>
contrebande.org

des idées derrière la tête

A lire aussi :

L’apocalypse du Capital

Vivre et travailler en montagne

Offrir un livre au monde

Comment ne pas être un mouton de la croissance ?

Le tout-numérique à l’école : iPads et iPocrisie

Center Parcs : L’enfer au paradis ?

Je suis athée et n’emmerde personne

Excuse n°13

Venise, une ville en état de siège permanent

Parution de L’USURE DU MONDE, critique de la déraison touristique. Editions L’Echappée, 2014.

Excuse n°12

Excuse n°11

Parution de Après le MONDE

Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/2

No Border Art

Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes/1

Dans la JUNGLE DIGITALE

Excuse n°10

Comme un DESPERADO/3

ECHAPPER au « nouvel âge DIGITAL » ?

Comme un DESPERADO/2

Excuse n°9

Les GRANDS projets INUTILES et le travail ANTISOCIAL

Center Parcs dans les Chambarans : utopie ou cauchemar touristique ?

Dans le VENTRE des MÈRES

Comme un DESPERADO/1

Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/2

Deuxième dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes (mars 2013)

Tentative d’un « NOUS SOMMES » temporaire/1

Excuse n°8

Comment se rendre intéressant/6

Comment se rendre intéressant/5

Dialogue à propos de Notre-Dame-des-Landes

Comment se rendre intéressant/4

Comment se rendre intéressant/3

Comment se rendre intéressant/2

Comment se rendre intéressant

L’Aventure à la lettre

La Théorie du Revolver

Excuse n°7

Excuse n° 6

Parution de MOINS !

TOILE,7

Les ATTARDOpithèques et le NUCLÉAIRE

Excuse n°5

La tentation NIHILISTE

Vive l’IGNORANCE !

TOURISME, l’industrie de l’EVASION

TOILE, 6

L’édition pour la jeunesse et le numérique : une transition déjà perdue !

Excuse n°4

Hubert-Félix Thiéfaine, la poésie du CHAOS

WIKIOCEANS, Réunir les AMOUREUX de la MER

TOILE, 5

Excuse n°3

L’INTERCULTURALITÉ sur le GRILL

Excuse n°2

TOILE, 4

TOILE, 3

TOILE, 2

TOILE, 1

EN CHEMIN, TOUJOURS

La relation "ENCHANTÉE" du TOURISME SEXUEL

Apogée ou déclin de la MÉGAMACHINE ?

Excuse n°1

ROLLING STONES, sur la ROUTE des pierres qui ROULENT, encore...

Sauve

L’ILLUSION NUMÉRIQUE

Michel HOUELLEBECQ, Opera TOURISTICA

CAP

QUÉBEC INDIEN

Le MANAGEMENT ou le degré zéro de la POLITIQUE

DISPARU

CONTREBANDE, des idées derrière la tête

Accueil > Chaologie > Traverses > La MÉCRÉANCE passive au cœur de la CRISE de l’ÉCOLE
La MÉCRÉANCE passive au cœur de la CRISE de l’ÉCOLE
Par Philippe Godard publié le 11 février 2013.

« Mécréance passive » : l’expression est de Fernand Deligny. Il l’appliqua à ces médecins, infirmiers et autres intervenants de l’Asile, qui pour beaucoup ne croyaient pas à ce qu’ils faisaient et restaient passifs face à cette situation. Sans doute défaisaient-ils la nuit, en pensée, ce qu’ils s’étaient sentis contraints d’accomplir le jour, en se donnant toutes sortes d’excellentes raisons, depuis l’injonction traditionnelle « Tu dois gagner de l’argent pour nourrir tes enfants », intériorisée, jusqu’à des visions plus cyniques sur les marginaux, les fous, les enfants perdus pour la société, qu’il faut bien « redresser ».

La plupart, pourtant, vivaient sans doute très mal cet Asile qu’ils servaient, et se sentaient honteux d’incarner à ce point cette servitude volontaire dont La Boétie a si bien montré que nous y consentons.

L’Asile est une forme exacerbée du Malencontre – encore La Boétie ! –, qui est le Pouvoir, obtenu et pérennisé grâce à la participation de chacun à sa propre oppression. Le Pouvoir nous paie en retour en autorisant l’oppression des autres par nous, de ceux plus bas que nous, oppression signifiant avant tout notre participation à cette espèce persistant à se croire humaine : tous unis à travers cette servitude que nous construisons et partageons. Que nous propageons et façonnons de nos mains, de notre langage. Mais pas que de ces façons-là. Car nous l’agissons aussi de par notre goût acquis de la passivité.

