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Vive l’IGNORANCE !
Ou comment organiser l’apolitisme de la jeunesse par la propagation de la médiocrité
Par Elisée Personne publié le 28 août 2012.

Dans une salle de réunion d’un lycée professionnel, deux classes, disposées en cercle, sont réunies avec trois de leurs professeurs et un intervenant. Les soixante élèves ont vu, quelques jours plus tôt, le film Nos enfants nous accuseront. La discussion vise à capitaliser les questionnements et les solutions ouverts par le film : l’écologie de l’avenir. Une toute petite poignée d’élèves participent aux échanges. Au bout d’une heure, l’intervenant lance un tour de salle : « Selon vous, pouvons-nous changer quelque chose à la dégradation de l’environnement, éviter le réchauffement climatique ? » Les cinq premiers élèves marmonnent un « j’sais pas » qui les dispense de prendre parti et de se dévoiler. Le sixième répond clairement « non ». Pourquoi ? « Parce que ce sont les Illuminati qui décident du climat. » La discussion est lancée ; ces élèves ont d’un coup des choses à dire. L’un d’eux explique même comment les Illuminati ont bousillé le climat de l’Alaska. Les profs sont effarés ; ils n’ont jamais entendu parler des Illuminati et, après le débat, ils découvrent, consternés, les notices consacrées par la prétendue encyclopédie Wikipédia à cette légende contemporaine.

Dans Le meilleur des mondes, Huxley expliquait que le bonheur vient facilement : il suffit d’être conditionné. Un « epsilon-moins » cloné pour vivre dans la poussière et la chaleur de la mine ne sera heureux qu’au fond de la mine ! C’était de la science-fiction mais, en 2012, dans L’empire de l’illusion, Chris Hedges décrit comment l’illusion est distillée, proposée, imposée (jamais par la force), en lieu et place de la réalité. Les Américains sont, selon lui, déjà en train d’opérer cet accouplement monstrueux du réel et de l’illusion, qui les empêche de simplement penser leur propre existence. Nous ne parlons même pas ici de « retrouver chacun le monopole sur l’emploi de notre propre vie », programme des années 1970 désormais bien trop « révolutionnaire » ; il s’agirait, en toute modestie, de nous contenter de comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Dans son best-seller (de l’autre côté de l’Atlantique) The Dumbest Generation, Mark Bauerlein trace un portrait atterrant du niveau d’inculture de ses étudiants, cette « génération très bête ». À notre époque, on ne sait plus grand-chose, et cela n’est pas grave en soi puisque, même en ne sachant pas grand-chose, on peut travailler, consommer, et parfois s’enrichir – voire devenir président de la République française ou des États-Unis d’Amérique. Nous appelons « vivre » toute traversée de l’existence par la consommation et pour la consommation ; ainsi soit-il. Le problème est désormais, pour Hedges ou pour Bauerlein aujourd’hui comme pour Orwell et Huxley il y a un demi-siècle, que les élites elles-mêmes sont incapables de prendre les grandes décisions dont ce monde a besoin. Mais la situation actuelle est bien plus préoccupante que du temps de Huxley ou d’Orwell : ces deux-là avaient écrit des romans, alors que nous, nous vivons désormais dans leurs romans !

Pourquoi sauver un système qui nous broie ?

Rien ne sert de désigner des coupables, de décerner des médailles et des coups de bâton à des individus précis. Chacun d’entre nous peut le faire, et les responsables sont plus nombreux que les innocents puisque tous ou à peu près, nous cherchons encore à sauver ce système qui nous broie. Nous ne sautons pas le pas, ne prenons pas en main notre destin en dehors des voies tracées par les États, les systèmes sociaux, les entreprises globales…

L’enjeu est de caractériser les fautes plutôt que les fautifs. Nous en sommes arrivés là par un enchaînement de décisions, de renoncements et de contraintes plus ou moins fortes. Et il ne s’est pas trouvé beaucoup de décideurs pour comprendre ce qui se passait et pour opposer un refus et orienter vers une voie différente notre avenir, notre culture collective. Rien ne sert de regretter un temps disparu : le passé n’a pas été très positif lui non plus, et… il a finalement débouché sur ce présent dont il portait le germe. Où était donc ce germe ? Comment l’extirper, pour accoucher d’un futur autre ? Comme le disait Hannah Arendt dans Crise de la culture, il nous faut protéger les jeunes générations, mais le monde aussi doit se protéger des jeunes générations qui montent si celles-ci ne sont pas porteuses d’idées positives, d’une éthique humaniste, d’une conception bien ancrée de l’unité de l’humanité. Or, ceux qui aujourd’hui sont au pouvoir font partie de ces ex-jeunes générations auxquelles, pour la première fois peut-être depuis longtemps, manquent ces idées, cette éthique, ces conceptions positives et humanistes.

Il ne serait plus contestable que le capitalisme est le meilleur de tous les systèmes économiques. Or, cette idée a entraîné en quelques décennies un effondrement des valeurs qui avaient fondé la démocratie républicaine – laquelle n’a rien à voir avec le capitalisme, et la réciproque est encore plus vraie : le capitalisme s’accommode tout à fait d’un système dictatorial, ce que nous ne méditons pas assez, convaincus que le totalitarisme est une horreur du passé qui ne reviendra plus. Jusque dans les années 1960-1970, la contestation allait bon train, et sans être reconnue de façon institutionnelle – ce qui n’a guère de sens -, elle pouvait s’exprimer, y compris au sein d’institutions, notamment l’école. Dans ces années-là, la seule « Grande Muette » que l’on connaissait était l’Armée. Désormais, il faudrait y ajouter l’Université et les Hôpitaux, qui ne contestent plus guère… Et demain, sans doute, l’ensemble de l’Éducation nationale – mais heureusement, nous n’en sommes pas encore tout à fait là, en France tout du moins, parce qu’aux États-Unis, l’affaire semble entendue. Ce sera alors tout ce qui constitue la res publica, la chose publique, qui ne s’exprimera plus… parce qu’elle sera entrée dans la logique du capitalisme, pardon, du marché. Santé et éducation nationale soumises aux marchés ? Tiens, cela rappelle les plans d’ajustement structurels imposés par le Fonds Monétaire International dans le tiers-monde dans les années 1980… L’Europe serait en voie de tiers-mondisation ? Ça alors !

Jusqu’aux années 1970, la contestation était au moins reconnue comme la mouche du coche, l’aiguillon essentiel et indispensable à la réflexion, aux nécessaires remises en cause, et au progrès. Pour que la contestation puisse s’exercer, il n’était besoin que de s’exprimer, et le reste fonctionnait : tout le monde comprenait les enjeux et se faisait son opinion. Ce qu’offrait le capitalisme aux individus était tout d’abord un certain niveau de vie, mais ce n’était pas tout. Il y avait un ascenseur social, qui n’était pas encore en panne, et l’on savait parfaitement que, sans études, il était difficile de prendre cet ascenseur. De plus, s’élever dans la société était un but, non pas pour « gagner plus » mais pour avoir un meilleur niveau général de vie, culturel autant que pécuniaire. Tout le monde avait une culture, populaire ou d’« élite », et nombreux étaient ceux qui tentaient – et réussissaient – à établir des passerelles entre les deux. Non, ce n’était pas « le bon vieux temps », pas du tout. La preuve : l’intense agitation allait jusqu’à la contestation révolutionnaire, vers la destruction et le dépassement du capitalisme, la subversion. Le problème est qu’à l’inverse d’un dépassement positif, tout est allé de mal en pis.

Le système n’est sans doute pas aux abois. Après tout, la chute de Rome a duré quatre longs siècles. Mais le capitalisme est un système qui nous dévore d’ores et déjà, dans lequel s’imposent la bêtise plutôt que l’intelligence, la peur plutôt que l’audace, le conformisme plutôt que l’imagination, le consensus plutôt que la liberté de parole et d’opinion. Pour faire rentrer les débordements et les malaises dans l’ordre et le silence, la répression sous toutes ses formes s’impose partout. Contre la répression, nous ne connaissons, dans l’histoire récente de l’humanité, qu’un seul antidote qui permette de dépasser la bêtise, le triomphe de la force, de la violence, des armées, des mercenaires : la culture et la connaissance.

La culture et l’école au panier !

Pour imposer une politique de répression tous azimuts, il s’avère fort efficace de rendre inopérante toute alternative. Or, la meilleure alternative à la répression est l’éducation ; c’est donc l’éducation que les dirigeants tentent de rendre inutile et obsolète. Dans cette variante molle du totalitarisme que nous subissons, la politique est soumise à l’économie (avec toujours, en roue de secours, l’hypothèse inverse, dictatoriale classique et dure, dans laquelle l’économie passe tout entière au service du politique, comme dans les systèmes fasciste, nazi, maoïste ou stalinien). Pour nous accoutumer à ce déni intégral de démocratie, il suffit de garder les apparences de la démocratie tout en la vidant de son contenu. C’est ce que s’est attaché à faire Sarkozy durant les dix années où il a occupé le pouvoir, avec quelques réussites, hélas, à son actif.

Le rôle de la culture comme aiguillon disparaît ; l’école elle-même ne sera bientôt plus là que pour former de futurs adultes à un travail adapté aux seules réalités économiques. La recherche de l’argent, du pouvoir et de la célébrité sont les illusions auxquelles se shootent les jeunes, des banlieues comme des centres, et autres désespérés, prêts à en accepter les variantes les plus médiocres. On recherche l’argent, même malhonnête, ou encore la célébrité y compris s’il faut en passer par l’humiliation télévisuelle de n’être que le maillon faible d’une émission de téléréalité.

Qu’avons-nous tenté contre cette évolution ? À l’école, nous nous sommes satisfaits d’un ersatz de culture politique à ronger, l’éducation civique, devenue au fil du temps un enseignement apolitique pour ne pas dire antipolitique, car comment ne pas être dégoûté de la politique lorsqu’on se rend compte, au fil des leçons, que les lois ne sont faites que pour être transgressées par les puissants et pour réprimer les faibles à plein tarif ? Nous n’avons rien fait pour hâter la prise de conscience politique des jeunes, ce qui n’avait rien à voir avec l’adhésion à un parti. Nous avons tous, de l’extrême droite à l’extrême gauche, laissé la jeunesse en déshérence, l’avons privée de politique pour ne surtout pas risquer une prise de conscience trop précoce. Résultat : il n’y a de prise de conscience que des grandes idées (l’antiracisme, la fraternité…), ce qui est très bien, mais jamais des moyens divers à mettre en œuvre pour les réaliser.

Autant dire que l’impuissance politique a été organisée. Car on peut réclamer à cor et à cri l’égalité, la liberté et la fraternité, mais si l’on n’a aucune idée concrète de la manière de les réaliser ou même de la façon de mener le combat, alors non seulement « on a dans la bouche un cadavre », selon l’expression des années 1960, mais surtout on enterre l’idée même de mener un combat politique, pour le remplacer par de l’humanisme creux, de l’associationnisme ou de la militance dans le cadre de la société civile. Hélas, la société civile n’est pas en soi l’expression des meilleures tendances de l’humanité ; elle regroupe trop souvent des professionnels, qui font de l’apolitisme une vertu et de l’efficacité la condition du succès. Or, la dictature, sous le capitalisme, est plus efficace que la démocratie. La preuve : l’Allemagne hitlérienne ou la Chine contemporaine… L’apolitisme et le culte de l’efficacité pavent le chemin de l’enfer dictatorial des bonnes intentions de la société civile.

Pour renverser la tendance, il existe quelques voies que nous ferions bien de méditer. La principale est d’œuvrer à la repolitisation de la jeunesse, car ce n’est pas en attendant d’aller voter à dix-huit ans que les jeunes prendront conscience, comme par miracle, des problèmes de ce monde. Repolitiser la jeunesse, cela signifie lui donner de la pensée politique à débattre, de la réflexion à décortiquer, des idées à faire circuler. Ce n’est pas faire adhérer à telle ou telle doctrine. Au contraire, le meilleur moyen pour éviter l’endoctrinement sectaire est de montrer l’éventail des idées et de les soumettre à la discussion et à la critique : dans un monde en perdition tel que le décrivent les médias à longueur de journaux télévisés, cela éviterait que les jeunes (futurs adultes et futurs électeurs) ne confient leur voix aux premiers démagogues venus. Pour ne pas subir le populisme, l’électoralisme, la démagogie politicienne… La suite dans un avenir proche.

