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Dans la JUNGLE DIGITALE
Par Philippe Godard publié le 31 octobre 2013.

Désormais, il est vain de discuter de la possibilité ou non du passage de ce monde, de cette culture, de cette civilisation, vers un autre univers, dans lequel le digital tiendrait lieu de technologie fondamentale. Il ne sert à rien d’en discuter car nous vivons déjà l’âge digital. Pourtant, rien n’est joué : l’ère digitale ne fait que commencer ; tout se trouve encore en chantier – et il est plus facile d’arrêter un chantier que de déconstruire ce qui a été élevé ! Surtout : le nouvel édifice suit un plan d’ensemble qui fait du numérique non seulement l’outil fondamental de ce monde, mais aussi son idéologie ; or, cette idéologie ne réussit à s’imposer que par son absence.

Le numérique est devenu l’outil fondamental de ce monde

L’internet, avec les processus informatiques, logiciels, data centers, câbles, satellites et écrans terminaux qui le constituent, n’est pas qu’un outil beaucoup plus perfectionné que les autres : il est l’infrastructure du nouveau monde en émergence. Il n’est pas anecdotique que nous allions tout récupérer sur le net, depuis notre formulaire de déclaration d’impôts jusqu’à nos billets de train ou de cinéma. Nous obtenons même, via un moteur de recherche, des renseignements sur tel individu inconnu avec lequel nous aurons demain un rendez-vous de travail. Si nous vivons notre vie via le net et si nous en venons à nous espionner les uns les autres, c’est bien parce qu’est disponible un outil qui a modifié nos comportements (1). Nous ne percevons plus de nos semblables ce que notre esprit et nos sens en éveil en induisaient à partir d’apparences physiques ou de traits de caractère ; désormais, nous avons le web, lieu virtuel où l’on nous dit qui est qui. Ce faisant, nous nous trouvons nous-mêmes assignés à transparence, pour prix de la transparence que nous exigeons désormais des autres. Cette révolution, même si elle était la seule apportée par l’internet, serait déjà en soi un saut déterminant dans la réification des rapports entre les humains, en nous constituant chacun comme le flic de notre voisin… et de nous-mêmes, dans un processus généralisé d’autocensure.

La révolution digitale ne s’arrête pas à ce stade, déjà en soi préoccupant. Notre espace proche devient « intelligent », ambient intelligence comme l’on dit désormais (2), ce qui consiste à rendre à chaque instant l’environnement de tout être humain propre à la connexion, de façon que chacun puisse surfer sur le net où qu’il se trouve grâce à son smartphone. Nous ne pouvons plus échapper aux puces RFID ou aux réseaux, wifi, 3 G, 4G, etc., qui nous accompagnent à tout moment où que nous soyons. L’outil internet devient une prothèse au sens fort du terme : nous ne devrions plus pouvoir nous en passer.

Cela fonctionne d’autant mieux que le numérique offre chaque jour une palette de services toujours plus étendue, et se rend de plus en plus utile et nécessaire à chaque instant, jusque dans la possibilité de scanner avec son smartphone un code barre 2D (QR ou datamatrix) afin d’obtenir toutes sortes d’informations sur le paquet de café que l’on envisage d’acheter au moment même où l’on passe devant le rayon « petit déjeuner » du supermarché. Chacun peut d’ailleurs générer ses propres codes barres via internet (3), et participer ainsi à la digitalisation généralisée du monde qui nous entoure…

Le digital comme idéologie

Cet outil devenant si intensément présent dans notre vie quotidienne, il fallait qu’il sécrète sa propre idéologie, le discours de sa nécessité. Cependant, l’idéologie n’a plus bonne presse depuis qu’elle a correspondu à une étape de la construction du capitalisme, étape oubliée au cours de laquelle des idéologies se sont affrontées, faisant vaciller le système à plusieurs reprises ; le capitalisme l’a emporté, mais il distille désormais cette haine de l’idéologie qui n’est pas la moindre de ses contradictions. Car aucun système humain ne semble pouvoir fonctionner sans idéologie le structurant (4).

Est-ce pour combler ce manque qu’Eric Schmidt, le PDG de Google, et Jared Cohen, directeur de Google Ideas, apportent, avec The New Digital Age (5), une contribution majeure à la construction d’une idéologie digitale en en révélant les atouts politiques fondamentaux : contrôle généralisé et apologie de la sécurité comme mode de vie ? L’idéologie digitale apparaît ainsi au grand jour… tout en restant confinée à des cercles spécialisés.

Quelques semaines après la parution de cet ouvrage, Edward Snowden, informaticien ayant travaillé pour la CIA et la National Security Agency américaine, la NSA, révélait l’ampleur gargantuesque (6) de la surveillance planétaire développée par la NSA via son programme Prism, montrant ainsi qu’il fallait bien prendre au sérieux ce que racontent Schmidt et Cohen. Le rôle de la culture numérique aujourd’hui se ramène à une seule facette : sécurité générale absolue, pour le dire dans la langue du pouvoir. Ce que nous traduisons par : servir de paravent « culturel » à une politique de contre-insurrection planétaire.

Ainsi, les dirigeants de Google reconnaissent que l’âge digital va renforcer les capacités de contrôle totalitaire, y compris dans les pays démocratiques qui vont glisser doucement vers des systèmes de plus en plus autoritaires. Schmidt et Cohen vont encore plus loin dans le degré de contrôle-répression que ce dont les États-Unis nous ont donné l’« habitude » ; nous en arrivons à un degré d’autocontrôle qui n’a plus rien à envier aux pires régimes totalitaires du XXe siècle. Ils écrivent ainsi que « les différences entre hackers inoffensifs et dangereux (ou entre hackers et cyberterroristes) sont devenues de plus en plus floues dans l’ère post - 11-Septembre. Des collectifs décentralisés comme les Anonymous démontrent clairement qu’un amas d’individus déterminés qui ne se connaissent pas les uns les autres et ne se sont pas rencontrés en personne peuvent s’organiser eux-mêmes et avoir un impact réel dans l’espace virtuel » (7). Le danger est identifié : l’individu qui se cache. Et la sentence tombe : « Au fur et à mesure que les terroristes développent de nouvelles méthodes, les stratèges de l’antiterrorisme devront s’y adapter. L’emprisonnement ne sera pas suffisant pour contenir un réseau terroriste. Les gouvernements doivent décider, par exemple, qu’il est trop risqué que des citoyens restent « hors ligne », détachés de l’écosystème technologique. Dans le futur comme aujourd’hui, nous pouvons être certains que des individus refuseront d’adopter et d’utiliser la technologie, et ne voudront rien avoir à faire avec des profils virtuels, des bases de données en ligne ou des smartphones. Un gouvernement devra considérer qu’une personne qui n’adhèrera pas du tout à ces technologies a quelque chose à cacher et compte probablement enfreindre la loi, et ce gouvernement devra établir une liste de ces personnes cachées, comme mesure antiterroriste. Si vous n’avez aucun profil social virtuel enregistré ou pas d’abonnement pour un portable, et si vos références en ligne sont inhabituellement difficiles à trouver, alors vous devrez être considéré comme un candidat à l’inscription sur cette liste » (8).

La neutralité devient impossible, et coupable. Telle est la nature profonde de la politique de contre-insurrection, dont la cible n’a jamais été le terroriste ou l’ennemi armé des États-Unis, mais le citoyen ordinaire – le terroriste, l’anarchiste, le révolutionnaire ne sont que des épouvantails brandis afin d’apeurer et de rassembler le troupeau. La méthode, bien qu’éculée, fonctionne toujours ; le citoyen ordinaire accepte une augmentation de sa sécurité pour lutter contre le terrorisme ou la marginalité, et il n’interprète pas cette augmentation de sa sécurité comme une limitation insupportable de sa liberté. Le lien n’apparaît pas puisque la vérité, banale elle aussi, claironne que celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre des autorités. Le système se trouve comme toujours devant deux voies pour contrôler les populations : un contrôle de type « démocratique », ou une contre-insurrection de type fasciste qui aboutit à un transfert du pouvoir à des forces antidémocratiques. La solution a consisté jusque-là à préférer d’abord la première option jusqu’à ce que son échec devienne évident pour la classe dirigeante, qui n’a plus alors qu’à préparer l’opinion afin de l’entraîner vers la seconde option. Voici que Google et la culture digitale apportent une solution nouvelle à cet antique problème, en faisant croire que le fascisme technocratique est aussi démocratique.

Car le contrôle est au cœur de l’idéologie digitale. Antoinette Rouvroy et Thomas Berns parlent de « gouvernementalité algorithmique » (9), et c’est bien de cela dont il s’agit : amasser des montagnes inouïes de données dans de gigantesques data centers ; exploiter ces données immédiatement sur un plan commercial, en traçant des profils types de consommateurs ou de citoyens ; les conserver en vue d’exercer une pression, un contrôle social et policier sur les individus, dont la vie digitale devient première par rapport à la vie réelle sur de très nombreux plans.

La transition vers l’âge digital

Rien n’est joué. Le passage au monde digital tel qu’il s’opère sous nos yeux est révélateur de la décadence, au sens classique du terme, de la démocratie, qui n’existe plus de fait. Des dirigeants d’entreprises privées s’autoproclament leaders du monde, et l’autorité elle-même entre en crise. D’un côté des chefs d’État, dirigeants hiérarchiques, de l’autre des « géants de la pensée digitale », de feu Jobs à Schmidt et Cohen, Jeff Bezos (Amazon) ou Zuckerberg (Facebook), qui tirent leur autorité de leur charisme ou de leur rôle incontesté de leaders. Et si l’on ajoute à cet écartèlement de l’autorité globale entre une hiérarchie inopérante à la tête des États et des leaders francs-tireurs à la tête des Entreprises, l’illusion, chez les peuples, que la démocratie est le seul système souhaitable, alors la situation devient singulièrement complexe pour tous ceux qui prétendent nous diriger. D’autant que les élites autoproclamées ne semblent plus comprendre quel rôle joue la culture dans les sociétés humaines depuis des milliers d’années, et tendent à abolir cette structuration immémoriale du sociétal. Or, les cultures créent et fabriquent sans cesse du lien, en propageant certaines « valeurs » qui permettent à la société de se constituer en tant que telle. Certes, « valeurs » est un mot piégé ; l’on pense ici aux seules valeurs humanistes et émancipatrices, car ce sont celles qui nous permettent de « faire société ». Rien à voir avec les prétendues valeurs communautaristes des réactionnaires de toutes obédiences qui se lamentent sur un passé qui n’a pas su perdurer ; ce passé ayant enfanté ce présent, il est bien évident que nous ne le regrettons pas (10). Mais la transition vers l’ère digitale se fait dans une jungle dont la seule loi est le « chacun pour soi ».

C’est ainsi que les jeunes générations sont « livrées à elles-mêmes », comme disent les réactionnaires passéistes. Elles se trouvent en réalité livrées à la jungle digitale où prédominent les prédateurs. Dans ce nouveau monde en construction, la question politique revient au premier plan, mais la période que nous traversons – et qui pourrait durer, pourquoi pas, des décennies – est caractérisée par l’incompréhension de tous ceux qui ont fait de la politique leur job principal, partis, syndicats, etc., qui n’aperçoivent pas le rôle structurant de cette idéologie absente, l’idéologie digitale. Dans le pire des cas, ils s’y rallient au nom du réalisme, en arguant de lieux communs : la technologie est neutre, et nous, nous en ferons bon usage, et autres « pensées » du même acabit. La véritable question est que l’idéologie digitale structure la jungle de façon telle que ce sont les seuls prédateurs digitaux qui y trouvent leur pitance, et de choix.

La désillusion des premiers penseurs historiques du net, comme Andrew Keen dénonçant le « culte de l’amateur » qui règne sur le web et tue la culture (11), pourrait se dire ainsi : dans l’âge digital émergent, l’absence de contraintes, ressentie par les internautes comme une garantie d’infinie liberté, est le meilleur gage de l’imposition, via les technologies digitales, d’un modèle totalitaire de contrôle social généralisé. Alors que Timothy Leary crut que du chaos émergerait la cyberculture (12), un tout autre phénomène se produit sous nos yeux : du chaos procède un ordre algorithmique totalitaire, négateur de toute culture, digitale ou « classique », humaniste et émancipatrice.

De la profondeur de la jungle digitale naît le Léviathan.

Contact : ph.godard free.fr

Notes 1. La « googlisation » des individus est de plus en plus répandue, et pas seulement chez les recruteurs.

2. Voir à ce propos, par exemple : http://airlab.stanford.edu/

3. Voir par exemple : http://datamatrix.kaywa.com/

4. Lewis Mumford, dans The Myth of the Machine, Harvest/HBJ Books, New York, 1964, a décrypté l’idéologie qui sous-tend la « Mégamachine », même s’il apparaît que personne ne la dirige vraiment et qu’elle est autonome d’une certaine manière. L’idéologie de la Mégamachine n’est de nos jours et en dernière analyse qu’un développement inouï de la cybernétique (Norbert Wiener, The Human Use of Human Beings. Cybernetics and Society, Da Capo Press, 1950), et se concrétise dans la puissance des algorithmes et la vénération que leur vouent les « décideurs » de tous pays.

5. The New Digital Age. Reshaping the Future of People, Nations and Business (« Le Nouvel Âge digital. Refaçonner le futur des peuples, des nations et des affaires »), paru le 23 avril 2013, chez Knopf. Pour un article plus conséquent sur la pensée Schmidt-Cohen, voir http://www.piecesetmaindoeuvre.com/... ou http://contrebande.org/spip.php?art...

6. Le qualificatif est du Guardian, le quotidien anglais qui a publié les premières informations données par Edward Snowden. Notons que ce dernier n’a rien « révélé » : quelques mois plus tôt, Julian Assange, dans son entretien avec Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn et Jérémie Zimmermann, publié sous le titre de Cypherpunks. Freedom and the Future of the Internet, OR Books, 2012, disait déjà, et bien davantage, ce que Snowden « révéla » au grand public...

7. The New Digital Age, p. 163 (traduit par nos soins de l’édition originale en anglais).

8. Ibid., p. 173, c’est nous qui soulignons.

9. Voir Antoinette Rouvroy et Thomas Berns, « Gouvernementalité algorithmique et perspectives d’émancipation. Le disparate comme condition d’individuation par la relation ? », La Découverte, revue Réseaux, 2013/1 n° 177, p. 163-196.

10. Nous nous plaçons nettement dans la perspective exprimée par les éditions de la Roue, qui assument l’idée de « transmettre la mémoire d’un futur qui pourrait être ».

11. Andrew Keen, Le Culte de l’amateur. Comment Internet détruit notre culture, éd. Scali, 2008.

12. Timothy Leary, Chaos et cyberculture, éd. du Lézard, 1998.


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Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

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Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

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Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

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Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

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Ses articles dans le site :
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Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

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Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

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Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
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Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli a collaboré à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance en 2012. Travailleur social de formation, il s’est évertué à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble s’être fort bien passé de ses services. Mirko est décédé en 2016, à l’âge de 35 ans.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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