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Center Parcs dans les Chambarans : utopie ou cauchemar touristique ?
Entretien avec Henri Mora
Par Henri Mora, Rodolphe Christin publié le 28 avril 2013.

L’implantation d’un Center Parcs est à l’étude en Isère, dans la forêt de Chambaran. Une fois n’est pas coutume, ce projet a vu naitre face à lui une opposition déterminée. Entretien avec Henri Mora, opposant de la première heure, auteur du livre "Chambard dans les Chambarans" (éditions Le Monde à l’Envers, 2011).

Rodolphe Christin : Henri Mora, quels sont les enjeux prioritaires du combat que vous menez au sein du collectif Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) ?

Henri Mora : Lorsqu’on s’empare du bout du fil d’une pelote que l’on déroule ensuite, nous sommes loin d’imaginer l’autre bout. Je me suis opposé au départ à ce projet car l’endroit qui avait été choisi par la société Pierre & Vacances, pour réaliser un Center Parcs, était un bois où j’aimais me promener. Ma première réaction fut d’imaginer qu’il ne me serait bientôt plus possible de m’y rendre ; on me volait une partie de mon habitat. Je me suis intéressé ensuite de plus près à la région et au projet, ce qui m’a amené à rencontrer d’autres personnes et à me pencher avec elles sur des questions environnementales et sociales, mais pas seulement. Notre association informelle insista au début sur la destruction, la privatisation et l’artificialisation d’un territoire à des fins mercantiles. Comme les promoteurs du projet mettaient l’accent sur la « haute qualité environnementale » de leur future construction et le nombre d’emplois créés, nous nous sommes alors intéressés davantage à ces questions, pour nous apercevoir, concrètement, de la supercherie du « développement dans le respect de l’environnement » et des mauvaises conditions de travail auxquelles les employés des Center Parcs seraient soumis. Toutes ces réflexions nous ont conduits également vers une interrogation plus générale sur le tourisme ou encore sur « notre » monde, celui qui a rendu possible ce projet, et notamment sur le rôle joué par les associations environnementalistes et les oppositions officielles durant un conflit. Nous menons aussi une réflexion sur le travail, la marchandise et les moyens de sortir de la société industrielle et de l’économie marchande.

RC : Comment est organisée l’opposition au projet de Center Parcs ?

HM : Les Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) ne représentent pas l’opposition dans son ensemble ; ils n’en représentent qu’une partie. Notre engagement contre ce projet se résume à vouloir bousculer ce qui paraissait aller de soi, par des textes, des lettres ouvertes, des affiches et quelques émissions de radio dans lesquels nous développons notre critique. Nous nous attachons davantage à des questions d’ordre général liées au projet, ce qui nous permet de prendre de la distance et de ne pas nous retrouver dans des considérations purement techniciennes. Il s’agit, plus globalement, de comprendre et de dénoncer, comme je le dis dans Chambard dans les Chambarans, « comment dans un monde déjà ravagé par l’économie, le tourisme, l’ensemble des projets d’aménagement du territoire et toutes leurs nécessités fallacieuses d’investir et de travailler sont une aberration ». Il ne nous a pas paru indispensable de nous poser des questions sur la façon de nous organiser : chacun propose de faire ou d’écrire selon ses possibilités et ses propres convictions et s’associera avec qui voudra et pourra, si personne ne s’y oppose catégoriquement. En général les écrits sont corrigés par tous. Si un écrit (tract, lettre ou affiche) est signé par l’ensemble (QoCP), c’est qu’il aura été préalablement corrigé par tous et sera ainsi assumé à l’unanimité. Néanmoins il peut être corrigé de manière à laisser le ou la signataire exprimer librement ses idées (qui pourront être toutefois discutées). Ceci n’empêchant pas chacun d’aider à le distribuer. Mais tout cela s’est mis en place petit à petit, de manière « naturelle », si je puis dire ; sans a priori méthodologique et organisationnel.

RC : Cette opposition est-elle idéologiquement homogène ?

HM : Personnellement, je ne me reconnais dans aucune idéologie : je m’oppose à ce projet en tant que réalité dépendante de conditions historiques précises et réelles et non en me référant à une représentation établie et figée. Mon rapport au monde et à ce qui le détruit reste toujours sensible, conscient et critique. Je ne me considère absolument pas comme un militant, ni comme un activiste : ma manière d’agir et de réfléchir ne sont jamais prédéterminées et répondent toujours à des situations concrètes et sensibles qui auront été estimées préalablement. Dans notre association informelle, il s’agit davantage de cerner le monde contemporain tel qu’il ne va pas et de déceler les illusions réformistes qui l’accompagnent. C’est pourquoi nous avons été plusieurs à quitter l’association officielle « Pour les Chambaran Sans Center Parcs » que nous avions contribuée à créer. Cette association qui s’occupe essentiellement des recours en justice, est restée très influencée par le milieu associatif environnementaliste et écologiste qui ne cherche absolument pas à tirer les conséquences qui s’imposent et préfère s’adapter à l’ordre établi ou l’améliorer.