La différence entre actif et passif s’y estompe : la passivité l’emporte sur la volonté active. Nous sommes digérés par le Système, par le Pouvoir, jusqu’à en devenir des déchets dès lors que nous ne correspondons plus à la norme sociale. La question est : sans Pouvoir, notre « nous » n’aurait-il pas davantage de probabilité d’émerger, de se faire actif et de refuser la passivité par rapport aux situations injustes et destructrices ?

Interrogation à laquelle il serait vain de simplement essayer d’apporter une réponse. Car ce n’est pas d’un langage, en théorie, en fumée – fumisterie ? – que viendra la réponse. Plutôt et seulement d’un agir.

Agir depuis ces « radeaux » dont parlait Deligny, voguant çà et là sur l’océan du Malencontre et permettant à des individus en marge, asociaux ou désocialisés de se raccrocher pour ne pas sombrer ? Radeaux suffisamment lâches et distendus pour laisser passer les paquets de mer oppressive et pourtant aux planches très bien reliées entre elles pour resurgir sans cesse, flotter et dériver. Mais la pédagogie, dans tout cela, et l’école ?

L’école n’est pas de ces radeaux à la dérive – et qu’il est difficile, mais si bon, de dériver sur l’océan du Malencontre ! L’école est navire-amiral, pépinière de talents, où tous les élèves-aspirants doivent venir à en aspirer leur propre servitude volontaire, pour le Système, sans en souffrir. Vouloir vraiment leur propre servitude à un prix nul, au prix de Rien, ce Rien que comble, au temps du numérique, la prodigieuse infinité des écrans. Aspirer à un vide qui ressemble à s’y méprendre à cette lassitude si répandue de nos jours, lassitude de la vie du monde qui invite à cesser de désirer, à en finir avec le cycle des renaissances. Cesser de désirer = abandonner la lutte = défaite de ce qui restait du radeau de fortune, de l’esquif de ces fortunés que sont et restent les humains non frappés par le Malencontre.

À cette mécréance passive nous voudrions opposer une pédagogie de la Voie : soyons Radeau. Embarquons sur les sombres abysses, et pour ne pas nous y engloutir, le mieux est encore de flotter sans trop agir. Mais de flotter.

De quel agir s’agit-il ?

Un agir qui ressemble au Tao des taoïstes, ce « wuwei » qui se traduit même par « non-agir ». Qui ressemble aussi à la révolte collective de Camus (« Je me révolte, donc nous sommes »), à la Société en lutte contre l’État de Pierre Clastres, ou donc à ce Radeau de Deligny récupérant çà et là des débris dont l’Asile ne savait que faire à part les abrutir de médicaments. Les mots, agir, non-agir, radeau, débris, asile même, ne prolifèrent dans cet océan de Malencontre que pour jouer avec : laissons-nous dériver à la marge pour nous en libérer. Ne nous laissons pas enfermer dans un vocabulaire : « Les mots nous divisent, les actes nous unissent », disaient les Tupamaros uruguayens. Utilisons-les simplement pour amorcer des discussions, des débats, des questionnements. N’agissons pas au profit de ce qui nous opprime. Ne sauvons pas le Système qui nous broie. Ne soyons ni mécréants ni passifs.

Où est la marge ? Peut-on encore être à la Marge ? C’est à cette jointure entre le réel et l’utopie, le Système et la Marge, qu’intervient la pédagogie, fondée sur une éthique de la non-domination. Car, par le fait même que nous nous situons à la Marge, nous voici au cœur du Malencontre. Le Système n’a pas besoin de sa puce à gratter. Athènes a immolé la puce-Socrate. La Chine a phagocyté la puce-Tao. Le capitalisme aimerait voir sombrer l’utopique pédagogie dans les abysses du consensus.

Aussi, à l’école, dans ce vaisseau amiral puisque s’y trouve, obligé d’y être, l’avenir du monde par cette succession de générations à laquelle on cherche à ôter toute possibilité soit d’être en conflit, soit d’être, tout simplement. Ici se trouve un terrain de lutte où l’utopie – la Marge, la Société contre l’État – existe, surtout pas en tant qu’avant-garde. L’avant-garde est Pouvoir, donc participation au Malencontre. L’Utopie est en latence, connue, tout à fait, même. Elle est exprimée, pensée, discutée parfois. Mais agie, l’est-elle ?

N’est-ce pas là le cœur de la crise de l’école ? Les beaux projets théoriques sont légion ; ils sont discutés, avec âpreté et méchanceté parfois ; les textes officiels organisent des « avancées » ou tiennent compte des débats théoriques pour les dénaturer au moment même où ils sont transformés en réformes pratiques et concrètes. Les pédagogies mises en œuvre depuis trente ou quarante ans sont ainsi, la plupart du temps, des réponses mal traduites à des questionnements qui restent cantonnés à l’abstraction pure. Il suffit d’un groupe d’élèves hors normes, mal conditionnés par l’Institution, pour faire exploser dans une classe, dans un établissement scolaire, toutes les bonnes volontés du monde.

Nous n’avons pas la prétention de sortir de cette situation par quelques coups de baguette magique. Mais ne tombons surtout pas dans cette « mécréance passive » qui étend partout son ombre sinistre sur les écoles. Ne plus croire à ce que l’on fait et ne rien faire pour changer la situation : il n’y a rien de pire, pour les enfants, pour ceux qui travaillent et souffrent à l’École, et hélas sans doute pour le monde à venir puisque les enfants d’aujourd’hui seront sans doute pour une part, dans le futur, marqués par l’école qu’ils auront eue ou subie dans leur jeunesse.

Comment ne pas y croire, dans une Institution comme l’École ? Telle est l’expression du Malencontre : reddition sans conditions, servitude volontaire quasiment théorisée et acceptée, négation de soi – et des autres par la même occasion, mais à plus long terme et selon des processus individuels que nous ressentons sans savoir jamais les expliquer. Mais quand même : si l’on n’y croit pas, que peut-on espérer montrer aux jeunes, à part ce fait, dramatique, que l’on peut vivre sans croire à rien, même pas à ce que l’on entreprend et ce que l’on vit avec d’autres humains, ce qui devrait à coup sûr être l’une des plus belles vies imaginables ?

Or, toute réforme de l’école, quelle qu’elle soit, impliquerait à la base que ceux qui devront la mettre en œuvre y croient un minimum… Dans un tout autre contexte, Guevara se demandait comment construire le socialisme si les seules incitations étaient économiques. Pour lui, il y avait une éthique de la construction de l’humanité nouvelle ; ce processus utopique ne pouvait s’accommoder des seules incitations économiques, qui ne devaient être que transitoires. Mais l’éthique n’a de sens que si les individus impliqués ont la volonté de réussir à transformer le monde. Si, à l’école, l’immense majorité baisse les bras et y va comme d’autres marchent à leur pointeuse ou à l’échafaud, conscients de leur oppression, quel espoir de changement reste-t-il ?

Cette dimension est toujours évacuée car c’est elle qui pose le véritable problème de fond de l’école. Ce problème n’est pas que celui de l’école. Il est le symptôme d’une société qui ne croit plus en elle-même comme un tout faisant sens, et se contente d’un inventaire de ses composantes dissociées les unes des autres, entre lesquelles choisir. On est alors de telle ou telle tribu, en attendant d’être un jour contre les autres tribus. La société capitaliste est plus que jamais une lutte de tous contre tous dans un cadre unique, qui tient encore grâce à quelques piliers. Le premier est l’argent – et si nous n’avions pas des comptes en une unité commune, si donc chacun devait survivre par le troc, il est certain que cette (absence de) société-ci disparaîtrait, donnant peut-être naissance à une véritable société d’échange entre les humains. Le second est la peur – de ne plus avoir d’argent, la peur de l’autre aussi, l’envie de faire peur pour s’imposer, la peur de la hiérarchie et l’utilisation de la peur pour s’assurer une position de domination, la peur de ne pas être au top, de ne pas avoir bonne haleine ou les aisselles sèches, la peur de ne pas penser consensuel, la peur de ne pas avoir peur et d’être différent, d’être tenté par cette Marge qui, elle, n’a pas peur.

La peur et l’argent sont liés. À l’école aussi, la peur et l’argent sont constamment présents. La peur du professeur, de l’Administration, de l’erreur, de la mauvaise note, de la réaction des parents devant le bulletin. L’argent comme but suprême, ce que l’on obtiendra à foison si l’on réussit ses études, mais avant cela, l’argent qu’il faudra bien pour (se) payer des études, l’école comme investissement sur l’avenir.

C’est toute la société qui se montre mécréante et passive lorsqu’elle n’attend de surmonter sa peur que grâce à l’accumulation d’argent qui n’advient que pour les plus « chanceux » - les plus aliénés – d’entre nous. Mais la Marge vit encore et parle encore, et nous savons que des événements peuvent retourner une situation. Et cela, cette fois, c’est le Système qui en a peur. Soyons une Marge offensive et créatrice.

Philippe Godard, décembre 2012


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Gilles Klein
Caroline Gaume
Etienne Rodin

Etienne Rodin est consultant. Il intervient auprès d’organisations publiques et privées sur des questions liées aux conditions de travail. Il est l’auteur de L’Horreur managériale (2011) chez les éditions L’Echappée.

Luc Renaud

Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

Ses articles dans le site :
Martin Bureau

Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

Vous pouvez visiter son site : Martin Bureau
Ses articles dans le site :
H.D. Alianel

H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

Philippe Bourdeau

Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :