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Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/2
Par Philippe Godard publié le 27 mars 2013.

Et si nous disions que oui, cet instinct qui est nôtre, nous l’avons acquis à la Marge !

À la Marge alors que le Consensus prétend étendre son empire jusque dans les têtes – comme toujours dans l’Histoire mais avec de nouveaux moyens. Or nous prétendons que le rapport enfants-adultes n’est pas celui que l’on croit. Nous sommes dangereux pour le Consensus par voie de conséquence. Car nous voulons être insoumis, peaux-rouges, francs-tireurs, partisans, rebelles… Et de la théorie, en ces domaines-là, il y en a, et nous allons en faire usage.

Précisons d’abord : le Forum n’est en rien lieu d’endoctrinement. Ce que ne comprennent pas les rebelles à label, léninistes de la pédagogie, idéologues de l’enfance, qui ne peuvent envisager qu’on ne réunisse des enfants que dans le but de ne « rien » leur dire, mais de les écouter dire, et que leur liberté va naître de ce rien, parce que ce rien est la condition pour que la liberté de chacun soit enfin la prolongation de celle de tous les autres.

Les autres ne sont pour moi qu’autant que je suis pour eux. Ou comme disait Camus : « Je me révolte, donc nous sommes. » Autre phrase fondamentale de ce retracé de cette tentative-là. « Nous sommes », nous tous ou aucun. Et l’espace d’une heure, chaque vendredi, dans ce Forum ces élèves et nous, nous sommes chacun en révolte parce que nous sommes dans un univers qui ne nous en donne pas souvent – jamais ? – l’occasion.

Que l’Institution ait ou non à bien se tenir n’est que le cadet de nos soucis. Nous sommes bien au-delà de ces contingences. Nous ne cherchons pas à la détruire, ni à œuvrer à sa conservation. Car, à ce moment-là, nous sommes au-delà. Nous sommes le monde, à ce moment-là. Et c’est parce que nous avons choisi de l’être, à ce moment-là, en révolte chacun contre ce que le Consensus attendrait de nous, que tout cela fonctionne. Et que la liberté devient magistrale parce que rien d’autre n’en est le but que ce « NOUS SOMMES ».

Dans la revue Autrement consacrée en 1976 au travail de Fernand Deligny dans les Cévennes, Félix Guattari écrit : « Ce n’est pas que je crois à la spontanéité… tels qu’ils sont scolarisés, les enfants n’ont rien d’extraordinaire à dire : ils sont écrasés… l’innovation n’est pas anarchiste. » Les enfants n’ont RIEN d’extraordinaire à dire ! Phrase inouïe, parce qu’elle provient d’un « penseur » de la modernité parmi les plus avancés. Et qui plus est : « tels qu’ils sont scolarisés », comme si les Guattari et consorts n’avaient pas eux aussi été scolarisés dans des Institutions, et vraisemblablement tout aussi répressives que l’École d’aujourd’hui. Or c’est un fait que l’École produit de la contestation et pas uniquement de l’adaptation ! Beaucoup de Consensus et un peu de Marge.

Le pari qui est nôtre – et s’il n’est pas « leur », c’est parce que la différence entre les trois adultes qui le portent est que nous avons une expérience qu’ils n’ont forcément pas, celle de l’Institution – est : ces enfants-là, comme tous les enfants, ont à dire à qui sait les écouter. Et ce n’est pas RIEN qu’ils disent. Ils agissent, dans leur Institution, avec les deux adultes qui assistent, participent mais ne décident de rien, pas même du thème dont ils parlent avec eux. Et c’est parce que nous ne disons rien ou pas plus qu’eux que nous nous situons dans la révolte dont parle Camus : nous n’avons pour seule ambition que de former un « nous sommes ». Ambition démesurée ! Bien sûr, cette révolte n’est pas politique au sens traditionnel du terme – mais que veut-il dire ce sens traditionnel qui nomme Révolution un ignoble coupage de têtes généralisé et l’accession de l’hypocrisie au sommet du pouvoir, non seulement en France mais comme référence pour toute l’humanité ? Politique, ne l’est-elle pas, et révolutionnaire qui plus est, en bouleversant (révolution !) le rapport apprenant-enseigné ? Non pas que les adultes se transforment en élèves des élèves dans un rapport hégélien qui n’est que fumée sur le réel – fumisterie intellectuelle. Le véritable renversement est plutôt que, dans ce Forum, tout le monde apprend de chacun, tous enseignent à tous. Ce qui forme ce « nous sommes ».

Et si les deux adultes donnent des informations ou précisent des faits historiques, des définitions du dictionnaire, des statistiques dont ils ont eu vent, c’est sur le même plan que les enfants disent ce qu’ils savent eux. Et nous n’en parlons pas de cette constitution d’un NOUS en révolte, car cela reviendrait à plaquer un discours et entraînerait à nous conformer – ou non – à cette idée. Nous faisons tout autre chose : nous agissons ce renversement d’un rapport hiérarchique, non pas en inversant la hiérarchie mais en l’abolissant.

Nous n’innovons rien. Nous ne faisons que retrouver – et pas réinventer – un rapport vieux comme le monde. L’anarchie, au sens de l’absence de pouvoir, de société sans État, est précisément ce que nous vivons là. Mais bien sûr, nous ne pouvons le dire et ne voulons surtout pas le dire, ce serait abolition du moment MAGIQUE qu’est la négation de la hiérarchie, l’oubli de toute hiérarchie. L’abolition de la hiérarchie est tellement plus intense que son renversement sur les modes léniniste (« Le prolétariat balayera la dictature de la bourgeoisie et lui imposera sa propre dictature ») ou christique (« Les premiers seront les derniers et les derniers les premiers »). Nous n’avons pas même besoin de lire La Boétie : nous agissons l’abolition de la servitude volontaire. Une absence de hiérarchie ne se décrète pas ; ça se vit. Ça ne se dit pas non plus entre nous – il n’en est nul besoin. Nous n’innovons rien. Nous ne faisons que nous débarrasser des épaisseurs accumulées de préjugés, surmoi, façons de faire, idéologies du paraître, et sommes comme ces Sauvages – dans le sens positif que donnaient à ce mot les ethnologues des années 1960-1980 – qui vivent un « nous sommes ». Nous formons, de façon temporaire, un « nous sommes » d’avant le Malencontre. Hors la Mauvaise Rencontre des humains avec le Pouvoir.

Nous n’oublions pas que les humains ont toujours – pour une fois, on peut (hélas !) le dire – cherché à se distinguer des autres. Ils ont inscrit cette distinction dans leurs langues : Bantous, Inuit, Francs, Roms, « Hommes du Milieu » (Chinois), tous ces termes ne désignent comme humains que ceux qui font partie du groupe des locuteurs de la langue. À l’exclusion, donc, de ceux qui ne savent que « pépier comme les oiseaux », comme le dit Eschyle. Les Autres sont des Barbares ; le mot « barbare » lui-même fustige le bégaiement (de même que Tartare ou Hottentot, tous termes péjoratifs à l’encontre des Autres). Nous, « nous (sommes) les (seuls) hommes », disent les Hommes. Au Forum, nous en sommes bien plus loin : notre « nous sommes » n’est absolument pas exclusif. En ce sens, il met en actes, de façon limitée dans le temps, la liberté comme en parle Bakounine.

La différence fondamentale avec les Sauvages : ils vivaient dans un état de nature ; nous survivons dans un État immature, qui n’est pas près de dépérir, donc, et qui résiste de toutes Ses forces, S’arc-boute, écrase, opprime, pour qu’Il survive Lui, même au prix de ceux qui Le constituent, ce Léviathan moderne. Le quartier où se situe ce collège en est la marque, bouc-émissaire des temps modernes. Conséquence : nous ne vivons ce « nous sommes » qu’une seule heure par semaine. Pari : qu’un beau jour – lorsque nous ne formerons plus ce « nous sommes » parce que nous aurons grandi et serons partis –, cette heure où l’agir l’emporte sur le paraître et le dire soit théorisée et remise en pratique par chacun, avec leurs propres enfants, avec les enfants d’autres, en prolongation de la façon dont nous, adultes, l’agissons en ce Forum.

Les enfants n’ont rien d’extraordinaire à dire ? Ils ont une vie à vivre, et ce n’est pas rien. En parler est la chose du monde la plus complexe – et la plus inutile, car personne ne sait parler de ce qu’il vit au plus profond de lui si ce qu’il vit est ce « nous sommes » dont Camus résume en une formule magnifique le sens de révolte. Pour en arriver là, Camus dénonce le plus énorme mensonge politique jamais accompli, la Révolution française, à travers la figure de Saint-Just, dont il analyse la pensée et l’action politiques dans L’Homme révolté. Mais Camus non plus ne peut rien dire de ce « nous sommes » qu’il ne sait que caractériser : nous ne « sommes » que dans la révolte ensemble, pas dans le langage, pas dans le dire ni dans l’écrire. Le Forum n’est pas révolte qu’aux yeux éblouis par le spectacle du Pouvoir. Pour qui regarde par-delà bien et mal, par-delà conventions et apparences, il est pur acte de révolte. Sans mort ni aucune violence.

Est-il extensible ? Généralisable ? Donc politique en dernière instance ? Question à laquelle nous refusons de répondre davantage parce que nous ne voulons qu’une seule réponse : agir ce Forum, et en ce sens, la réponse est oui, il est politique. Ou alors nous ne ferions qu’en disserter sans conséquence – sans agir à la clé. La spontanéité dont parle encore Guattari ? Au moins dire ceci : ce n’est pas parce qu’on est écrasés que la spontanéité est tuée. N’est-ce pas la conscience d’un écrasement qui fait bouger les lignes ? Le véritable enjeu n’est-il pas dans le processus de cette conscience de cet écrasement-là, qui, politique, lui, l’est sans aucun doute, mais écrasement politique si bien huilé qu’il fait oublier qu’il est avant tout politique – donc expression du Pouvoir ? Anarchiste, dit encore Guattari. Mais si : si innovation il y avait – mais il n’y a pas, seulement fouille archéologique jusqu’au monde des Sauvages, qui est peut-être bien davantage politique que le politique auquel pouvait penser Guattari ! –, elle serait et ne pourrait être qu’anarchiste car en agir contre le Pouvoir – qui n’en peut plus de digérer les innovations, de les réduire à n’être que paroles creuses, à les coincer dans ces livres de sciences humaines qui ne disent que pour ne pas faire, que pour distiller à l’envi des polémiques insensées qui broient l’individu et nient tout agir potentiel. Marge hors du Consensus, qui vit sans même plus se préoccuper de lui.

*

Nous ne nous pensons pas dans l’exclusion, bien au contraire. Nous ne sommes ni Bantous, ni Roms, ni Francs, ni Hommes du Milieu contre les Autres, par notre différenciation des Autres. Nous sommes en expansion, comme un univers qui voudrait embrasser absolument toutes les étoiles. Les enfants sont ces étoiles qui pâlissent parfois sous les coups de règles, des règles édictées et établies, trop nombreuses disent-ils. Nous n’en avons aucune au Forum, ou alors juste : communiquer – ce qui implique de l’écoute et de la parole, d’abolir toute hiérarchie, sans but.

Ce « nous sommes » se constitue sur une base que l’on pourrait dire Vide au sens des taoïstes (« Le vrai classique du Vide parfait ») ou Rien au sens de Stirner, quand il proclame, à la fin de L’Unique : « Je n’ai fondé ma cause sur Rien. » Car ce Rien-là, ce Vide-là, ne l’est, rien et vide, que pour le système en dehors duquel il se place. Pour nous, ce que le système désigne par rien est tout simplement tout : la Vie en commun. Dans son sens le plus plein, et non limité à l’existence physiologique.

Ce n’est pas nous qui avons fait de la Vie quelque entité ou penser subversive. Notre vie est penser – et surtout pas pensée – et agir, et c’est ainsi que « Nous devenons ce que nous sommes », autre façon de caractériser ce « nous sommes » de ce Forum. Et ce n’est pas là non plus un hasard si nous empruntons à Nietzsche cette maxime : nous ne sommes pas rien, nous devenons. Un point c’est tout. Tandis qu’en face, ON voudrait que nous ne soyons que pour le Système, que nous le servions volontairement. Cela ne nous intéresse pas. Même si nous en touchions quelques récompenses, quelques avantages – qui ne sont même plus (bien mal) acquis.

L’essentiel peut se dire ainsi : Nous partons de Rien, ce qui signifie que nous n’avons aucun programme et n’en élaborons aucun. Comment se fait-il alors que nous en arrivions sans effort à un « nous sommes » qui ne s’établit pas contre les Autres ? Tout simplement parce que le Pouvoir est une immense tromperie, et que si nous luttons, ce n’est que pour une seule chose : contre l’apparition du Pouvoir. Nous devons lutter à chaque instant. Il n’est pas facile de nous désintoxiquer. Le bâton de parole, le silence quand l’un de nous parle, sont notre mode de lutter contre l’apparition du pouvoir, le pouvoir du langage étant la première et la plus redoutable de toutes les formes du Pouvoir.

« L’histoire des peuples sans histoire, c’est l’histoire de leur lutte contre l’État », disait Pierre Clastres en conclusion de La Société contre l’État. Il semble que nous puissions vérifier son assertion, dans cette tension contre l’apparition du Pouvoir parmi nous, qui nous constitue en un « nous sommes » temporaire.


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Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

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Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

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Elisée Personne est un pseudonyme.

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Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

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Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

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Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

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Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

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Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

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Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
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Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

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Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

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Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

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Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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