Dans l’arène politique départementale et régionale, les avis sur le projet de construction du Center Parcs de Roybon sont très partagés et variables : le PS et l’UMP soutiennent le projet, sans retenue. Le Front de Gauche est divisé sur le sujet puisque le Parti de Gauche le dénonce (comme le NPA qui, lui, est totalement opposé à la privatisation des espaces naturels) alors que le PCF y est plutôt favorable (sauf à Beaurepaire et à Sassenage) mais contre les subventions (comme le FN qui, lui, n’est ni pour ni contre le projet). Quant à EELV, il est en général aujourd’hui contre la construction du Center Parcs de Roybon sauf lorsque, pour des raisons électorales, il se trouve obligé de composer avec le PS…

RC : Quels arguments opposez-vous aux promoteurs du projet lorsqu’ils avancent la création de plusieurs centaines d’emplois et des infrastructures construites conformément aux principes du « développement durable » ?

HM : Les promoteurs annoncent la création de 700 emplois dans le Center Parcs de Roybon une fois qu’il serait construit. Mais il s’agirait en fait de 470 emplois équivalents temps plein. La majorité de ces emplois sont prévus pour le nettoyage des bungalows. Cela concernerait 334 personnes qui travailleraient seulement 9h par semaine ; 4h30 les lundis et les vendredis, jours où les « cottages » sont libérés.

Florence Aubenas décrit très bien les conditions épouvantables (au travail et dans la vie quotidienne) des femmes de ménage à temps partiel dans son récit autobiographique, Le Quai de Ouistreham : travail très dur et très physique où il faut un grand courage au quotidien, où l’on passe parfois autant de temps à se déplacer qu’à travailler, où on est humilié, où on se trouve en concurrence entre collègues, où l’on se voit ballotté d’un temps partiel à un autre quand on n’est pas à la recherche de quelques heures à faire pour compléter ses revenus. C’est le genre d’emplois où l’on gagne de l’argent sans vraiment gagner sa vie (on n’a pas vraiment un travail mais seulement des heures). C’est le genre de travail qu’on accepte d’avoir en se disant que ce n’est que provisoire ; c’est le genre d’emploi que l’on ne cherche pas vraiment mais que l’on se voit contraint de faire à défaut.

Depuis que nous nous intéressons à la question, nous avons vu fréquemment des employés travaillant dans des Center Parcs entrer en conflit avec leur direction pour des problèmes de salaires et de conditions de travail et pas seulement dans le nettoyage. Fin juillet 2012 encore, durant un mouvement de grève au Center Parcs du Domaine du lac d’Aillette dans l’Aisne à Laon, on pouvait lire dans un tract distribué à l’entrée du domaine : « Depuis l’ouverture de ce Center Parcs, il y a cinq ans, de graves problèmes de salaires et de conditions de travail subsistent. » Étaient en grève non seulement les employés au nettoyage, mais aussi celles et ceux qui travaillent à la réception, à la maintenance, aux espaces verts, à la location des vélos ou à la surveillance des bassins. Ils se plaignaient de salaires trop bas (1096 euros nets par mois pour ceux qui travaillent à temps pleins), de manque de personnel, de surcharge de travail, de manque de moyens et d’injustice.

On ne peut souhaiter à personne de telles conditions de travail. Il est malhonnête de dire que l’on veut la construction du Center Parcs pour les 700 emplois alors qu’on connaît leurs conditions déplorables. L’association qui s’est créée en soutien au projet, n’est d’ailleurs pas portée par des chômeurs qui réclament ce genre d’emplois.

Dans un capitalisme en crise, les conditions de travail se détériorent. La concurrence impitoyable les tire irrémédiablement vers le bas. Cependant on ne peut réclamer et même revendiquer ce que la réalité brutale de l’économie marchande nous contraint de faire. Les intérêts des promoteurs ne peuvent être les nôtres. Nous avons probablement une alternative à cette continuelle adaptation au monde qui nous gouverne. La revitalisation économique, la compétitivité et le développement durable sont les termes d’un langage qui ne nous appartient pas ; un langage qu’on adapte aux besoins du capitalisme et de la société industrielle en crises. On veut nous faire admettre que la construction d’un Center Parcs n’aurait aucune répercussion environnementale parce que la société Pierre & Vacances travaille en plaçant les questions environnementales au centre de sa réflexion et qu’elle s’est engagée dans la mise en œuvre d’un Plan Environnement, d’une étude d’impact, etc. etc. Nous pouvons bien imaginer que l’impact de ce nouveau Center Parcs soit conforme aux normes en vigueur, néanmoins ce projet nécessite de puiser de l’eau en quantité dans les nappes existantes, de la chauffer pour une partie à 29 ° (dans une bulle chauffée également à 29° toute l’année) et d’en jeter une autre partie dans l’Isère par l’intermédiaire de 27 kilomètres de canalisation à l’aide de pompes et d’une station d’épuration à construire. Il faudrait certainement revoir les infrastructures routières et peut-être ferroviaires, développer l’aéroport de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, etc. Lorsqu’on aurait détruit le bois des Avenières et sa zone humide, ils seraient détruits. Qu’on qualifie la construction du Center Parcs, dans ce bois, de durable, c’est un moyen de cacher ce qui pourrait se faire, de manière à ce que cela soit perçu comme acceptable et accepté. Le développement durable n’est pas moins du développement, c’est-à-dire le moyen de continuer à produire et commercialiser de nouvelles marchandises.

RC : Quelles sont les prochaines échéances ?

HM : Tous les recours juridiques ont été rejetés. Néanmoins, il reste le dossier sur l’eau et la compensation des 60 hectares d’une zone humide qui seraient détruits si Pierre & Vacances s’installait dans le bois des Avenières. L’administration a une manière très surprenante de gérer les problèmes environnementaux. Elle reconnait le rôle primordial des zones humides qui permettent notamment la recharge des nappes phréatiques, la régulation des crues, l’épuration de l’eau et donc sa qualité. Et malgré leur importance pour la biodiversité et le climat, la loi sur l’eau ne prévoit pas de les protéger. En effet elle prévoit seulement de compenser leur destruction en en créant ou restaurant d’autres du double de leur surface. Cela laisse croire que cette compensation devrait doubler l’étendue des zones humides. Mais la réalité est bien différente : la seule compensation possible est la protection de zones humides existantes car on ne peut créer raisonnablement de la nature de manière artificielle. Somme toute, il s’agit paradoxalement d’une loi de protection de la nature qui néanmoins autorise la destruction de zones humides existantes !

La société Pierre & Vacances avait trouvé jusque là pour compenser ce qu’elle détruirait, seulement la moitié des 120 ha de zones humides qu’elle a le devoir de protéger dans le département si elle installait son Center Parcs dans les Chambarans. Néanmoins, nous restons vigilants, car les lois peuvent très bien s’adapter sous la pression d’une économie en crise et admettre la destruction de ce territoire pour continuer à faire tourner la machine… André Vallini, sénateur, président du Conseil général de l’Isère et homme de loi qui avait été pressenti comme ministre de la justice du gouvernement actuel, n’avait-il pas dit à la tribune durant le rassemblement des pro-Centers Parcs à Roybon l’été dernier : « si les choses s’étaient passées normalement, je dis bien normalement [il entendait par là sans les recours juridiques et la loi sur l’eau], ce soir nous inaugurerions Center Parcs » ? Il avait d’ailleurs ajouté : « les entreprises de bâtiment ont des problèmes en ce moment de carnets de commandes, nous faisons ce que nous pouvons au Conseil général, pour les travaux publics avec les routes, pour le bâtiment avec les collèges ». Pour Monsieur Vallini, la réalité économique doit pouvoir s’imposer au-dessus des lois et des considérations environnementales. Le maire de Roybon, Monsieur Bachasson, a souligné dans une interview qu’il a accordée à la télévision régionale le 5 avril 2013 que les formalités de la loi sur l’eau « vont être enclenchées dans les semaines qui viennent » et qu’elles permettront de commencer les travaux en 2014. Mais Monsieur Bachasson n’a pas été très bavard sur la manière de compenser les 60 ha de zone humide qui seraient détruits et il s’est singulièrement abstenu de parler du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) qui aujourd’hui préconise aux financeurs publics de ne plus financer les projets portant atteinte directement ou indirectement à des zones humides…

gabriel meunier
3 décembre 2014

Bonjour je viens d’acheter votre livre "Chambard dans les chambarans". N’ayant pas trouvé l’adresse de l’auteur, j’utilise votre blog pour le joindre. Au delà de l’engagement contre cette c..de parc, je tiens à vous exprimer mon soutien sur la perspective philosophique plus large dans laquelle vous situez cette folie. Bravo ; et si je peux divulguer vos engagements, je le ferai chaque fois.

PS j’habite non loin d’Arandon et je suis révolté contre l’omerta dans laquelle nos chers élus adorent se baigner, en attendant la piscine chaude avec cris d’oiseaux virtuels.

Dans un autre ordre d’idées, j’ai rédigé un "Petit abécédaire pour l’environnement", qui d’emblée se veut critique, humoristique et poétique. Il est surtout agrémenté de photos de mon cru. Si cela intéresse votre maison d’édition, je vous le communique contre 0 €.

Bonne chance et courage à tous !

www.galerimaginaire.org et www.Images-4D.org


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Etienne Rodin est consultant. Il intervient auprès d’organisations publiques et privées sur des questions liées aux conditions de travail. Il est l’auteur de L’Horreur managériale (2011) chez les éditions L’Echappée.

Luc Renaud

Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

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Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

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H.D. Alianel

H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

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Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

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Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

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Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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