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Le documentaire pour la jeunesse en sera-t-il bientôt victime ?
L’ILLUSION NUMÉRIQUE
Par Philippe Godard publié le 1er mars 2012.

« Révolution numérique », « ère digitale », « fracture numérique » : autant d’expressions qui entérinent l’idée que plus rien ne sera plus jamais comme avant. À partir d’un tel constat, il ne reste qu’une seule alternative : nous digitaliser ou périr ! La perspective défendue ici est autre. Le livre, qui est annoncé comme première victime expiatoire de l’invasion numérique, a un futur. À plusieurs conditions, cependant.

Fracture numérique ? Où ça ?

La montée en puissance du monde digital depuis vingt ans ne fait aucun doute, et personne ne la nie. Certains s’en réjouissent, d’autres la déplorent. Mais quelle est la véritable nature de cette fracture d’avec « le monde d’avant » ?

S’appuyant sur des rapports approximatifs ou des idées reçues, la thèse de la fracture numérique est devenue un dogme incontestable. Il faudrait reprendre presque un à un les arguments et examiner de près comment la plupart sont fondés sur des visions idéologiques. Par exemple, la fracture entre digital natives et digital immigrants – jeunes utilisateurs très accros et générations adultes qui n’immigrent que lentement vers le monde numérique – n’est qu’une version modernisée du bon vieux conflit de générations. Mais si nous vivions une véritable fracture générationnelle, il est évident qu’il n’y aurait pas de digital immigrants, voire même pas de monde digital, car ce sont les « vieux » qui ont pensé, créé, développé, pour une petite part d’entre eux – les Steve Jobs ou Bill Gates –, et utilisent, pour une part toujours plus élevée, les outils dans lesquels baignent nos jeunes. Ce n’est pas parce que le pourcentage d’utilisateurs du web est plus élevé chez les 15-35 ans que chez les plus de 60 ans que cela autorise à parler de fracture générationnelle. C’est le lot de toute nouvelle technologie de ne s’imposer qu’avec le temps, les plus jeunes étant forcément les plus enclins à l’adopter puisqu’ils n’ont pas été habitués à autre chose.

Cette fracture n’est pas générationnelle parce que les jeunes ne se servent pas du net pour y transférer des activités que les anciens faisaient hors numérique, à commencer par la lecture. Non : sur écran, les jeunes ne lisent pas. Ils y font fructifier leur « réseau social », ils bloggent, ils chattent, mais tout cela n’entre pas en concurrence avec une offre similaire utilisant une autre technologie devenue obsolète. C’est dire que s’il y a une fracture, elle ne se situe qu’au niveau de l’utilisation de notre temps, et elle traverse à peu près toutes les générations. Le numérique permet de s’occuper à tout autre chose que ce que permettait « la vie d’avant », qui n’offrait rien de virtuel au sens actuel de ce terme.

On nous parle encore de fracture numérique entre pays équipés et pays sous-équipés. Mais dans un pays comme le Kenya, extrêmement sous-équipé en ordinateurs, la contestation des résultats électoraux de 2008 est très largement passée par des outils digitaux, les téléphones portables, ce qui a permis de « globaliser » le problème. Et l’on sait aussi le rôle joué par les smartphones dans les « printemps arabes » de 2011. Le sous-équipement en ordinateurs personnels est évident dans une large part des pays du monde, mais il serait plus juste de dire que, dans les pays sous-équipés, une certaine classe se sert d’outils numériques, et avec profit, tandis qu’une majorité de la population n’y a pas accès, voire n’en a aucune connaissance. Ces exemples, qui concernent les deux aspects majeurs de la prétendue fracture numérique, générationnel et géopolitique, laissent entrevoir quel rôle joue le nouveau dogme. Il obscurcit et même cache la réalité : la modification fondamentale de l’utilisation de notre temps par rapport à l’époque d’avant l’invasion numérique.

Notons d’emblée ici, parce que cela est curieux, que les principaux acteurs culturels français ont tous leur page Facebook, leur compte Twitter, et qu’ils ne savent pas qu’il existe d’autres moteurs de recherche que Google. Attardons-nous un instant sur ce point emblématique. Ixquick est un moteur totalement confidentiel, à l’inverse du monstre Gooooooogle. De plus, ce moteur trie les demandes des internautes : pas de pornographie via Ixquick, tandis que Google s’en réserve le monopole intégral puisque les seules vidéos porno qu’il remonte sont, en décembre 2011, toutes des vidéos Youtube… c’est-à-dire Google, auquel appartient Youtube. Google annonce le règne de l’instantanéité, qui réduit le futur à une nanoseconde et la planète à une tête d’épingle, mais qui nous accorde à tous le don d’ubiquité. Son exhaustivité supposée est trompeuse car le page rank de Google – le classement des sites proposés – favorise à outrance les sites marchands pour de banales raisons financières. Google comporte un projet totalitaire de surveillance généralisée, dont Google Earth et Google Street View ne sont que des signes avant-coureurs. Google affiche la volonté, en cours de réalisation à travers Google Livres (Google Book Search), de numériser la totalité du patrimoine écrit mondial, ce qui correspond à une vision dictatoriale d’une intensité encore jamais entrevue, que des articles de thuriféraires comparent pourtant à la « révolution Gutenberg »… C’est enfin le fichage généralisé des internautes puisque c’est en cataloguant les recherches que nous saisissons sur son moteur que Google revend nos profils à des entreprises privées qui ciblent ainsi leurs messages publicitaires (97 % du chiffre d’affaires de Google provient de la publicité et la firme dégage un taux de profit d’environ 30 %, ce qui est énorme). Le comble est que ses dirigeants, Brin et Page, ne se cachent absolument pas de leurs intentions totalisantes, pour ne pas dire totalitaires. Et pourtant, nous continuons d’utiliser Google, Gmail, Google Map, etc.

La prétendue fracture générationnelle accrédite une vision politique et culturelle de type « colonialiste ». En assénant ce mythe à longueur d’articles et d’analyses, on finit par nous convaincre que les digital immigrants doivent apporter aux digital natives le contenu, les connaissances et la réflexion que cette « dumbest generation » (« la génération la plus bête »…), selon le titre d’un best-seller sur ce thème, est incapable d’avoir par elle-même. Cet apport lumineux de la Vérité et de la Connaissance a ses héros et avait même son dieu, Steve Jobs. Désormais, ce sont les Zuckerberg (Facebook), Bezos (Amazon) et surtout Brin et Page (Google) qui montrent la voie.

Choisir entre le numérique et le papier ?

Toute fracture doit être réduite, et voilà le grand défi que (se) lancent désormais les élites culturelles françaises : résorber une fracture numérique qu’un discours intellectuel s’est acharnée à peindre depuis dix ans comme une fracture générationnelle, alors qu’elle est en dernière analyse une évolution fondamentale dans l’usage que, tous, nous faisons de notre temps. Puisque, selon la vision majoritaire, l’écran concurrence le papier, il faut lâcher le papier. Pour les adeptes les plus convaincus du numérique, le papier va même contre le numérique, et le favoriser reviendrait à nous enfoncer dans les sables mouvants d’un traditionalisme aux émanations rétrogrades voire réactionnaires.

Il y a sans aucun doute combat entre les médias, papier, numérique, télévision ou radio : plus nous passons du temps avec l’un, moins nous en aurons pour les autres, nos journées n’étant pas extensibles. Mais les usages ne sont pas équivalents : l’écran apporte autre chose que le papier, que celui-ci ne pourra jamais apporter. Facebook et les réseaux sociaux, Myspace, les SMS et les messageries instantanées, Google pour connaître les horaires d’avions ou des dernières frasques des people, tout cela, le papier ne pourra jamais le faire. Est-ce si grave ?

En réalité, la question de fond pour le monde de l’édition papier ne devrait pas être de faire jouer au texte un rôle équivalent sur les écrans à celui qu’il a sur le papier, et par conséquent de passer au numérique, puisque les jeunes n’utilisent pas les écrans pour lire. Nous devrions plutôt donner envie aux jeunes de continuer à lire, dans un premier temps. Cette lecture se fera pour l’essentiel sur du papier – même si l’hypothèse de sa disparition reste posée. Sur le terrain des écrans, le contenant est déterminant, de deux façons. D’abord, une tablette fait paraître son utilisateur plus moderne, jeune et cool, du moins dans certains milieux. Ceux-là sont déjà passés au numérique ou vont y passer, et ils sont pour le moment très peu nombreux, bien moins que les prévisions technophiles de ces dernières années : 1 % en 2011 du marché du livre en France est numérique. Ensuite et surtout, sur le plan de la stratégie économique globale, les fournisseurs de tablettes (Google avec Android, Amazon et son Kindle, Apple et iPad…) sont des monstres de taille globale, qui sont bien mieux placés que n’importe quel éditeur français pour négocier du contenu. Ce sont eux qui dictent déjà leur loi aux maisons d’édition qui signent des contrats avec eux.

Rappelons ici que dans les années 1997-2007, une maison d’édition aussi importante que Hachette a perdu son combat pour imposer une encyclopédie multimédia, comme l’on disait alors, face à l’apparition du moteur de recherche, qui l’a concurrencée puis l’a vaincue. Larousse aussi a perdu sur ce terrain. On peut raisonnablement penser qu’aujourd’hui, les éditeurs de documentaires pour la jeunesse qui passent des contrats numériques avec Google, Amazon ou Apple y résisteront encore moins…

Nous nous trouvons donc dans la situation où certains éditeurs français ont décidé de devenir des fournisseurs de textes pour des jeunes qui les liraient à travers des tablettes, tout en n’apportant absolument aucune preuve de leur capacité à imposer les contenus qu’ils créent de par leur métier à des sociétés qui s’en moquent bien. De plus, ils ne peuvent s’appuyer sur aucune étude montrant que les jeunes préfèrent lire sur écran plutôt que sur papier puisque cela est faux ! Encore une fois, l’écran ne concurrence pas le papier, puisque ce qu’on regarde sur l’écran n’a rien à voir avec ce que publie le papier. Et avec la tablette, c’est Goliath qui décidera de ce qui va y apparaître. Ces contrats passés avec les fournisseurs de tablettes risquent d’affaiblir la filière papier. Les éditeurs qui continueront d’éditer du papier avant de passer au numérique pourraient être amenés à se cantonner sur les segments papier les plus favorables commercialement et sur ceux qui leur paraîtront numérisables, pour accélérer éventuellement le mouvement de fuite vers le digital. Nous risquons de voir le papier dériver vers la vieillerie, les productions les plus innovantes étant destinées au numérique. Cela supposera un énorme séisme dans toute la chaîne du livre, qui pourrait disparaître de fait : les libraires deviendront inutiles, les diffuseurs distributeurs aussi.

Précisons un point : écologique. L’un des arguments massifs pour la tablette est qu’elle polluerait moins que le papier. En réalité, si l’on peut en effet bourrer un millier de bouquins sur une tablette, cela ne correspond pas au nombre de livres qui seront réellement lus. En effet, une tablette ne durera en moyenne, selon les fabricants eux-mêmes, qu’à peine plus d’une toute petite année, durée correspondant à celle de la garantie… Au terme de cette vie réduite, la tablette ne fonctionnera plus, ou deviendra vite obsolète car l’utilisateur ne pourra plus la connecter aux nouvelles générations de matériel, selon un processus qu’il serait aberrant d’ignorer puisqu’il est en vigueur à tous les étages de l’économie globale. Or, produire une tablette pollue autant que l’impression d’une quarantaine d’ouvrages, et un lecteur de quarante livres par an est, à notre époque, un très bon lecteur. Les technophiles outranciers maquillent donc la réalité en accordant aux tablettes une longue durée de vie et aux lecteurs une capacité infinie à dévorer des romans.

Modestes propositions

Face à un tel défi, qui repose en grande partie sur une non-compréhension fine du phénomène, que faire ? Le papier a encore des atouts. Les politiques éditoriales continuent d’exister et la création n’est pas déjà menacée. C’est au niveau de la diffusion du livre papier que tout va se jouer. C’est aussi là que tout peut s’améliorer. L’un des principaux atouts du numérique est son instantanéité, son principal défaut son obsolescence. Le livre n’est jamais obsolète ; il jaunit mais n’a pas besoin de connectique pour fonctionner, et il peut être lu au cours de sa vie par plusieurs lecteurs. Le livre, qui ne peut être « instantané », peut néanmoins arriver plus vite chez le lecteur qu’en suivant le circuit traditionnel. Imaginons un site web centralisé (puisque tout le monde a un accès au net de nos jours !) de tous les éditeurs et libraires, auquel pourront avoir accès tous les lecteurs, donc acheteurs potentiels de livres. En tapant le nom du livre, le lecteur apprend aussitôt, via le site, si le livre est disponible et dans quelle librairie proche de chez lui il peut aller le chercher ou le commander. Dans les zones rurales et même dans les petites villes, voilà qui est très utile et ôterait des parts de marché à Amazon, qui n’arrête pas de grandir et menace la diversité et la création culturelle.

Or, cette plate-forme existe déjà, elle s’appelle Place des Libraires (placedeslibraires.fr) ; le site demande sans doute à être amélioré, mais la base est là et bien là ! De plus, il semble que cette idée soit également déjà mise en place au Canada. Cette voie doit être poursuivie et amplifiée, et c’est une bonne chose qu’une telle plate-forme existe déjà, même si elle est encore très peu utilisée. Il faut d’autre part renouer des relations fortes entre libraires, éditeurs et auteurs. Les libraires sont indispensables à la création, parce que si les textes ne passent plus que par des monstres comme Android ou Kindle, alors la visibilité de ce qui se fait à la marge disparaîtra définitivement. C’est le phénomène de l’« anti-longue-traîne ». La » longue traîne » devait être, selon son inventeur et promoteur, Chris Anderson, une nouvelle forme d’économie : grâce au web, les grosses sociétés globales allaient entraîner dans leur sillage les petites sociétés, et dans cette longue traîne, tout le monde avait une chance de réussite. Quelques années plus tard, cette thèse économique fameuse qui annonçait un bouleversement global inouï s’avère erronée ; son propre auteur a reconnu qu’en réalité c’était l’inverse qui s’était produit : l’architecture du web a facilité et amplifié le phénomène de concentration. La preuve : la plupart d’entre nous ne connaissent qu’un seul moteur de recherche et un seul réseau social ! Par ailleurs et toujours pour redonner du punch à la librairie, les éditeurs devraient prendre l’engagement solennel de ne pas numériser un nouvel ouvrage édité sous forme papier avant un délai minimum, que l’on pourrait fixer à un an à partir de la date de parution. Une telle mesure existe aux États-Unis, mais avec un délai beaucoup plus court du fait de l’engagement insensé dans le numérique des plus grands éditeurs et des deux plus importants libraires, Amazon, bien entendu, et Barnes & Noble. Il est urgent d’organiser de véritables assises nationales sur le thème du livre papier et numérique, pourquoi pas à Marseille en 2013 puisque cette ville sera alors la capitale culturelle de l’Europe. Nous pourrons y tracer ensemble, libraires, éditeurs et auteurs, des perspectives crédibles de développement – et pas seulement de maintien à flot de notre activité – de l’ouvrage papier. Plus que jamais, l’information et la réflexion peuvent revenir au cœur de ce monde, sans oublier que la distraction ou le bonheur de lire un roman n’avantagent pas en soi une tablette plutôt qu’un bouquin de papier !

Le 1er février 2012. Contact : ph.godard free.fr

PS : Pour nourrir la réflexion, on peut lire avec profit The Digital Divide, compilation par Mark Bauerlein d’articles fondamentaux pour et contre Facebook, Google et tout ce qui concerne le cybermonde (Tarcher/Penguin, 2011). Bauerlein est l’auteur de The Dumbest Generation (Tarcher/Penguin, 2009). Michel Desmurget, dans TV lobotomie, montre lui aussi l’usage que nous faisons de notre temps passé devant un écran (Max Milo, 2011). Et pour chercher davantage d’informations sur le net, lançons nos requêtes via Ixquick !

Das-Augenlicht
7 mars 2012

Bien . Il faudrait organiser des rencontres avec participants pas trop débiles (je sais , c’ est dur ) sur ce Sujet , car il s’ agit tout de même de l’ instauration obligatoire , contrainte, de force, d’ une sorte d’ "ANNEE ZERO" : Avant & Après le numérique ...

Une révolution PUREMENT technologique -du moins à priori- mais pas POLITIQUE -qui fuit le politique même ! ... ( Révolution justement au sens littéral de l’ instauration d’ une année zéro , et d’ une espèce d’ abolition du Passé dont il s’ agira désormais de faire table rase : Qu’ en pensez-vous ? Vs pouvez nous écrire à : das (dot) augenlicht (arobase) gmail (point) com

Philippe Godard
29 août 2012

Oui, je pense aussi qu’il faudrait au minimum structurer quelque chose du côté de la réponse à la propagation sans critique du numérique. Justement, il se passe quelque chose à Paris le 8 septembre à 14 heures à la maison Verte, mais vous, vous êtes au Québec, c’est bien ça ? Sinon, oui, les tenants de cette "révolution" (oui, une vraie !) cherchent à instaurer là quelque chose de profondément totalitaire, puisqu’en faisant table rase du passé, de NOTRE passé, ils prétendent finalement constituer l’exclusivité de leur pouvoir. Sans cette technologie, point de salut ! C’est une entreprise totalitaire au sens de Arendt. encore une fois, excusez mon retard à répondre, j’avais zappé ;-) votre commentaire, c’est sûr ! Philippe Godard


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Luc Renaud est originaire de Hull au Québec. Diplômé en géographie de l’Université de Sherbrooke, il a depuis effectué plusieurs séjours à l’étranger alliant expériences culturelles et travail social de terrain avec des communautés locales en Afrique et en Amérique latine. Vidéaste depuis cinq ans, il traite, à travers le documentaire et la vidéo d’art, des questions touchant les notions de territoire et de colonialisme. Son dernier documentaire, co-réalisé avec Martin Bureau, a été diffusé dans différents pays et a reçu plusieurs mentions, dont une nomination comme “Meilleur documentaire de l’année” au Québec. Il travaille présentement sur un nouveau film et enseigne également la géographie au niveau pré-universitaire.

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H.D. Alianel est le porte-voix d’un courant d’anticipation sociale encore inconnu. Celui-ci rassemble technophobes pratiquants et technophiles dissidents autour d’une critique de la société post-industrielle.

Philippe Godard

Cinquante-trois ans ; deux enfants. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et en Inde. J’ai étudié des langues dites « orientales » (haoussa, amharique, bengali, hindi, chinois, quechua).

Créateur et directeur de plusieurs collections de documentaires pour la jeunesse : chez Autrement, « Junior Histoire », dont les premiers titres sont parus en 2001, et que j’ai dirigé durant vingt-six volumes, jusqu’en 2008. Puis « Les Insoumis », chez un petit éditeur strasbourgeois (3 titres), « Enfants d’ailleurs » chez La Martinière (26 titres parus depuis 2005, dont une partie traduits et publiés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne). J’ai repris la collection « J’accuse ! » chez Syros Jeunesse, où j’ai aussi créé, sur ce modèle, la collection « Femmes ! », puis « Documents Syros » (9 titres parus), et « Au crible ! » (2 titres).

J’ai publié plusieurs essais politiques, dont un sur le cinquième centenaire du voyage de Colomb en Amérique, ainsi que Contre le travail des enfants (Desmaret, Strasbourg, 2001), Au travail les enfants ! (Homnisphères, Paris, 2007), OGM semences politiques (Homnisphères, 2008) et Toujours contre le travail (Aden, 2010). J’ai publié de nombreux articles politiques, notamment dans Le Nouvel Economiste, Les lettres françaises, Urbanisme, Le Sarkophage, ou encore les revues italiennes Libertaria et Rivista A.

J’ai fait plusieurs conférences, sur des thèmes qui me semblent importants, par exemple sur l’écologie devant un organisme consultatif des Nations unies en Italie en 2003, sur la tolérance à Besançon en 2007, ou sur la culture numérique en 2010 à Aubagne, sur Malcolm X et Martin Luther King à Boulogne-Billancourt en 2011. J’ai publié plusieurs articles de fond sur l’édition jeunesse, par exemple sur le site de Ricochet : http://www.ricochet-jeunes.org/arti...

Je cultive depuis dix-huit ans un potager de plusieurs centaines de mètres carrés, en bio (ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni même antilimaces !). J’ai fourni durant trois ans l’épicerie Fauchon en citrouilles, et j’ai travaillé à la fourniture en légumes d’un restaurant deux étoiles durant cinq ans. Cette culture d’un potager biologique est un élément essentiel de mon activité. Chaque année, j’effectue des « essais » (par exemple, en 2011, les haricots noirs), et je tâche désormais de produire toutes mes semences pour ne plus dépendre des grainetiers commerciaux.

Delphine Maza

Née en 1976, Delphine Maza explore diverses formes d’écriture, littéraires, réflexives et audiovisuelles. Ainsi, elle collabore avec des revues telles que Spectre et la Revue des Ressources. Parallèlement, elle développe l’écriture audiovisuelle, documentaire (réalisation des "Chroniques de la Maison vide" ; "Alain Kremski, à la source du son" ; "La main tendue") ou fictionnelle (plusieurs scénarios en cours).

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Philippe Bourdeau est professeur à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble. Il étudie le rapport à l’Ailleurs des sociétés urbaines à partir de sujets comme les métiers et sports de montagne, les mutations du tourisme ou les dissidences récréatives. Il s’intéresse aussi au blues et au rock comme mythes géographiques. Il est (co)-auteur de "La Montagne, terrain de jeu et d’enjeux" aux éditions du Fournel, de "Sports d’hiver en mutation" aux éditions Hermès-Lavoisier, de "Géographie des sports en France" aux éditions Vuibert, et de" Tourisme : émancipation ou contrôle social ?" aux éditions du Croquant.

Joël Vernet

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère où il vécut durant une vingtaine d’années entre une ferme et une maison de village. Dès les années 1975, entreprend plusieurs voyages à travers le monde , plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe. En particulier dans le désert saharien et dans le nord du Mali d’où il ne reviendra jamais tout à fait. Durant ces mêmes années, rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, celui-ci l’invite à se convertir à l’islam. Sans succès. Vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. Premières tentatives d’écriture. Dans les années 80, voyage en Egypte et au Soudan. Interrompt ses études universitaires pour se consacrer à l’écriture. Découvre l’œuvre de François Augiéras et commence à produire de nombreuses émissions pour France-culture, rendant hommage à des travaux de recherches, à des créateurs, à des inconnus tous attachés, à leur manière, à un certain art de vivre et de créer. Lit avec ferveur Augiéras, Bonnefoy, Bouvier, Char, Dietrich, Handke, Jaccottet, Juliet, Kamo no chômei, Perros, Rimbaud. . .

De 1983 à 1997 a réalisé plusieurs émissions radiophoniques pour France Culture (Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance). Il a consacré notamment des émissions à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso.

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle furent publiés de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes.

Dès les années 1988, commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy, directeur des Editions Fata morgana. Rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

A l’automne 1997, séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

A l’automne 1999, s’installe à Alep (Syrie) où il vivra deux ans. Découvre l’Est de la Turquie et le désert syrien. Quitte la Syrie et vit en retrait dans un petit village au sud de Lyon, au-dessus de la vallée du Rhône où il poursuit l’aventure d’une œuvre rare et profonde.

En 2001, obtient la bourse d’année sabbatique du Centre National du livre pour l’ensemble de son oeuvre.

Retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. Est invité en avril 2004 par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures, conférences.

En 2005, publie avec des photographies de Michel Castermans, "La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon", Ed Le Temps qu’il fait, livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

En octobre 2007, réalise un livre à huit mains avec le peintre Jean-Gilles Badaire, les photographes Bernard Plossu et Daniel Zolinsky. Une exposition a lieu au même moment à La Fabrique du pont d’Aleyrac (Ardèche) et le livre "Chemins, détours et fougères, un tour du monde en Ardèche", témoigne d’une véritable aventure de création et fut publié à La Part des Anges grâce au soutien du Conseil Général de l’Ardèche et de La Fabrique du pont d’Aleyrac, lieu de rencontres artistiques au cœur de l’Ardèche animé par Annie et Bernard Mirabel.

Il a dirigé un numéro des Editions Autrement consacré aux Pays du Sahel. Entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom.

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d’Ougarit en Syrie : "Ougarit, la Terre, le ciel", éditions La Part des Anges, à l’occasion de l’exposition consacrée à Ougarit au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ces dernières années, nombreux voyages en Asie centrale, Laponie finlandaise, Russie, Ukraine, Maroc.

Elisée Personne

Elisée Personne est un pseudonyme.

Roland Jaccard

Roland Jaccard est né en 1941 à Lausanne. Il a collaboré pendant trente-cinq ans au supplément littéraire du " Monde " et créé la collection "Perspectives Critiques" aux Presses Universitaires de France. Il collabore au magazine "Causeur" et publiera son dernier livre chez Grasset début 2013 sous le titre : "Ma Vie et autres trahisons".

Vous pouvez visiter son site : site de Roland Jaccard
Ses articles dans le site :
Anonyme

Anonyme est une énigme. Ni star, ni personnalité, ni individu, ni expert, ni pseudonyme... Zéro égocentrisme. Zéro culte de la personnalité. Une poussée underground.

Marin Ledun

Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Vous pouvez visiter son site : http://www.pourpres.net/marin/
Ses articles dans le site :
Henri Mora

Henri Mora est né en région grenobloise. Il s’intéresse depuis déjà quelques temps à la critique sociale et notamment à la critique de la société industrielle, du travail et de la marchandise (et de leurs conséquences). Il a réuni un ensemble de textes et de documents dans un recueil qui a pour titre "Chambard dans les Chambarans - S’opposer à Center Parcs et à la marchandisation du monde", édité par Le Monde à l’envers. Il a par ailleurs participé à la traduction d’un ouvrage de Miguel Amoros dont le titre en français est : "Les Situationnistes et l’anarchie", ouvrage publié aux éditions de La Roue. On peut retrouver certains des textes qu’il a écrits ou auxquels il a contribué sur le site Internet de PMO (Pièces et Main d’œuvre) ou sur le blog "Opposition à Center Parcs".

QoCP

Quelques opposants à Center Parcs (QoCP) rassemble un collectif d’opposants au projet de Center Parcs dans la forêt des Chambarans, en Isère.

Correspondances : QOCP, lotissement n°1, La Roseraie, 26350 Le Grand Serre - Mail : qocp orange.fr

En librairies et en bibliothèques : Chambard dans les Chambarans

Vous pouvez visiter son site : http://chambarans.unblog.fr/
Dikann

Ingénieur en biotechnologie. A travaillé dans le monde agricole pendant plusieurs années, puis dans le milieu de la finance, sur les marchés de matières premières.

A vécu plusieurs années en Suisse (Zürich), au Japon (Tokyo) et en Indonésie (Jakarta). A commencé à pratiquer la peinture et le graffiti en 1991 au sein d’un collectif d’artistes à la Rote Fabrik à Zürich (Suisse), un lieu artistique alternatif.

A étudié le mouvement Gutaï et la notion de créativité à partir du « zéro absolu » à l’Université des Arts de Tokyo, de 1993 à 1997.

A créé et animé à Paris une maison d’édition en sciences humaines et sociales de 2002 à 2010.

Depuis 2009, installé à Lorient comme artiste plasticien et art-thérapeute certifié par l’Etat (Master II, Mémoire sur la question de la création collective en atelier d’art thérapie à médiation plastique au sein d’un groupe de patients psychotiques, névrotiques et souffrant de troubles envahissants).

En tant qu’artiste plasticien, travaille sur la question des représentations de l’inconscient et des archétypes ainsi que sur les représentations symboliques de l’homme dans tous ses états. En tant qu’art-thérapeute, anime des ateliers à médiation plastique et des ateliers d’écriture en hôpitaux psychiatriques.

Nombreuses expositions en France et à l’étranger (Japon, Indonésie, Malaisie, Inde).

Auteur de documentaires Jeunesse chez La Martinière, Syros et Gulf Stream Editions.

Vous pouvez visiter son site : Dikann
Ses articles dans le site :
HUKO

Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell

Joignable à cette adresse : groupe.huko autistici.org

Mirko Locatelli

Mirko Locatelli (1980) collabore à la rédaction de Moins !, journal romand d’écologie politique créé avec quelques amis objecteurs de croissance dans un élan d’inconscience, en 2012. Travailleur social de formation, il s’évertue à trouver n’importe quel prétexte pour préserver sa force de travail des griffes du marché qui, de son côté, semble se passer fort bien de ses services. Son alibi le moins bidon a trois ans, vient de franchir le cap du mètre de hauteur et attirera bientôt sur lui les foudres de l’éducation nationale, obligeant son père à alléguer d’autres excuses.

Vous pouvez visiter son site : Moins !
Christophe Huret

Christophe Huret est photographe indépendant et art-thérapeute. Il est notamment l’auteur de La vie au travail, publié chez les éditions du Croquant.

Hélène Lee

Hélène Lee est une journaliste française originaire du Sud-Est de la France. Après des études de lettres et de langues (Russe, Anglais, Japonais) elle quitte la France et séjourne plusieurs années au Japon, où elle participe au travail de la troupe de théâtre d’avant-garde Tenjosajiki. Elle se rend en Jamaïque en 79 et entame une carrière de journaliste. Pendant 23 ans ses articles pour Libération, Rock et Folk et autres media dessinent un portrait inédit de cette île musicale, et de toutes les musiques du Tiers-monde alors en train d’émerger. Elle fera découvrir au public français les groupes historiques du reggae en les invitant en tournée, comme la Mystic Revelation of Rastafari (Théâtre de la Ville) ; par ailleurs elle orchestre les débuts français de chanteurs africains comme Alpha Blondy. En 2001 elle s’implique dans la lutte des musiciens jamaïcains pour leurs droits, suscitant un long procès qui s’achèvera par la victoire de l’avocat des Jamaïcains, Me André Bertrand. Parallèlement elle publie des essais : « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Le Premier Rasta » (Flammarion, 1999), « Voir Trench Town et mourir » (Flammarion 2003), et des traductions (notamment des textes de Marcus Garvey). Sa filmographie inclut « Jimmy Cliff, Moving On » (Arte, 52’, avec François Bergeron), « Bons baisers de Barbès » (FR3, 52’), « Une voix sur le Maroni » (FR3) et plusieurs 26’. En 2011 elle dirige l’adaptation cinématographique du « Premier Rasta », son ouvrage de référence sur Leonard Howell, le fondateur du mouvement rasta. Le documentaire a reçu de nombreux prix. Hélène Lee a 69 ans, elle vit dans les Cévennes.

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