Les textes d’Élisée Personne sont en copyleft, peuvent être librement repris, adaptés, traduits, saucissonnés, éviscérés, tronqués et disséqués. Il en restera peut-être quelque chose !

29 août 2012

Bonjour, votre texte est intéressant, mais il contient des accents que je qualifierais volontiers de "contre-révolutionnaires"... bien qu’il appelle au développement de la pensée critique et de la contestation.

En effet, le capitalisme a amplement profité de la révolution "bourgeoise" de 1789 et a certes remplacé un système de domination par un autre, mais il n’en reste pas moins que tout cela est allé vers davantage de "démocratie".

De plus vous critiquez la capacité politique de la société civile et de l’associationnisme, pour reprendre vos propres termes, alors qui portera la repolitisation que vous appelez de vos voeux ? Une aristocratie d’individus éclairés dressés face à l’ignorance des masses ?

Et pour tout dire je ne vois pas quelle action vous préconisez, sur le plan pratique, surtout si la société civile vous semble inopérante. Allez-vous nous en dire davantage ?

Elisée Personne
29 août 2012

Bonjour et merci de votre commentaire.

Pour "commenter ce commentaire", il faudrait plusieurs pages parce que tout d’abord vous posez en effet la question de ce qui est révolutionnaire ou contre-révolutionnaire aujourd’hui. Je pense pour ma part que nous pouvons quand même nous orienter à travers certains "grands" axes, comme le refus de l’ignorance, le refus des technologies qui impliquent une totale non-démocratie dans les choix (le nucléaire, les OGM...), le partage des richesses (mais il reste à définir très précisément ce que sont les richesses, car si c’est pour tout exploiter...), la tolérance (mais certes pas la tolérance répressive dénoncée par Marcuse, car il ne s’agit pas de tolérer ce qui nous réprime).

Est-ce déjà plus clair ?

Je ne crois pas que tout soit allé vers davantage de démocratie, en tout cas au sens de démocratie disons "directe". Vers de la démocratie par délégation, ça oui. Mais le piège est très exactement : dire que c’est mieux alors que ce n’est qu’autre chose, un autre masque pour une "nouvelle" forme de domination. Est-ce que les Frères musulmans sont mieux que Ben Ali ou l’inverse ? Certes non, et pourtant certains disent que Ben Ali, c’était l’horreur... Donc, oui, c’est bien sûr mieux de savoir lire et écrire dans un système économique où il faut lire et savoir écrire pour survivre, mais à l’inverse, ce système a eu besoin de gens sachant lire et écrire - disons au XXe siècle. Désormais, il n’en a plus besoin, et il organise la propagation de l’ignorance et de la bêtise - via la télévision et les loisirs massifiés, dénoncés d’ailleurs dans Contrebande et ailleurs par Rodolphe Christin.

Je crains que la société civile, à force de ne pas vouloir faire de politique, ne fasse le jeu du totalitarisme qui s’installe sous nos yeux, bien tranquillement. Je suis dans le même temps contre toute forme d’avant-garde. Je pense que l’utopie est une "tension vers" ce que nous pouvons vivre dès maintenant. Donc, nous ne pouvons pas "vivre à fond l’utopie", mais nous pouvons tout à fait "vivre en tension vers l’utopie". C’est-à-dire pas seulement parler et faire des rêves qui ne se réalisent pas, mais nous prendre en main chaque jour (dans l’éducation des enfants, dans la production de notre nourriture, etc.). La société civile est une forme d’a-politisme, qui cherche à titrer parti (avec raison, pour le coup) de tous les interstices de liberté délaissés ou offerts par le système, très bien mais à une condition : ne pas être dupes que ces interstices de liberté n’ont pas en soi de portée subversive, et que ce système vise par-là sa perpétuation.

Donc, en résumé, une « tension vers l’utopie » : l’utopie est tension, et pas attente.

En espérant que c’est plus clair ?

Elisée Personne

Allumette
31 août 2012

"Reprendre en main sa propre vie", vous dites... "éduquer ses enfants, produire sa nourriture"... Hum, ça n’est pas forcément de l’action politique, ça. Pas plus politique que l’action de la "société civile", voire moins. On pourrait considérer que vos préconisations contribuent à renforcer la lutte individuelle de tous contre tous, à renforcer l’égoïsme de la débrouille ultra-individualiste pour élargir son "interstice" de liberté et d’autonomie... Non ?

31 août 2012

Bien sûr, on pourrait avoir une lecture très individualiste, y compris dans le sens même du tous contre tous, pourquoi pas, mais en fait, non. Pour moi, la liberté des autres prolonge la mienne, comme disait Bakounine, et on peut aussi lire ce que je raconte sous cet angle, n’est-ce pas ? Ce qui prouve bien, soit dit en passant, que, comme disaient les Tupamaros, "les mots nous divisent, les actes nous unissent", et en effet les mots peuvent nous diviser, parce qu’arrivé à un certain stade, la recherche d’une identification totale de ce que nous pensons et des mots que nous employons les uns et les autres est tout simplement vaine - ce que ne comprennent pas les intellos purs qui passent tant de temps à élaborer des plans sur la comète. Justement, c’est aussi ça que "Vive l’ignorance !" veut mettre en évidence : pendant que certains volent dans les nuages de l’intellectualité pure, d’autres sont gavés de programmes de télé bêtifiants et soumis à la massification de leurs désirs via la publicité, les histoires de stars, etc. Et du coup, le simple fait de penser à ses enfants pour les ouvrir à l ’avenir et à la liberté partagée et se prolongeant partout dans l’humanité devient peu compréhensible, ou pas forcément lisible.

Pour moi, c’est clair : c’est politique, et produire sa nourriture aussi. J’ai même l’impression que je fais bien plus de politique dans mon potager que devant mon écran ou dans une manif, par les implications que ça a aujourd’hui dans un contexte de standardisation des produits agricoles, de pollutions chimique et génétique… Et le potager n’a rien d’individuel, mais si sa collectivisation souhaitée reste à ce jour un leurre puisque je ne connais personne qui veuille en faire dans la région où j’habite...

C’est sûr que "l’interstice de liberté" qu’on se crée est une tentation. A la limite, on peut le considérer comme "une base arrière" où l’on se retrouve avant de lancer des attaques dans le monde... Pourquoi pas ?

Boris
5 septembre 2012

Merci pour ce texte. Qui me parle, depuis le début de l’année que j’anime des rencontres d’éducation populaire (donc politique) dans une médiathèque... en agitant, sans en avoir l’air, une question radicale "Est-ce ainsi que nous voulons vivre ?"

2 propositions de textes dans le prolongement : Le premier qui propose une autre façon de dire "vivre en tension vers l’utopie" La contingence et le buisson Quel est notre rapport à l’histoire et comment ce rapport influence-t-il nos modes de pensée et d’action ? http://moinscplus.blogspot.fr/2012/...

Le second qui propose une articulation entre pratiques individuelles et re-politisation : La décroissance, ça peut se mesurer, sans démesure Ou comment politiser la simplicité volontaire et socialiser la militance ? Réflexions sur l’intérêt de mesurer et de quantifier - par un aller-retour entre l’individuel et le sociétal - nos consommations de ressources et nos dépenses. http://moinscplus.blogspot.fr/2012/...

Merci d’avoir lu

10 septembre 2012

Merci Boris de votre réponse et des deux liens vers les articles. J’adhère tout à fait à celui sur le caractère "buissonnant" de l’évolution, et sur le fait que tout est contingent - d’un côté, c’est inquiétant, surtout pour les léninistes, de l’autre c’est rassurant pour les utopistes dans notre genre, en tout cas pour moi qui cherche à vivre "en tension vers l’utopie". Je pense qu’aujourd’hui dans l’éducation des jeunes, celle qu’ils reçoivent à l’école, il y a une absence de la question que vous évoquez : "Est-ce ainsi que nous voulons vivre ?" ou alors, comme c’est très souvent le cas dans ce système, il y a un écran de fumée entre nos désirs et la manière dont ils sont réalisés. Les jeunes veulent consommer des smartphones à tire-larigot, mais ils ne mesurent pas à quel point leur fabrication est nocive pour la planète. Donc, ils vivent sans se poser la question du caractère de leur choix : c’est un choix aliéné, ou même aveugle - le mot est en fait tout aussi juste et au moins, on le comprend ! L’ignorance est organisée par le pouvoir et par toutes celles et tous ceux qui adhèrent d’une façon ou d’une autre aux visions fatalistes ou qui acceptent sans broncher l’état du monde et s’en font alors les propagandistes, par leur simple acceptation de ce qu’offre le capitalisme. Sans doute y a-t-il des modes pour "buissonner" et sortir de la médiocrité dans laquelle le système capitaliste, le profit, l’économie, l’industrie, le culte du progrès et de la vitesse, etc., nous ont plongés. Finalement ce que vous écrivez dans vos deux articles pose aussi la question de l’espoir que nous pouvons - ou pas, l’espoir aussi est contingent ! - avoir dans l’avenir : il a sûrement dû exister des époques sans espoir, et qui ne se sont pas bien terminées... Pensons à l’Union soviétique, à la Rome antique aussi, au IIIe Reich, tous ces pouvoirs absolus qui croyaient au culte du progrès et nourrissaient la foi en leur "mission". En tout cas, si nous voulons éviter la plongée dans le pire, nous adresser à la jeunesse me semble nécessaire. Ne pensez-vous pas ? Je pense que ça implique aussi de baisser d’un cran, voire de plusieurs, le niveau d’abstraction auquel arrivent certains d’entre nous ou de nos proches. Il y a une pédagogie de l’avenir à créer, je crois... E.P.

22 octobre 2012

Pour Elisée Personne après lecture de "Vive l’ignorance !"

Extrait d’un article de mon site :

"...pour que les valeurs de solidarité se vivent, mes élèves apprennent à devenir des communicants : l’entraide est verbalisée, intellectualisée dans le Conseil des élèves, moment de parole prévu en classe pour que les enfants-élèves développent une pensée politique : avec des prises de responsabilité, du pouvoir de décision, des prises d’initiative et, au niveau d’une école, avec des délégations d’élèves rompus à la communication par l’exercice régulier des conseils..." lire l’article : http://marine.baro.free.fr/wordpres...

28 novembre 2012

Entièrement d’accord avec vous. L’école publique existe encore, nous pouvons y œuvrer par le biais de la formation des instituteurs, un aperçu : http://marine.baro.free.fr/wordpres...

Mon site pour la "prochaine" formation des instituteurs : http://marine.baro.free.fr/wordpress/


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Etienne Rodin

Etienne Rodin est consultant. Il intervient auprès d’organisations publiques et privées sur des questions liées aux conditions de travail. Il est l’auteur de L’Horreur managériale (2011) chez les éditions L’Echappée.

Luc Renaud

Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

Ses articles dans le site :
Martin Bureau

Par les véhicules de la peinture, mais aussi de la vidéo installation et du documentaire, Martin Bureau s’affaire depuis une quinzaine d’années à construire un univers critique où la nature est confrontée aux technologies et à l’empreinte de l’homme. Dans une démarche où les notions de géopolitiques sont prépondérantes, il s’intéresse particulièrement à la colonisation et aux chocs des systèmes.

Vous pouvez visiter son site : Martin Bureau
Ses articles dans le site :
H.D. Alianel

H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

Philippe Bourdeau

Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli a collaboré à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance en 2012. Travailleur social de formation, il s’est évertué à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble s’être fort bien passé de ses services. Mirko est décédé en 2016, à l’âge de 35 ans.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

Ses articles dans le site :