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Accueil > Chaologie > Management > La RESPONSABILITÉ Sociale des ENTREPRISES : PRÉOCCUPATION ou ALIBI ?
La RESPONSABILITÉ Sociale des ENTREPRISES : PRÉOCCUPATION ou ALIBI ?
Par Etienne Rodin publié le 16 juin 2012.

[Rédigé à la demande de la revue de prospective du Grand Lyon, la version papier de ce texte est parue dans la livraison du deuxième numéro (gratuit) de Millénaire 3.]

L’importance de l’économie dans la vie tant matérielle que psychique des individus est rivée à celle du travail salarié. Dès la révolution industrielle, l’institutionnalisation du salariat fut un facteur décisif pour fidéliser la main d’œuvre dans les manufactures. Cet enrôlement fut une réussite tant le travail salarié apparaît aujourd’hui comme la forme typique de l’emploi durable ou précaire.

Cependant les conditions de vie dans les manufactures des 18ème et 19ème siècles étaient loin d’être agréables pour ce nouveau salariat. Pour qu’elles deviennent vivables, un certain nombre de conditions furent réunies comme, outre l’amélioration des conditions de travail, l’octroi d’un temps de repos conséquent. Plus tard les congés payés permirent de bénéficier de loisirs toujours plus diversifiés et étendus, associés au dynamisme des Trente glorieuses qui autorisa le déploiement de la société de consommation. La société du travail a enfanté la société des biens et des services, et la société des loisirs. La société de consommation est une société de compensation. Elle fut dotée (via d’inévitables rapports de force entre patronat et salariat relayés sur le terrain politique) d’ingrédients compensatoires qui la rendent relativement confortable, dès lors que l’on a rejoint le courant dominant d’un mode de vie qui reste, à l’échelle du monde et de l’Histoire, minoritaire.

La distribution des salaires par les entreprises est à présent le moyen de répartir parmi la population une partie de la richesse générée par les activités productives marchandes. C’est dire que les entreprises, pourvoyeuses de revenus, sont des acteurs incontournables de la vie dans les sociétés développées. Elles représentent les organisations maitresses de la société de croissance fondée sur le double impératif de produire et consommer. De ce fait, la part de responsabilité des entreprises dans la bonne marche de la société est grande. Il suffit de mesurer l’impact d’une fermeture de site industriel sur un territoire pour voir aussitôt s’assombrir les esprits des élus, des partenaires économiques et, bien entendu, des salariés concernés. La zone d’influence d’une entreprise dépasse ses murs.

L’entreprise à l’épreuve du soupçon

Depuis l’après-guerre jusque dans les années 1970, notre société n’a guère douté d’elle-même. Mais les évidences d’une croissance éternelle dont les bénéfices seraient — grâce à l’action de l’Etat garant de la Protection sociale et des entreprises chargées d’assurer des revenus réguliers à la population — redistribués dans la société ne vont plus d’elles-mêmes tant « la crise » est passée par là. Celle-ci persiste à troubler la fête, engendrant chômage de masse et déficits. En outre, l’image des entreprises se voit malmenée par des pratiques récurrentes contribuant à leur mauvaise réputation. Les médias se font régulièrement l’écho de Groupes aux comptes flamboyants empressés de licencier, de firmes délocalisant pour s’implanter dans des pays où les droits de l’homme — et du salarié — ne comptent pas, ou bien détruisant sans vergogne leur environnement tout en l’exploitant. Le soupçon qui place l’entreprise comme l’ennemie potentielle du social essaime, d’autant plus que les enjeux du « développement durable » élargissent l’étendue du soupçon à l’environnement dans son ensemble. La fin des Trente glorieuses inspire une évaluation contrastée de l’impact des entreprises sur la société. L’appât du profit entre dans une relation ambigüe avec le bien-vivre ; immodéré, il peut être considéré comme une force anti-sociale contraire au bien commun, qui plus est dévoreuse d’écosystèmes.

De fait, l’Entreprise et la Société sont entrées dans une relation de dépendance conflictuelle. La défiance le dispute à la séduction. Pour l’entreprise, la société est une réserve de main d’œuvre mais c’est aussi, et surtout peut-être, une réserve de consommateurs dont il faut séduire les appétits pour mieux les satisfaire. Néanmoins les entreprises fournissent aussi des emplois, paient des impôts en fonction de leurs (bons) résultats, et donc contribuent à la richesse des nations, des territoires et des populations.

La société de croissance est de surcroît une société sur laquelle pèsent des menaces écologiques à propos desquelles le consensus ne fait que s’élargir, sinon au plan des remèdes, au moins sur celui du diagnostic. Ces menaces résultent d’un mode de vie qui est aussi un mode de développement issu de la révolution industrielle.

Un concept nouveau

C’est pour faire face à la poussée des contraintes — et aux dangers — que le concept de développement durable fut élaboré et largement diffusé dans les sociétés développées. A la fin des années 90, la notion de « responsabilité sociale d’entreprise » (RSE) est venue donner le change à une société civile qui a pris progressivement conscience des enjeux sociaux et écologiques d’une mondialisation souvent brutale. Associations, ONG, syndicats, mouvements altermondialistes et pouvoirs publics ont massivement pointé du doigt le rôle des entreprises, plus précisément celui des firmes multinationales, et l’impact du business sur le devenir du monde : inégalités sociales, risques environnementaux, exclusion, changement climatique, risques sanitaires, mépris des droits de l’homme... La financiarisation de l’économie est régulièrement accusée d’agrandir l’écart entre capital et travail, entre effort et enrichissement, entre profit et partage, entre une poignée de nantis ultra fortunés et des populations en voie de précarisation croissante.

Il serait toutefois inexact de réduire l’implication sociétale des entreprises à ces seules 20 dernières années. Rappelons pêle-mêle le paternalisme des premiers entrepreneurs considérant les besoins extra-professionnels de leur employés ; le philanthropisme des capitalistes nord-américains les poussant à financer des œuvres de bienfaisance ; le mouvement coopératif souhaitant réduire l’écart entre dirigés et dirigeants dans un cadre démocratique ; le mouvement mutualiste associant solidarité et gestion mutualisée ; sans oublier l’économie sociale et solidaire cherchant à concilier activité économique et utilité sociale… Autant d’exemples illustrant cette volonté ancienne de « moraliser » l’économie et d’élargir la vocation des entreprises aux questions sociales et politiques. Les organisations entrepreneuriales se déclarent « militantes », ou « citoyennes », en intégrant un volet social dans leurs pratiques, en évaluant leur impact sur la société et l’environnement pour tenter d’en corriger les errances, sans oublier malgré tout que leur loi suprême reste celle des recettes et des dépenses. Un doute émerge cependant. A travers la RSE les entreprises marquent une hésitation : faut-il gérer les nuisances ou les supprimer ?

La RSE, outil du consensus et de l’image

Contrairement au mouvement coopératif porteur d’une tradition parfois, plus ou moins, contestataire, la RSE a ceci de particulier : démarche proactive (comme diraient les managers), elle s’inscrit dans le contexte d’une mondialisation au sein de laquelle Margaret Thatcher affirmait : « There is no alternative ». Observée à l’écart de toute naïveté, la RSE apparaît comme une stratégie visant à désamorcer les contestations en intégrant dans les règles de gestion des entreprises des principes et des critères qui concernent des impacts et des acteurs extérieurs à leurs périmètres. Loin de lutter contre le système, l’argumentaire de la RSE est le fruit de la culture bureaucratico-managériale de l’évaluation (donc de la certification) et de la démonstration de performance. Souvent fondée sur l’adhésion volontaire, la RSE se traduit par des normes et des référentiels non juridiques de portée internationale dont la légitimité dépend d’un intense travail de communication associé à celui des agences de notation et des officines de conseil. Elle applique les remèdes que le système libéral s’autoadministre pour démontrer sa bonne foi symbolique tout en essayant de réguler ses pratiques.

La RSE se révèle ainsi l’alibi, producteur de justifications et de consensus, qui permettra de conforter une légitimité malmenée par la course en avant de l’hypercapitalisme. En tant que stratégie, la RSE, observe Michel Capron , est soit « réactive » (lorsque l’entreprise est prise en défaut à l’occasion d’un évènement critique auquel elle répond pour redorer son blason), soit « proactive » (lorsqu’elle agit dans l’espoir d’obtenir un « avantage compétitif » qu’elle exploitera pour se distinguer sur le marché et renforcer symboliquement l’aura de sa marque). Les deux s’avèrent simultanément possibles.

Un patronat d’influence

Au-delà des enjeux de management interne, la RSE est une posture politique. Lorsqu’une entreprise se soucie de son impact à l’extérieur, auprès de ses « parties prenantes » et dans sa « sphère d’influence », elle en vient évidemment à se soucier de la société, du territoire et de sa population, terrains de l’action publique. Si la RSE s’érige théoriquement comme un garde fou face aux méfaits du capitalisme, elle apparaît aussi dans ses effets, mais de manière plus subtile, comme un moyen pour les managers de conquérir des espaces qui leurs étaient traditionnellement extérieurs.

En France, une figure emblématique de ce patronat d’influence est celle de Claude Bébéar. Fondateur d’AXA, mais également de l’Institut du Mécénat et de la Solidarité – Entreprendre pour la Cité, et du think tank l’Institut Montaigne, l’ambition de ce patron est clairement d’inspirer une politique libérale « réformiste » visant à préserver le capitalisme de ses excès pour mieux le conserver. En 2004, à la demande de Jean-Pierre Raffarin alors premier ministre, il fut à l’origine d’un rapport sur l’intégration des minorités visibles largement relayé dans les médias. La charte de la diversité en a découlé, recueillant plus de 3000 signatures.

Or le discours de Claude Bébéar n’est pas seulement significatif en raison de son audience, il l’est aussi par son ambiguïté stratégique (versant privé) et politique (versant public).

Côté privé, la communication énoncée vise à provoquer une prise de conscience du milieu entrepreneurial sur ce qui est présenté comme un fait indubitable : le profit exige et suppose une société équilibrée et stable ; le chaos social et environnemental n’est pas propice aux affaires. Il convient donc que les entreprises, à des fins autant correctives que préventives, intègrent dans leurs pratiques managériales cette dimension sociétale. Non par altruisme mais pour leur intérêt bien compris. Une société apaisée est favorable à leur prospérité.

Côté public, le discours, tel qu’il est inscrit au fronton internet de l’Institut Montaigne, affirme que le débat public en France est trop accaparé par l’administration et les partis politiques, et que manquent les voix de ce que Bébéar appelle « la société civile ». Seulement voilà, la société civile selon Bébéar, ce n’est pas « le peuple » ni « la société » mais l’entreprise et sa sphère d’influence, incluant des associations pour l’action sociale, et des partenaires commerciaux pour l’action économique.

A la recherche du bien commun, mais lequel ?

S’occuper de RSE n’opère, fondamentalement, aucune rupture avec le modèle libéral. La rhétorique de la responsabilité le prolonge et le positionne stratégiquement face aux enjeux nouveaux, sociaux et écologiques, rouges, roses ou verts, dont il accouche. Elle cherche à convaincre l’opinion et provoquer le consensus en prônant l’aménagement d’un système virtuellement vertueux. Problèmes nouveaux, concept relooké, doctrine ancienne en vérité. La logique sous-jacente n’est innovante en rien, en rien elle ne rompt avec le modèle. Elle en clame au contraire la vertu intrinsèque, dans une lignée intellectuelle proche de celle d’Adam Smith — qui n’était pas d’abord économiste puisqu’il enseignait la philosophie morale. En résumé : si nous voulons que le modèle économique perdure et que la société nous soit profitable, il nous faut faire preuve d’un minimum de vertu morale envers autrui. Cette bienveillance n’est pas désintéressée, elle est guidée par le désir qu’autrui contribue, plus ou moins directement et avec un brin de bonne volonté, à la satisfaction de nos intérêts. Alors la « main invisible » assurera la convergence des intérêts particuliers dans le sens de l’intérêt général. Il s’agit finalement de proclamer la « coïncidence des intérêts privés avec l’intérêt général ou la compatibilité des vices privés avec le bien public », selon la formule teintée d’ironie de l’anthropologue Gilbert Rist. L’argumentaire est vieux comme la conquête capitalistique de la planète. Nul besoin, donc, d’un Grand Régulateur volontariste ; le Marché se suffit à lui-même, il s’autorégule. Cette réduction du rôle de l’Etat opérée par Adam Smith sera plus tard poussée à son comble par l’économiste ultralibéral Milton Friedman et ses compagnons de route libertariens : ils ne voient en l’Etat qu’un fauteur de troubles faussant le jeu économique et sociétal.

Une nouvelle concurrence

Au motif de leur RSE, les entreprises institutionnalisent leurs propres normes au nom du bien commun. Cette préoccupation de l’intérêt général, lorsqu’elle débouche sur des partenariats effectifs entre pouvoirs publics et privés, signifie que le pouvoir privé peut aussi devenir, le cas échéant, concurrent du pouvoir public. L’entreprise se hisse à la hauteur de l’Etat. « Les discours sur la RSE, soulignent Catherine Bodet et Thomas Lamarche , peuvent être lus comme autant de productions de légitimité visant à instituer un rôle social élargi pour la firme. Se déclarant responsables à l’égard de la société et des générations futures en dehors d’un cadre légal dûment validé et institué, les grandes entreprises se situent dans le registre de la définition de ce qu’est l’intérêt général. »

L’enthousiasme devant le capitalisme enchanté de la RSE ne doit donc pas endormir la vigilance, si l’on admet encore les valeurs spécifiques — de justice sociale, rien de moins — jusqu’ici portées par l’Etat.

En ces temps d’économisme triomphant, la RSE représente un pas que fait l’entreprise dans le jardin de la puissance publique. Avec elle ou contre elle ? Le pouvoir privé génère ses propres normes et, à force de lobbying, prétend selon les circonstances contrecarrer l’initiative publique en s’arrogeant certaines de ses prérogatives — soft law auto-institutionnalisée, pseudo contrainte non obligatoire contre hard law non dérogatoire venue de l’Etat.

Demandons-nous alors si la RSE avance en cheval de Troie d’un hypercapitalisme qui verrait des financiers, des managers et leurs alliés politiques redéfinir le « bien commun » en fonction d’intérêts ambigus, ou si elle est le signe d’une prise de conscience génératrice d’avantages et de régulations socio-écologiques désintéressés, impartiaux et… durables. Un constat s’impose enfin : depuis 20 ans la RSE n’est parvenue ni à enrayer ni à réparer la casse sociale et les désordres environnementaux. Ses preuves ne sont pas faites et ses insuffisances politiques apparaissent, en revanche, criantes.

Notes bibliographiques :

1) Michel Capron, « La responsabilité sociale d’entreprise ». L’Encyclopédie du Développement Durable n°99 – juillet 1999.

2) Gilbert Rist, « Le Développement, histoire d’une croyance occidentale », Presses de Sciences Po, 2001.

3) Cf. Article de Catherine Bodet et Thomas Lamarche, « La Responsabilité sociale des entreprises comme innovation institutionnelle. Une lecture régulationniste ». Revue de la régulation - Capitalisme, Institutions, pouvoirs. Maison des Sciences de l’Homme – Paris Nord. N°1, Juin 2007.

4) Ibid.


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J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

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De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

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Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

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Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

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Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

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En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

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Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli a collaboré à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance en 2012. Travailleur social de formation, il s’est évertué à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble s’être fort bien passé de ses services. Mirko est décédé en 2016, à l’âge de 35 ans.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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