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Deuxième dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes (mars 2013)
Par Anonyme publié le 22 mars 2013.

De loin : À t’entendre, c’est comme s’il n’y avait plus que NDDL et la Zad qui comptent. Plus rien d’autre n’aurait d’importance… Ce n’est après tout qu’une opposition à un projet d’aéroport !

De près  : Ah ! tu en es encore là ! Tu as sûrement noté que Nantes devient, en tant que ville du Premier ministre sous projecteurs médiatiques, l’épicentre où des contradictions sociales ne peuvent plus être refoulées. Comme si les souffrances devaient s’y exposer en priorité : chômeur qui s’immole, père privé d’enfant… et l’épineuse Zad. Mais là rien de comparable, car on est passé de l’opposition résolue à l’aéroport à la réoccupation des terres, ce qui permet des ébauches de vie autre sans aucun rapport avec la figure obligée de la Victime, de ses plaintes et de ses demandes à l’État.

De loin : Certes, mais la réoccupation de la Zad n’est pas non plus un modèle à dupliquer pour sortir du bourbier historique où nous sommes ; même si, vu cet hiver, on y est devenu habile en procédés de toutes sortes pour faire "avec" un bourbier grandiose !

De près : Qui vient ici sans idée préconçue décèlera vite, sous la boue et les images toutes faites, qu’il se passe quelque chose : la recherche, qui peut paraître inouïe, d’une sortie de l’Économie et de ses paramètres délirants… où la vie sociale qui germe pourrait laisser libre cours au face-à-face entre individus, joies et difficultés y apparaissant pour elles-mêmes. En quelque sorte, commencer… enfin !

De loin : À t’entendre, « ça commencerait »… mais quoi ? J’ai lu 2 ou 3 textes illustratifs de ce que la réoccupation a suscité de réflexions, mais aucun ne se donne une quelconque perspective historique. Je reconnais la qualité de ce qui se construit, mais le mouvement risque de perdre consistance s’il ne sait pas créer son propre langage.

De près : C’est pourquoi il faut reprendre la situation en amont, pour constituer en marchant le langage que tu évoques. On part de très bas, pas tant ici, que dans la perte universelle de goût à définir les situations pour mieux les subvertir. La Zad, avec ce qui s’y exprime d’expérimentation joyeuse mais aussi de frictions, devient l’aune avec quoi mesurer, à l’inverse, la désolation des populations maintenues dans la dépendance. Entre la vitalité de ceux qui n’attendent plus rien du système et qui expérimentent des voies incertaines de sortie et la dépendance dépressive au Pôle emploi, entre la Beaujoire et la Châtaigneraie, comme on dit « il n’y a pas photo ». Longtemps après l’attaque étatique d’octobre, du fait de la force des réseaux de lutte, une expérience étrange s’est vécue, celle de ne pas avoir à se préoccuper de l’approvisionnement… C’est comme si le travail n’existait plus…

De loin : J’entends : « c’est comme si », rien de plus artificiel au fond !

De près  : Je t’en prie, essaye de considérer le verre à moitié plein. C’est à la faveur d’une telle situation que s’initie une certaine vie en société qui rend l’air léger et les efforts faciles - que l’on ne peut réduire à la seule euphorie d’une lutte à son commencement. La ténacité pour construire des plateformes dans les arbres, pour charrier du bois d’œuvre loin des chemins, ou creuser à la pioche des tranchées dans les routes, démontre qu’on peut détester l’embrigadement dans le travail et néanmoins être dur à la tâche.

De loin : D’accord, mais dans un territoire somme toute réduit, avec relativement peu d’habitants. Et ce n’est pas surprenant : comment voudrait-on que des populations, qui vivent en permanence sous une avalanche de nouvelles toutes plus effarantes les unes que les autres, puissent acquérir la force et le goût de provoquer par elles-mêmes des situations inédites, ou d’y être attirées ?

De près : Cette sidération est répandue bien au-delà de la souffrance des lieux de travail. L’individu – si on peut encore lui donner ce nom - s’incrimine lui-même d’être en faute tout le temps, de ne pas être à la hauteur, de se sentir en retard vis-à-vis du déferlement technologique ; il lui est requis d’en faire toujours un peu plus ; on lui rappelle combien c’est son existence qui est finalement redevable au monde tel qu’il est… Cette saturation inhibe toute divergence de l’imaginaire puisque l’individu dépressif a fait le deuil de ses capacités d’improvisation et d’invention. C’est pour cela que, si réduite qu’elle apparaisse, l’expérience pétillante menée à la Zad a un caractère universel.

De loin : Foutaise ! pour qui ? Ce contre exemple de la Zad ne semble malheureusement parlant qu’à ceux qui ont déjà rompu avec l’hypnose du tempo d’enfer de la Machine-monde. À ce compte, l’État ne craint pas la contagion à la majorité de la population. Mais peut-il rester dans l’attentisme et laisser entendre à une foule de minorités qu’il leur est loisible de multiplier les zads ? Il est vrai, sa marge de manœuvre est étroite : s’il attaque trop tôt, la mobilisation nationale pourrait se réveiller rapidement – en témoigne ce roulement continu de délégations des régions qui se succèdent chaque semaine pour prendre en charge la vie sur la Châtaigneraie ; et s’il attaque trop tard, ce sera lui qui passera pour le "casseur" des réalisations créées sur place : constructions, mise en culture, solidarité sociale. À la charnière des deux, le tout début d’avril est une période à risque : fin de la trêve hivernale, fin de la commission de pseudo-dialogue… et les paysans auront besoin de leurs tracteurs. L’État prendrait ainsi les devants et mettrait le paquet pour empêcher une occupation concrète et à plus long terme des terres reprises sur la Zad à la multinationale VINCI.

De près : Pour l’instant, l’État en est réduit à faire la publicité d’une lettre de riverains contre l’aéroport pourvu qu’ils soient encore davantage contre les "anarcho-autonomes". Dans Ouest France, ou bien le ton se durcit contre les jeunes occupants de la Zad, ou c’est le silence, ce qui peut pousser des initiatives vers "l’événementiel" pour réapparaître dans l’actualité. Sur le terrain, le dispositif policier – ou "militaire", selon l’expression d’un gradé – excelle à rendre la vie quotidienne et le moindre déplacement insupportables aux résidents de façon à susciter chez quelques-uns le désir d’un soulagement à tout prix.

De loin : À voir si cet attentisme étatique ne constituerait pas une subtile rouerie laissant la "mouvance" activiste se concentrer là pour mieux lui casser les reins. Rappelle-toi la reprise en main dans l’Italie des années 80, qui terrassa le gauchisme armé, et, dans la foulée, toute une génération rebelle. En France, le ministre de l’Intérieur a le même ami-conseiller, obsédé en la matière, que ses prédécesseurs du bord politicien opposé. On peut leur faire confiance pour démontrer que l’État montre son vrai visage sitôt qu’un conflit dure.

De près : Face au pire dont tu parles, les barricades si impressionnantes soient-elles seraient une barrière bien fragile. Sur un autre plan, les réticences de la Commission européenne sur l’Ayraulport ou les scrupules tout récents du président de la commission du pseudo-dialogue doivent rappeler que les arguties juridiques n’avalisent jamais que des rapports de force. C’est pourquoi l’attention doit bien davantage se tourner vers la prochaine extension de la ré-occupation à partir du 13 avril. Le débat quant à la remise en culture des terres expropriées pour VINCI est passionnant, très concret, fondé sur des projets collectifs : imagine que ce commencement de communisation des terres soit pris au sérieux, s’étende, apparaisse comme une solution praticable aux maux qu’engendre cette société, par exemple celui de l’actuel forcing solitaire de l’exploitant agricole. Que se propage un souffle commun de soustraire les terres à la voracité bétonneuse : n’est-ce pas là une occasion en or - connais-tu le vers de Baudelaire : « J’ai pétri de la boue… » - d’expérimenter une agriculture débarrassée des diktats de la rentabilité et hors des modèles, tous plus ou moins discutables, y compris le bio avec sa pathologie du label et son acceptation de la traçabilité ?

De loin  : Quel écho formidable à la tentative au XVIIème siècle des Diggers (« bêcheurs »), anglais qui remirent en culture des terres communes confisquées par des châtelains. Ils n’étaient qu’une poignée pour commencer, construisirent aussi des maisons de bois, devinrent des centaines, proclamèrent le communisme avant d’être défaits par les milices privées des gros propriétaires. Mémoire de paysan vaut science de capitaine. Nos amis occupants devraient aussi cultiver la mémoire historique. On leur brandit le miroir du Larzac. Déjà le Val de Suse a plus de parenté ; mais d’autres luttes, échecs ou semi-réussites, pourraient donner quelques indications : l’opposition à l’extension de l’aéroport de Frankfurt (Kein startbahnwest  ! 1982), et celle au projet de barrage sur la Loire à Serre de la Fare en 1989, par exemple.

De près : Eh, au loin !… au lieu de réviser vos classiques, vous feriez bien de penser au présent, d’ameuter tous les copains et au-delà pour cette remise en culture des terres ; même si à l’évidence on ne peut pas semer à 30000, et encore moins danser sur les champs ( !), l’occasion sera bonne d’échanger semences, savoir-faire – toujours remettre au goût du jour… et du surlendemain ( !) la traction animale -, plants, publications. Et continuer à discuter des perspectives… Une vraie fête de printemps !

De loin : La volonté de réappropriation collective de la terre pour produire la nourriture se dégagerait-elle enfin comme stratégie discutée et décidée ensemble  ? ou bien en restera-t-on - ce qui n’a d’ailleurs pas si mal réussi jusque là -, à des formes d’action qui se complètent sans avoir besoin de se coordonner ?

De près : Cette coordination se constitue, ne serait-ce que pour la mise en commun des outils et l’identification des parcelles à cultiver. C’était l’objet des discussions du 9 mars. Tu vois que l’absence initiale de schéma n’était pas un obstacle mais une chance…

De loin : …tant que ne s’étaient pas incrustés, comme autant de sphères étanches, des groupes seulement tenus par des causes érigées (et du même coup dégradées) en systèmes, en idéologies (gauchisme classique et borné, antispécisme, antisexisme…).

De près  : C’est assez inévitable et légitime de voir débarquer diverses formes de contestation radicale en un lieu si ouvert. Mais le problème, c’est que quelques-unes sont fermées à ce qui s’expérimente ici. Pire, leurs grilles de lecture et procédés discriminants désintègrent la bienveillance et, en lieu et place de s’inspirer de la diversité des pratiques, elles les plombent : ce n’est certainement pas par la suspicion et le flicage des paroles qu’on ouvre des possibilités communes.

De loin : Ce qui est excessif devient dérisoire : ainsi la façon avec laquelle les professionnelles de l’anti-sexisme ont discrédité la belle journée de réoccupation du 17 novembre, et les suivantes, en n’y voyant que sexisme et homophobie. Ce qui n’est pas rassurant, les idéologues d’une cause honorable en étant ses plus zélés destructeurs : le stalinisme avec le communisme, les antispécistes avec la critique nécessaire de la domination féroce de la société sur les animaux - mais le bocage est justement le vestige d’un âge de l’élevage sans la cruauté industrielle -, les antisexistes avec le décryptage des ressorts de la servitude volontaire. Heureusement, toutes les vues schématiques ont une fin : Personne n’imaginait que l’on vivrait ce dépassement de la classique division violence/non-violence : et pourtant !

De près : Pour peu que tout le monde vienne à NDDL avec le désir de découvrir et non avec la prétention d’en détenir la clé providentielle, ce bouillonnement entre sensibilités diverses mènera à une belle composition de forces. Le mouvement devient assez fort et imaginatif pour ne pas être parasité par les procédés de celles et ceux qui se cramponnent à leurs marottes. Des tendances ou groupes différents ont incarné successivement sa force motrice : après l’opposition radicale des Habitants qui résistent, puis des zadistes de la première heure qui soutinrent le choc de l’attaque étatique d’octobre 2012, c’est au tour du Collectif d’Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport (COPAIN 44) d’entraîner la dynamique par leur réactivité et leur connaissance précise des rapports de force sur le terrain. Après avoir défendu la Châtaigneraie, ce qu’ils organisent autour de la ferme de Bellevue, réoccupée et sauvée de justesse, est remarquable de finesse stratégique. Ils œuvrent maintenant pour l’offensive du 13 avril « Sème ta zad » : « … les paysans du COPAIN 44 veulent réaffirmer que tout en gardant en objectif prioritaire l’abandon du projet d’aéroport, les occupations, comme à Bellevue, et les opérations de mise en culture des terres libérées, sont autant d’occasions de revendiquer une autre conception du développement de notre société ». Le silence médiatique à leur endroit est éloquent : on ne parvient pas à leur coller une image, puisque c’est surtout le lien qu’ils ont créé entre eux qui leur donne cette vitalité paysanne.

De loin : Et si l’aéroport ne se fait pas ? C’est après la victoire qu’a lieu le combat ?

De près  : Quelle occupation des terres voulons-nous et pour quoi faire, en évitant les pièges symétriques du zadisme ou de l’économie citoyenne ? Certains occupants en viennent à répudier l’étiquette de « zadiste », cette couverture facile, ce label au nom de quoi "on" se croirait n’avoir plus de compte à rendre à personne… Ne dit-on pas que certain.es ont un rapport de consommation aux situations conflictuelles… ? Tout ce qui enfle doit être dégonflé !

De loin : Toujours s’insinue le mécanisme pervers de la délégation : quelques zadistes se prendraient-ils pour des éco-warriors, qui occuperaient pour les autres, empêtrés, eux, dans leurs emplois du temps privés ? Se faire reconnaître ce mérite, être admiré sans réserve, fantassin de la résistance à qui on est redevable de "tenir le front", c’est tentant…

De près : En fait, très peu d’occupants « se la jouent ». À ce mélange de caractère joyeux et insouciant et de gravité, on voit l’importance de ce qui est en cours dans le bocage.

De loin  : Il est vrai que le « zadiste » c’est un peu le cauchemar de la Gestion, sur quoi elle essaie de superposer le qualificatif « d’anarcho-autonome » : une génération qui n’attend plus rien, pratique le génie de la récup’ et de la débrouille, se faufile dans les réseaux d’affinités, tantôt nomade, tantôt sédentarisé. D’un certain côté, c’est l’émergence d’un sujet politique qui hait la politique séparée ; même si ce sont seulement quelques milliers d’individus qui viennent à tour de rôle à NDDL, une certaine frange de la population correspond à ce profil. Le comble avec le zadiste, c’est la marge projetée au centre de la guerre sociale, et qui ne migre pas aux premières salves de grenades lacrymogènes. C’est le nomade qui s’attache parce que rien de plus urgent ne le retient ailleurs.

De près : C’est son rapport au devenir historique de la société qui lui donne sa force, et cette société aurait bien tort de la traiter comme une négligeable particularité rebelle alors que c’est ce qu’elle contient de plus vrai à communiquer au reste du monde : sans surestimer la force puisée dans l’autonomie à la marge, c’est quand même mieux que de rester dans une dépendance dépressive aux élus, aux médias, à la courbe de la croissance… et ça prépare certainement davantage aux secousses successives de l’effondrement social qui commence !

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Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

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Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

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Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

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Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

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Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

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Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

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Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

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Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :