se forment devant les mouvements : le recours à l’événementiel, le radicalisme verbeux, la pression médiatique...

De loin  : Il a beau dire… le voilà sombrant dans un horizontalisme où tous seraient participants à égalité : de fait, depuis novembre 2012, ce sont bien COPAIN 44 et les zadistes jardiniers et agriculteurs, qui ont lancé Sème ta Zad, qui sont à la charnière et le pivot stratégique de la réoccupation, même si est consciente la nécessité de ne pas se replier sur le seul aspect de la reprise en main des terres agricoles déjà expropriées : en témoignent les nombreux sabotages des pré-travaux du projet d’aéroport. Ce qui n’empêche pas, dans l’effervescence générale, primitivistes, antisexistes, voire la “zone-dans-la-zone” de mettre le doigt là où ça fait mal !

De trop près  : Je suis en désaccord total avec ça ! La distinction que tu institues entre “zadistes jardiniers” et le reste du mouvement d’occupation ne tient pas. Pire, elle ressemble à s’y méprendre à celle entre “bons” et “méchants” occupants que nous servent à chaque réunion les militants de l’ACIPA et une frange modérée du mouvement d’occupation. Quant à la somme de catégories que tu emploies : “primitivistes”, “antisexistes”, “zone-dans-la-zone”… elles réduisent la complexité des trajectoires subjectives dans le mouvement en les figeant dans des cases idéologiques, en leur assignant les étiquettes jaunies du militantisme. Comme s’il n’existait pas de “primitiviste” qui cultive, “d’anti-sexiste saboteureuse”, de “zonard jardinier” non violent, et autres hybridations produites par la subversion des rôles qui travaille le mouvement. Je préfère “l’horizontalisme” au “verticalisme”, parce que le mouvement n’a pas une tête, c’est une hydre polycéphale, si tu en coupes une, il en repousse des milliers d’autres !

De loin : … V’là le relativisme qui se pointe : tous les points de vue se valent !

De près  : Mais alors, comment toi tu décrirais les dynamiques à l’œuvre sur la ZAD ?

De trop près : Mais comme dans toute l’histoire des luttes : des dynamiques non linéaires (circulaires, cycliques...). La force de mobilisation agricole avec COPAIN 44 renoue avec l’héritage des luttes paysannes en Loire-Atlantique et les pratiques comme les discours de ces paysans-complices sont au fond très proches de ce que devaient être celles des comités de défense et des Paysans-Travailleurs dans les années 70.

De près : Comme présentation mécanique, tu ne fais pas dans la dentelle ! Et puis, le monde a changé depuis les années 70. Les mêmes mots portent aujourd’hui tout autre chose. Ni cyclique, ni pseudo cyclique : plutôt vieille taupe, ramenant à la surface de vieilles espérances renouvelées ici.

De trop près  : Attends, je n’ai pas fini ! Le mouvement, aujourd’hui comme hier, tire sa puissance de la capacité de forces antagonistes (parfois franchement hostiles) : le “mouvement d’occupation”, les “paysans”, les “citoyennistes” sont à la fois différents et inextricables, d’apparence inconciliables mais aux frontières poreuses. Il n’y a jamais une composante qui tire les autres. Le mouvement et ses fragments, c’est comme « des pierres jetées dans l’eau » qui produisent des ondes, des cercles qui se propagent, qui se frottent, se confrontent et d’où naissent des turbulences, des espaces et des moments dans lesquels se déploient un devenir commun, un devenir Commune ?

De près : L’image n’est pas mauvaise mais il manque quelque chose : les lanceurs de pierre, et aussi l’eau qui était là avant nous, qui apporte ses mystères et sa profondeur ; tout ce qui est porté par l’histoire, chargé de souvenirs, de morts, sur qui l’onde s’est refermée. Pour revenir à la ZAD, il s’y exerce des influences fortes, quelquefois décisives, qu’on ne peut pas toujours noyer dans le courant.

De trop près : Dans ce jeu fluide qu’est le mouvement, il y a ces sphères étanches que vous cherchiez à décrire dans votre précédent Dialogue. Nous sommes nombreux – moi compris évidemment – à être arrivés ici, il y a quelques mois ou années, bardés de certitudes... Pour se laisser traverser par le mouvement, et être bouleversés par la situation, il faut du temps, mais pas seulement. La période intense entre le début de l’opération César et maintenant a été riche en dépassement des identités et en subversion des rôles. “Habitants”, “paysans”, “squatteurs” sont des identités que le mouvement tend à faire voler en éclats ; mais dès qu’il esquisse un devenir qui ne se pétrifie plus dans des appartenances sociales et dessine une autre perspective, se déploient en lui et contre lui des entrepreneurs du morcellement, du retour à la normalité confortable des rôles. Ces derniers exploitent les contradictions qui traversent le mouvement pour substituer au combat contre l’ennemi principal, celui contre l’ennemi le plus proche.

De loin : Un ami m’a dit qu’ « une collection d’activistes ne forme pas en soi un mouvement… » Mais toutes les contestations qui débordent des cadres suscitent des incertitudes et des flottements. Ce qui importe c’est de trouver les moyens d’empêcher le corporatisme idéologique de paralyser le mouvement. Pour cela, il faut bien le connaître. Ce ne sont plus seulement les boutiques d’extrême gauche ou écologiste qui cherchent à phagocyter les mouvements. Maintenant, c’est pléthore ; ça part dans tous les sens, non ? N’as-tu pas des exemples précis en tête ?

De trop près  : Évidemment, comme le porte-parole de l’ACIPA qui, après des mois d’affrontements avec l’État, condamnait en avril dernier des « dérapages » dont les auteurs seraient une « minorité de manipulateurs ». Alors que pendant des mois le mouvement citoyen a participé à ces pratiques d’autodéfense : ravitaillement, rassemblements sur la ZAD ou à Nantes, situations où les flics étaient aux prises avec une foule bigarrée d’où pouvaient surgir simultanément cocktails molotov et discussions sans fin, attaques à la fusée de détresse et rondes improvisées. Mais encore, une frange des occupants qui, au nom du combat légitime contre l’industrialisation de l’agriculture, agit en enfant de la métropole élevé dans un univers de béton, assénant de pitoyables leçons de morale aux paysans au nom d’un fantasme naïf de la nature et du retour à la vie sauvage. Mais aussi une partie de ceux qui se revendiquent du féminisme et de la lutte légitime contre le patriarcat, mais la réduisent à une opération de police langagière, et imposent la construction de dispositifs de censure au sein même de nos outils d’expression autonomes (radio pirate, site Internet...).

De loin  : L’accusation est grave. Pouvez-vous préciser ?

De près  : Par exemple la réécriture du tract « Opposants aux vieilleries du futur » ! Ce n’est pas à toi que j’apprendrais que toutes les oppositions un peu consistantes ont nourri, parmi leurs membres, des candidats à la domination. Ils sont en général très actifs, prompts à juger, parfois sincères, et toujours irréprochables à leurs propres yeux. Mais on les reconnaît à leurs pratiques cherchant à exercer une hégémonie sur telle ou telle activité du mouvement. Sur la ZAD, c’est le secteur de la communication qui cristallise leurs stratégies de contrôle des discours portés vers l’extérieur du mouvement, et notamment le site zad.nadir. Les méthodes utilisées sont classiques : censure et sélection, mais sous des formes plus subtiles. Leurs arguments : anti-sexisme, anti-fascisme, anti-racisme, etc.

De trop près  : Des arguments imparables !

De près  : C’est vrai, à condition de ne pas devenir des outils de pouvoir, facteurs de nouvelles discriminations. Ainsi le groupe non-mixte a écrit et publié sur le site un texte mensonger et infamant : “À propos du mépris de classe sur la ZAD”.

De trop près : Ce texte témoigne encore et toujours de la même obsession de la catégorisation ! C’est une lecture binaire de la complexité des rapports sur la zone, simplifiés par une opposition manichéenne entre « arrachés » et « petits bourgeois ». Il assigne les paysans mais aussi les habitants avec qui on s’organise à la catégorie de « petits bourgeois », tout en portant atteinte à l’intimité de certains d’entre eux au prétexte d’une démonstration politique. Il idéalise comme sujet révolutionnaire la catégorie « arrachés » en lui attribuant le statut d’éternelle victime du « mépris de classe ».

De près : Comme si la violence était une oppression à sens unique et pas un rapport de force. Comme si lors d’agressions d’automobilistes sur la D281 sous prétexte qu’ils ont une voiture trop propre, il n’y avait pas aussi des clichés et des stéréotypes de classe à abattre. Comme si des individus qui entendent « éduquer les paysans » n’exerçaient pas aussi une violence contre ceux qui ont toujours été considérés comme des “ploucs” et des “ignorants” aussi bien par les citadins que par les techniciens de la chambre d’agriculture !

De loin  : Ce n’est ni le premier ni le dernier texte médiocre publié sur le site !

De trop près  : L’unique mérite de ce texte fut de susciter un débat, et donc des réponses...

De près : Là n’est pas le problème, ce qui est grave c’est que le site du mouvement a refusé de publier les réponses à ce texte. Elles n’ont circulé que sous une forme locale, en supplément à Zad News, feuille hebdomadaire uniquement destinée aux habitants de la ZAD. Taire ces pratiques serait également infamant, car c’est ainsi que les bureaucraties anonymes se constituent et se renforcent.

De loin  : Par rapport à ce qui se joue dans cette confrontation qui dure avec l’État, n’est-ce pas mineur ? Comme absorbé par une puissance en mouvement ?

De trop près : Oui ! Du moins pour l’instant... L’insaisissable alchimie du mouvement n’est perceptible que sur les basses fréquences. C’est elle qui fait puissance. Les composantes, les pensées et les pratiques qui s’y confrontent produisent une force qui permet de vivre nos conflits internes sans perdre de vue celui qui nous oppose aux décideurs et à leur projet d’aménagement. En juin dernier, les forages furent un exemple de cette complémentarité de tout ce qui fait le mouvement. Information rendue publique grâce à l’ACIPA, fumier épandu sur les parcelles à forer, barricades pour empêcher le dernier forage, groupes offensifs prêts à les tenir, poignée de non-violents qui font le guet et papotent avec les flics au bout du chemin, et enfin sabotage systématique des piézomètres. Les travaux soudent l’opposition, de même que la répression, comme en témoignent les réactions à l’arrestation d’un camarade le 16 avril dernier. Tapage nocturne et feu de joie devant la gendarmerie de Châteaubriant, puis blocage du pont de Saint-Nazaire avec des tracteurs et une barricade lors de son procès le 21 mai. Tout cela ne peut exister sans la composition hétéroclite du mouvement.

De près  : Grosso modo, tu nous dis que ces forces antagonistes se complètent plus qu’elles ne se contrarient ? Le sabotage peut cohabiter avec de “l’événementiel”, comme couverture peut-être ?

De loin  : Voilà qui me fait penser à ce que j’ai lu dans la Revue des livres qui a publié le témoignage d’un participant actif au soulèvement de la place Taksim à Istanbul au printemps dernier ; je l’ai avec moi, je vous le lis : « La nuit du 31 mai, des dizaines de milliers de personnes, aussi bien des employés de bureau que des étudiants, militants ou pas, hommes d’affaires ou habitants des bidonvilles, se relaient dans les rues, essaient de se procurer des masques à gaz, aident les plus touchés, mais ne quittent pas les rues. (…) Des centaines de sociologues et d’ethnographes s’essaieront sans doute à saisir ce moment de basculement où chacun croise le regard des autres et se dit : "Ils me protégeront, je reste." »


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Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

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Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

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Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

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Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :