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ROLLING STONES, sur la ROUTE des pierres qui ROULENT, encore...
Fragments de géographie stonienne
Par Philippe Bourdeau publié le 22 mars 2012.

Une légende – qui n’en n’est peut-être pas vraiment une – raconte que la rollin’ stone était une pierre fétiche que les futurs esclaves arrachés à l’Afrique emportaient en eux comme seul lien physique et symbolique avec leur terre… Elle a ensuite inspiré les bluesmen et notamment Muddy Waters qui en a fait en 1950 un titre de chanson célébrant le vagabondage. C’est en référence à ce titre, d’abord repris tel quel en 1962, puis rapidement anglicisé en Rolling Stones, qu’un groupe de cinq jeunes musiciens anglais fascinés par la musique noire américaine s’est lancé dans une carrière improbable, qui se poursuit encore près de 50 ans plus tard, après 2 071 concerts et quelques dizaines de tours, d’Europe, d’Amérique et du monde. Contrairement au proverbe, ces « pierres qui roulent » ont amassé un peu plus que de la mousse, mais sans jamais se départir d’un lien organique musical et humain avec le blues, qu’ils ont paradoxalement contribué –avec d’autres rockers anglais– à faire reconnaître aux USA. Que dire alors de la géographicité de ce groupe, tant elle semble marquée par le flou et le « bougé » à la manière du désordre inspiré qui caractérise leur musique ?

En premier lieu, c’est une impression de détachement, de désarrimage et d’indifférence ostensible vis-à-vis des lieux qui s’impose dans la géographie stonienne. Toujours vivants et actifs, les Rolling Stones n’ont pas (encore) de statues ou de stèles pour célébrer leur ancrage dans des lieux de mémoire. Ils n’ont donc pas encore d’étape à leur nom dans les circuits du tourisme musical en hommage aux rockers disparus : le mausolée d’Elvis Presley à Graceland, le mémorial John Lennon à Central Park, le musée Bob Marley à Kingston, la tombe de Jim Morrison à Paris… En comparaison de ces hauts-lieux, Cheltenham, où se trouve la tombe de Brian Jones, le fondateur des Rolling Stones décédé en 1969, semble être un lieu presque oublié. On observe le même décalage entre l’intérêt constant porté depuis des décennies aux vestiges géographiques de la vie des Beatles (la fameuse Tavern où ils ont fait leurs débuts à Liverpool –ville dont l’aéroport porte le nom de John Lennon–, les studios Abbey road de Londres), et les principaux lieux fondateurs de la saga stonienne : Dartford au sud-est de Londres, Edith Grove à Londres, Nell Côte dans les Alpes Maritimes... Même si leurs noms figurent dans des centaines d’articles et d’ouvrages édités dans le monde entier, ces endroits n’ont manifestement jamais drainé les foules. Et ils ne se prêteront peut-être jamais à une géophilie tant leur statut fondateur s’est dilué dans plusieurs décennies de surmobilité effrénée au cours desquelles les villes et les continents se télescopent de manière vertigineuse dans la carrière du groupe. Ce ne sont d’ailleurs pas le Sticky Fingers cafe lancé à Londres en 1989 par l’ex-bassiste du groupe Bill Wyman ou le centre culturel Mick Jagger inauguré en 1998 à Dartford qui sont susceptibles de vraiment changer cet état de fait. Non pas que les Rolling Stones n’aient pas soulevé l’enthousiasme ou l’hystérie des foules depuis plus de 40 ans… Mais ce n’est manifestement pas dans des lieux que s’incarne leur mythologie, bien que –ou parce que– ils n’aient jamais cessé d’occuper un espace de plus en plus vaste.

Les Rolling Stones semblent donc toujours être de passage, soit de manière spectaculaire dans le cadre de tournées épiques sur le mode « sexe, drogues et rock and roll », soit de manière beaucoup plus discrète mais tout aussi intense sur un mode d’itinérance résidentielle et personnelle. Et au fur et à mesure de leur carrière, leurs lieux de vie et d’activités ont composé un réseau inextricable de résidences éphémères et d’incessants déplacements autour du monde –essentiellement dans l’hémisphère nord– faisant le lien entre des grandes métropoles et des lieux secondaires –Jamaïque, Bahamas, Barbade, Iles Moustiques…

“On the road again”

Les tournées ont largement contribué au désancrage des Rolling Stones, ceux-ci se définissant avant tout comme un groupe de scène. Ce constat est d’autant plus fort que la créativité musicale du groupe est considérée comme « en pilotage automatique » depuis le milieu des années 1970 et qu’il n’existe réellement que « sur la route ». Les 3 premières années fondatrices de l’identité musicale et sociale des « Stones » correspondent à une succession quasi-ininterrompue de concerts, qui s’est poursuivie dans les années 1970 avec l’enchaînement régulier de tournées alternant entre l’Europe et les USA. Après une longue pause entre 1983 et 1989, au cours de laquelle le groupe était pratiquement au bord de la séparation, le rythme des tournées a repris avec une ampleur logistique, géographique et temporelle croissante au regard des moyens déployés, du nombre de concerts, de la durée, du nombre et la diversité des pays visités, et du public touché –plusieurs millions de personnes à chaque reprise à partir des années 1990. Le contraste est saisissant avec les Beatles, qui se sont séparés après 7 ans d’existence et seulement 3 ans de concerts en public.

Même s’ils sont reconnus dès 1965 comme « World Wide Stones » par le New Musical Express après le succès mondial de la chanson Satisfaction, la géographie de leurs tournées se limite strictement aux pays développés ou émergents et à leurs capitales : Brésil, Argentine, Russie, Inde, Singapour, Chine, Turquie. Elle est aussi rapidement marquée par une nette montée dans la hiérarchie urbaine, les petites villes des premières années d’activité du groupe cédant ensuite la place à un choix très sélectif de grandes agglomérations. On notera au passage que la communication autour de ces tournées abonde, plus que dans le cas d’autres groupes de rock, de références explicites à la puissance et au mouvement : affiches avec des visuels de paquebots, de voitures, de trains, d’avions et de navettes spatiales ; noms de tournées « steel wheels » (roues d’acier), « urban jungle », « bridges to Babylon »… Les Stones en tournée sont à la conquête du monde et le disent !

La dimension géopolitique n’est pas complètement absente de la programmation des itinéraires de tournées. Au lendemain de la chute du mur de Berlin, Vaclav Havel lui-même accueille les Rolling Stones à Prague avec la formule « the tanks are rolling out, the Stones are Rolling in » (les tanks s’en vont, les Stones arrivent). Le billet du concert vaut alors passeport pour les spectateurs venus de Pologne et de Hongrie…

Le modèle auquel adhèrent les Rolling Stones est en fait celui de dizaines de groupes de musiciens qui pratiquent depuis les années 1960 une mobilité quasi-permanente, et dont sont représentatifs –parmi les plus connus– des guitaristes comme B.B. King ou Chuck Berry. Bob Dylan est lui-même engagé depuis près de deux décennies dans un « Never-ending tour ». Si la tournée a pour fonction première d’assurer la promotion d’un nouveau disque et de faire rentrer de l’argent frais dans les caisses des musiciens et de la véritable entreprise suscitée par leur activité, elle est aussi beaucoup plus que cela. Les Rolling Stones ont ainsi largement contribué à au mythe des « tournées » épiques qui animent la géohistoire et la mythologie du rock. Leur tournée américaine de 1972, baptisée « Stones touring party » fait à cet égard figure de modèle d’excès en tout genre et même de « fête ultime et charge héroïque » (Robert Greenfield).

Au delà de leur aspect spectaculaire, les tournées énoncent la mobilité des musiciens comme un statut qui leur offre « une vie sur la route ». Dans la manière dont se définissent les Rolling Stones, ce schéma les inscrit dans une double lignée historique et métaphorique à laquelle ils se réfèrent de manière de plus en plus explicite avec le temps : d’abord celle de l’itinérance des bluesmen ; ensuite celle des « bohémiens ». En effet, ils investissent l’imaginaire du cirque dès 1968 avec un spectacle sous chapiteau intitulé « Rock and roll circus », puis emmènent leurs familles en tournées, d’abord sporadiquement dans les années 1970, et de manière plus régulière à partir des années 1990, en se réclamant par la voix de Keith Richards de l’héritage bohémien et nomade. En 1976, l’intégration au groupe du guitariste d’origine gitane Ron Wood en 1976 donnera discrètement crédit à ce lien symbolique.

En tournée, de nombreuses habitudes et rituels, souvent perçus de l’extérieur comme des bizarreries, assurent une continuité et des repères dans le mouvement et dans la succession des lieux fréquentés : décoration des chambres d’hôtels (foulards installés sur les lampes, photographies apposées sur les murs), aménagement des loges (table de ping-pong, billard), nourriture, sauces et boissons particulières, mais aussi plans de scène soigneusement conçus, sont autant de points d’ancrage dans un espace et des relations fuyants. C’est aussi sur ce registre de la rassurance que l’on peut interpréter la grande stabilité du personnel (assistants, road managers, techniciens, choristes et musiciens additionnels) employé par les Rolling Stones depuis souvent plus de 20 ans. De même, ceux-ci sont réputés demander à occuper les mêmes chambres et à être en contact avec les mêmes personnes lors de leurs passages successifs dans les hôtels qu’ils fréquentent.

La fin de tournée est un moment que les musiciens vivent avec un sentiment mêlé de soulagement et d’angoisse : la tension et la fatigue accumulées rendent problématiques la réadaptation à une vie privée de la raison d’être que sont les concerts et le public. Ce qui explique en partie pourquoi au cours de l’histoire du groupe, ses membres se sont tous impliqués dans des projets musicaux parallèles de concerts et de tournées, quitte à le faire entre eux comme Ron Wood et Keith Richards à plusieurs reprises. Pour K. Richards, « terminer une tournée est une affaire ; ça prend 3 ou 4 mois rien que pour redescendre ». En 2002, juste avant de repartir en tournée, Ron Wood vivait encore au rythme de la tournée précédente, se levant à 4 heures de l’après-midi et se couchant à 10 heures du matin le lendemain. Les témoignages disponibles sur les Rolling stones ou d’autres groupes soulignent d’ailleurs que les épisodes de fins de tournées sont des moments de fragilité renforcée des musiciens dans l’addiction aux drogues dures.

Keith Richards parcourt les scènes du monde en saluant invariablement le public par la formule « It’s great to be here, it’s great to be anywhere », et se déclare prêt à « mourir sur scène » sur le modèle des vieux bluesmen. Mais cette posture, toute emblématique qu’elle soit, n’est pas unique au sein du groupe puisque le bassiste Bill Wyman et le batteur Charlie Watts n’ont jamais caché leur goût pour la stabilité et la tranquillité du temps passé à leur domicile entre les tournées. Charlie Watts a notamment organisé sa vie hors des Rolling Stones autour de l’élevage de chevaux, tout d’abord dans les Cévennes, puis en Angleterre. Quant à Bill Wyman, il a fini par quitter le groupe à la fin des années 1990 du fait d’une phobie des voyages en avion devenue insupportable, en déclarant qu’il en avait « marre d’être transbahuté d’un point à l’autre de la planète ». Il est ensuite devenu la première rock-star a faire valoir ses droits à l’équivalent de la carte Vermeil pour les transports en commun londoniens !

« Out of time » : une distorsion de l’espace-temps ?

Dès les années 1970, les succès musicaux et financiers des Rolling Stones leur donnent accès au mode de vie et aux milieux de la Jet-Set. Ils en représentent en quelque sorte le versant sombre, voire extrême du fait du caractère erratique et parfois dramatique que prend leur existence marquée par la consommation effrénée de drogues en tout genre, y compris les plus dures. Avec des variations selon les membres du groupe et les périodes –et indéniablement une accalmie depuis la fin des années 1990– cette immersion dans l’univers de la drogue est une composante à part entière du « dérèglement de tous les sens » qui a longtemps défini le rapport au monde des Rolling Stones, comme celui de très nombreux groupes de rock. Cette vie les met directement en contact avec le milieu très dur des dealers. Il induit sa propre spatialité notamment faite d’espaces intimes pour se faire un fix puis s’écrouler et de cliniques discrètes spécialisées dans les cures de désintoxication. Pendant plusieurs années, Keith Richards est ainsi réputé avoir passé une partie non négligeable de son temps –en dehors des concerts– dans les toilettes de tous les endroits du monde qu’il était amené à fréquenter, y compris durant les voyages en avion…

Les affres de la drogue ont aussi imposé aux Rolling Stones, amenés à franchir sans cesse des frontières, de développer des tactiques sophistiquées pour s’approvisionner en quantités astronomiques de drogues. Et les ont confrontés à des interdictions d’accès durables à certains pays, parmi lesquels la France, les USA et le Japon, ce qui perturbe leur plan de tournées. Dans les années 1970, Keith Richards, sa compagne et leurs deux enfants étaient ainsi contraints d’utiliser des passeports de nationalités différentes (anglaise, italienne, suisse) pour entrer aux USA, ce qui imposait aux assistantes des Rolling Stones de démultiplier les formalités d’accès devant des bureaux d’immigration différents.

Ce jeu non simulé avec l’illégalité vaut pendant des décennies aux Rolling Stones d’entraîner partout dans leur sillage un entourage baroque constitué par des assistantes dévouées, des gardes du corps, des dealers et des avocats, ceci sous la pression permanente des polices du monde entier. Ce rapport au monde a largement contribué à renforcer l’isolement des membres du groupe dans une « bulle » à la fois dorée et sordide. Comme le rappelle Ron Wood dans son autobiographie, les Stones vivent « coupés du monde par des jets privés, des managers, des avocats, des comptables, des roadies, des parasites et des gardes du corps ». Ce que K. Richards définit dans les interviews tantôt comme une « semi-liberté », tantôt comme une « claustrophobie ».

Mais la mise à l’écart à la fois protectrice et contraignante dont font l’objet les musiciens n’est pas seulement liée à leur fréquentation de l’univers de la drogue. On peut considérer que face à l’hostilité générale qu’ils ont affronté à leurs débuts de la part des autorités, des médias, ou par exemple des personnels d’hôtels ou d’aéroports, les Rolling Stones ont défini leur identité dans un repli fondateur que Bill Wyman a résumé par la formule « seuls contre le monde entier ». Cette posture s’est aussi très tôt imposée à eux pour des raisons de protection de leur vie privée face à l’enthousiasme des fans et à la pression des medias. Après le concert-catastrophe d’Altamont en 1969, elle s’est aussi renforcée avec ce que certains observateurs considèrent comme le développement d’une paranoïa sécuritaire dans l’entourage du groupe. La concentration sur la musique renforce encore cet isolement, jusqu’à l’extrême. Robert Greenfield rapporte que le cinéaste Robert Franck, qui a suivi la fameuse Stones Touring Party de 1972, a déclaré n’avoir « jamais connu quelque chose qui exclut aussi totalement le monde extérieur ».

A partir des années 1980, l’accès aux Rolling Stones, tel qu’en témoignent notamment les journalistes, devient un parcours d’obstacles régulé par un personnel dévoué qui assure un « filet de sécurité » autour d’eux. Et toute sortie du circuit fermé dans lequel ils évoluent s’avère très compliquée pour les membres du groupe. Selon Keith Richards, la moindre sortie lors d’une tournée mobilise au moins cinq personnes, parmi lesquels un chauffeur, des gardes du corps, et un ou plusieurs membres de l’équipe d’organisation. Et certaines de ces escapades sont restées célèbres pour les scandales, arrestations et péripéties diverses qu’elles n’ont pas manquées de provoquer. C’est donc souvent à contretemps, aux heures les plus insolites, qu’il arrive aux Rolling Stones de s’offrir des sorties et visites incognito dans de nombreux lieux qui leur sont paradoxalement devenus quasi-inaccessibles.

Cette soustraction à l’espace public s’avère d’ailleurs très compatible avec la temporalité de vie et de travail décalée des Stones telle que la décrivent journalistes et biographes. C’est la nuit que se vivent les événements liés à la musique (concerts, séances de studio, fêtes…), et la prise de drogues permet notamment à Keith Richards et son émule Ron Wood de rester un nombre conséquents de nuits sans dormir en s’activant dans une ambiance festive débridée. Décrits par Robert Greenfield comme de « parfaits étrangers dans un pays étranger, ils agissent selon leur propre notion du temps » et avouent très souvent ne pas se souvenir où ils sont en se réveillant ou sortant de scène. Ils sont aussi familiers d’une désorientation récurrente, qu’exprime Charlie Watts en disant : « tu te crois parti pour Hawaï, et voilà que tu atterris à Edmonton, et il gèle ». Keith Richards en témoigne aussi à sa manière puisque cette icône du rock a précocement manifesté une inadaptation aux standards de la vie ordinaire, qu’il s’agisse du code de la route ou de nombre de règles et standards comportementaux. De nombreuses péripéties et altercations en attestent, tout comme les nombreux incidents et accidents engendrés par sa conduite routière fantasque. Et la chanson « Neighbors » (voisins) évoque ses démêlés récurrents avec le voisinage, qui lui ont valu de se faire expulser plus d’une fois de sa résidence pour tapage, quand il lui arrive d’écouter de la musique à fond à toute heure du jour et de la nuit pendant plusieurs jours d’affilée.

« Blame it on the Stones » (C’est la faute des Stones ; formule des années 1970)

Il est d’usage de considérer que les musiciens de rock n’ont pas grand-chose à dire au monde en dehors de leur musique. A bien des égards, les Rolling Stones ne dérogent pas à cette règle, et ce n’est sans doute pas dans leurs chansons qu’il convient de chercher un message particulier. Cela ne les a pas empêché de jouer un rôle non négligeable dans la diffusion des changements culturels de la fin du XXème siècle, en poussant très loin –y compris sur le plan géographique– un sens aigu de l’expérimentation et de la provocation. Tout ceci sans oublier de « lorgner sur le tiroir-caisse », selon la formule de François Gorin. Leur apport à la modernité se mesure non seulement en chansons qui sont autant d’hymnes (Satisfaction, Jumping Jack Flash, Honky tonk woman…), mais aussi dans la diffusion d’un modèle comportemental de dissidence hédoniste, dont le logo du groupe, la fameuse et irrévérencieuse langue tirée est l’emblème. Car depuis l’origine, les Rolling Stones sont « un mode de vie » avant d’être un groupe de rock, comme le revendiquait la pochette de leur premier disque. En cela, en tant que pierres d’angle de la musique populaire de la deuxième moitié du XXe siècle, ils offrent une matière factuelle et symbolique d’une géographicité aussi flagrante que fuyante. Au-delà de l’épopée du rock et de son abondance d’anecdotes, l’extrémisme comme les ambivalences de leur rapport au monde –tel qu’il est accessible dans la littérature qui leur est consacrée– peuvent être regardés comme une épure des mutations des sociétés contemporaines. On y trouve conjuguées et croisées de multiples figures géographiques dans lesquelles le rapport à l’ailleurs est toujours vécu sur le mode de l’excès, et parfois du chaos : le nomadisme, la fuite, la contrebande, l’exil, le front pionnier, l’insularité, le labyrinthe, l’hétérotopie… Pourtant, au-delà des clichés stylistiques dans lesquels les Rolling Stones excellent, l’examen de leur parcours collectif et individuel invite à une vision un peu plus nuancée, au sein de laquelle le « dérèglement de tous les sens » de l’espace n’exclut pas des postures de protection génératrices d’isolement. Comme une oscillation entre un rapport dominant et dominé à l’espace : du rêve au cauchemar, de l’utopie d’un monde (presque) sans frontières à la dystopie ou l’a-topie d’un monde sans lieux, sans ancrages.

L’idée de la pierre qui roule s’est avérée performative… Fascinés par les USA où ils ont passé beaucoup de temps en tournées, en sessions d’enregistrement et en vie quotidienne, les Rolling Stones lui ont en quelque sorte ajusté leur identité et leur expérience de l’espace, en usant sans retenue des moyens de déplacement modernes et de leur aisance financière pour interpréter librement les liens avec l’imaginaire fondateur du blues dont leur musique est issue. Ce qui ne les empêche pas de procéder à des ajustements culturels à leur temps puisque dès 1994, ils ont été le premier groupe de l’histoire du rock à diffuser un concert en direct sur Internet depuis Dallas. Et avec bientôt 50 ans de surmobilité effrénée au compteur, et sans s’être vraiment repentis, ils sont devenus depuis le milieu des années 2000 des habitués des concerts dédiés à la lutte contre le changement climatique. The world is Stones ?

Sources :

Parmi les dizaines d’ouvrages consacrés aux Rolling Stones, quelques unes des meilleures références disponibles en français :

Appleford S. (1998), L’intégrale Rolling Stones, Hors-Collection.

Barsamian J., Jouffa F. (2003), Les Stones, 40 ans de rock & Roll, Ramsay.

Bockris R. (1994). Keith Richards, une guitare dans les veines. Albin Michel.

Bon F. (2002), Rolling Stones, une biographie, Fayard.

Greenfield R. (2008). S.T.P. A travers l’Amérique avec les Rolling Stones (1972 American tour). Le mot et le reste.

Greenfield R. (2009). Exile on main street. Une saison en enfer avec les Rolling Stones. Le mot et le reste.

Havers R., Wyman B., (2003), Rolling With The Stones, EPA/Hachette.

Holland J., Loewenstein D. (2002), The Rolling Stones, une vie sur la route, Vade Retro.

Loewenstein D., Dodd Ph. (2003), Selon les Rolling Stones, Fayard

Manœuvre Ph. (1995). Stoned. Albin Michel.

Wood R. (2008). Autobiographie. K & B Editions.

Autres références :

Chastagner C. (1998), La loi du rock, Climats.

Gorin F. (1998). Sur le rock. Ed. de l’olivier.

Le Coq S. (2002), Raisons d’artistes. Essai sur la singularité artistique. L’Harmattan.

Leduc J.-M., Ogouz J.-N. (1999), Le rock de A à Z, Albin Michel


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Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

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Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

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Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

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Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli a collaboré à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance en 2012. Travailleur social de formation, il s’est évertué à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble s’être fort bien passé de ses services. Mirko est décédé en 2016, à l’âge de 35 ans.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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